S&P, euro/dollar et pétrole dans la zone rouge

Rédigé le 15 mars 2010 par | Autres indices Imprimer

Un an après le point bas de mars 2009, les indices américains reviennent tester leur point haut de janvier dernier. Mais S&P, EUR/USD et pétrole présentent tous des signes d’essoufflement et quelques accès de faiblesse. Devez-vous vous préparer au grand plongeon ?

Le S&P500 au coeur des divergences baissières

A tout seigneur tout honneur, commençons par le S&P500, l’indice le plus traité par les gérants de notre petite planète boursière.

Graphique du S&P500

Depuis la cassure de sa ligne de tendance ascendante le 20 janvier, le S&P est entré dans une phase corrective, perdant rapidement près de 10% en moins d’un mois, avant de reprendre en un peu plus de temps le terrain perdu ces dernières semaines, et de retester la résistance des 1 150 points.

Devant la relative brutalité de ce rebond, les indicateurs mathématiques reviennent contre des résistances — à l’image du RSI à 14 jours sur mon graphique — qui bute contre un niveau horizontal proche de 12. Mais je constate surtout dernièrement, l’apparition de premières divergences baissières, en horaire, illustrant un besoin de souffler du marché sous cette zone des 1 150 points.

Enfin et surtout, même si nous dépassions ce niveau dans une dernière accélération haussière à court terme, l’indice ira buter rapidement sur la résistance majeure des 1 200 points, ancien plus bas de juillet 2008. Cette zone de résistance 1 150/1 200 points est ce que j’appelle la zone rouge sur le S&P500. A son approche, vous devriez prendre des bénéfices à moyen terme, le risque de correction devenant plus important que le potentiel de gains pour d’éventuels acheteurs. Le risque est en effet de revenir s’appuyer dans les prochaines semaines sur la zone support 1 044/1 029 points dans une vague C — correction de type « A/B/C » en Elliott.

Mais surtout, cette zone est d’autant plus importante lorsque l’on jette un coup d’oeil aux autres classes d’actifs que sont les devises et les matières premières, donc l’euro/dollar et le pétrole pour ce qui nous concerne.

L’euro sur les rotules, la pression baissière domine

Graphique de l'euro

La pression baissière est forte sur notre devise européenne, depuis décembre 2009 ; et malgré le rebond des marchés actions ces dernières semaines, elle ne semble pas sur le point de diminuer. C’est donc un point négatif, en particulier pour les marchés européens à court terme, puisque cela fait peser un risque sur les investissements des gérants américains en euro.

Tant que nous serons sous la résistance des 1,4030 qui coïncide désormais avec la moyenne mobile à 55 jours, l’euro est dans une configuration négative à moyen terme, et la récente consolidation entre 1,3420/1,3750 pourrait bien être le prélude à un nouvel accès de faiblesse. La cassure des 1,3420 entraînerait en effet une violente accélération baissière vers les 1,29 et éventuellement les plus bas de 2008 à 1,2330.

La dynamique haussière du brent ralentit

Graphique du brent

Finissons ce tour d’horizon avec le brent, le pétrole de la mer du Nord qui fait référence en Europe.

Le brent se rapproche de sa résistance à 82$, montrant des signes de faiblesse. Il ne parvient pas à accélérer à la hausse au-delà de ce niveau. Le RSI à 14 jours présente d’ailleurs des divergences baissières en journalier, les récents plus hauts ne donnant pas lieu à de nouveaux plus hauts sur l’indicateur — marque d’un ralentissement de la dynamique haussière ces derniers jours.

Et la corrélation dans tout ça ?

Surtout, ce qui est extrêmement intéressant ici, c’est que nous arrivons sur des résistances en même temps sur le pétrole et le S&P500.

La corrélation entre les marchés de différentes classes d’actifs et les divergences entre celles-ci est en effet un point très important pour moi. Le pétrole a ainsi atteint son point bas juste avant les indices actions l’année dernière, et il a depuis une forte corrélation avec ceux-ci. Or depuis octobre 2009, il bute sous cette zone de résistance des 82$. Cela n’a pas empêché les indices actions de faire des plus hauts en janvier, mais vous aurez constaté que la dynamique sur les indices n’est plus la même ces six derniers mois qu’entre mars et octobre 2009. Le CAC est d’ailleurs revenu sur ses niveaux d’octobre 2009.

A moyen terme, la zone 1 150/1 200 points du S&P correspond donc à celle des 82/90$ sur le pétrole, et c’est ce qui la rend particulièrement intéressante, et me rend très prudent pour les prochaines semaines, voire les prochains mois. J’en tiens évidemment compte avant de me positionner sur des turbos.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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