Que disent les moyennes mobiles du S&P500 ?

Rédigé le 9 juillet 2010 par | Autres indices Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il vient de lancer La Lettre de Marc Mayor portant sur ses plus grandes idées d’investissement : des idées contrariennes qui font son succès grâce à sa connaissance des mouvements des insiders de marché.

Vous me connaissez, l’analyse technique et moi, ça fait deux. Pourquoi ? Parce que l’analyse technique, en général, ça me soûle… Et que je te tire des traits de toutes les couleurs dans tous les sens ! — et personne n’y comprend plus rien du tout, vous voyez le topo ?

Moi aussi, si vous me donnez le graphique d’un indice ou d’une action imprimé sur une feuille de papier, même avec un bandeau sur les yeux je peux tirer une quinzaine de traits de toutes les couleurs et dans tous les sens — à un endroit ou deux, il y a bien un de mes gribouillis qui touchera le prix de l’indice en question. Cela signifiera-t-il pour autant quelque chose ? Non.

Mon problème avec l’analyse technique ? Dans l’immense majorité des cas, je ne comprends tout simplement pas où l’analyste veut en venir. Or comme le disait Nicolas Boileau, ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.

Si une société vient de terminer son IPO (Initial Public Offering c’est-à-dire sa mise sur le marché) au prix de 20$, que l’action a grimpé ensuite à 40$ pour retomber à 20$, je suis d’accord qu’il s’agit là d’un seuil important. Cela n’a rien de technique…

Je me dis tout simplement que la personne qui l’a achetée 20$ aurait pu faire un profit de 100%. Maintenant qu’elle se retrouve à zéro, elle choisira peut-être de ne pas subir une perte. Pour cela, je n’ai pas besoin de tirer force traits, je peux l’expliquer simplement et tout le monde comprend. Ce n’est en tout cas pas à base d’analyse technique que j’ai choisi mes recommandations.

Golden Cross et Dark Cross

Une autre chose que tout le monde comprend, ce sont les tendances. Voilà pourquoi je respecte ce que les analystes techniques appellent en anglais le Golden Cross et le Dark Cross, qui pourraient être traduits en Croisement Doré et Croisement Sombre.

Voilà comment ça marche. Vous prenez le prix moyen d’un indice ou d’une action pendant les 200 derniers jours de marché, et vous comparez ce que l’on appelle donc « moyenne mobile à long terme » — à la Bourse, 200 jours c’est du long terme — à une autre, à plus court terme, comme la moyenne mobile à 50 jours par exemple.

Lorsque la tendance courte passe au-dessus de la longue, c’est haussier (Croisement Doré), quand c’est la tendance longue qui passe au-dessus de la courte, c’est baissier (Croisement Sombre).

Cela se conçoit tout à fait bien, c’est un peu comme Roger Federer et Rafael Nadal. Tantôt c’est l’un qui domine le tennis mondial, tantôt c’est l’autre. Quand l’un recommence à tout gagner, il est parti pour tenir le haut du pavé sur une certaine période. Avec les tendances du marché, c’est kif-kif… pas de vaudou là-dedans.

Le croisement en pratique sur le S&P500

Sur l’indice S&P 500 des actions américaines, il y a eu en moyenne un signal par année, avec bien sûr, la moitié de croisements haussiers, et l’autre moitié de croisements baissiers. Chaque signal a généré une performance de plus de 7%. Ce n’est pas beaucoup, vous me direz. Je vous répondrais oui et non.

Bien sûr, sur les cinquante dernières années, il suffisait d’être haussier pour faire 7% par an ou davantage mais là, cela n’a rien à voir. Il s’agit d’une stratégie neutre à long terme puisque les signaux sont baissiers la moitié du temps. En réalité, une telle stratégie aurait dû avoir une performance de zéro.

Il y a mieux, mais pour cela vous il vous faut regarder ce graphique.

Stratégie du croisement sur le S&P500

Voilà les rendements d’une telle stratégie, sans levier, depuis 1953. Belle régularité, non ? Et, au contraire d’une approche haussière, les gains n’ont pas été interrompus depuis l’année 2000.

Haussier ? Passez votre chemin !

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est bien sûr parce que, en début de mois, nous venons d’avoir un signal baissier — encore une fois. Pour être clair, une telle chose n’arrive qu’une fois tous les deux ans environ. Un croisement tous les ans en moyenne, cela signifie un signal haussier tous les deux ans, et un baissier tous les deux ans.

Stratégie du croisement sur le S&P500

Pour vous donner une idée, le dernier signal « sombre » en date, donné à la clôture du 21 décembre 2007, a permis un profit de 40% en moins de dix-huit mois pour les baissiers.

Vous le savez, en bon Suisse, je privilégie plutôt la neutralité au marché. Je ne vous pousse pas nécessairement à jouer la baisse si telle n’est pas votre nature. En revanche, si vous décidez d’être haussier après un tel signal, je n’ai plus que deux mots pour vous : bonne chance…

[NDLR : Et si vous souhaitez juste ne pas vous inquiétez des mouvements et de la volatilité des marchés, si vous êtes plutôt du genre à voir à plus long terme, Marc Mayor a également une stratégie pour vous].

Mots clé : - - -

Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

4 commentaires pour “Que disent les moyennes mobiles du S&P500 ?”

  1. merci Marc Mayor, un peu de baume au coeur d’un pauvre bear maltraité par le CAC40, ces jours-ci :-).

    en ce qui concerne ce CAC40, le constat sur le croisement « sombre » (01 juin) est le même…tendance baissière moyen-long terme. Donc me voilà tout guilleret, enfin pas trop quand même 🙂
    [img]http://www.lebilletdutrader.com/wp-content/uploads/2010/07/img_12789661262437.gif[/img]
    [img]http://www.lebilletdutrader.com/wp-content/uploads/2010/07/img_12789661262437-1.gif[/img]

  2. […] (E/T/E) mais nous avons également assisté à la formation d'une death cross le 5 juillet lorsque la moyenne mobile à 50 jours (10 semaines) a coupé, à la baisse, la moyenne à 130 jours (26 semaines, soit un […]

  3. […] sur la death cross du 2 juillet Certains, comme mon collègue Marc Mayor, évoquaient en effet une death cross sur le S&P500. Ce croisement des moyennes mobiles à 50 et 200 jours est effectivement apparu le 2 juillet mais […]

  4. […] vous avais par exemple expliqué que la death cross qui s'était matérialisée sur l'indice le 2 juillet dernier n'avait pas engendré — comme […]

Laissez un commentaire