Sous le signe de la rigueur germanique

Rédigé le 9 décembre 2011 par | Apprendre la Bourse, Autres indices Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers
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Nous entendons beaucoup l’entourage d’Angela Merkel, puis la Chancelière elle-même, expliquer aux pays européens ce qu’il faut faire et ne pas faire. Ceux qui sont mis en accusation (pour cause de laxisme budgétaire, de bulle immobilière, d’Etat-providence…) subissent sans protester le réquisitoire de l’Allemagne.

◊ L’Allemagne se met en danger elle-même
Il y en a pourtant qui aurait beaucoup à dire s’agissant de l’attitude de nos voisins d’outre-Rhin. L’Allemagne a d’abord prêté sans limite à la Grèce tant qu’elle constituait le premier client de l’Eurozone pour son industrie de l’armement – le plus petit pays en terme de PIB (en 2001) qui devient le plus gros acheteur de chars et d’artillerie sur le Vieux Continent… y’aurait pas comme un léger problème ?

Ensuite, l’Allemagne a beaucoup tiré profit du faible coût de la main-d’oeuvre polonaise, tchèque et des pays Baltes (hors zone euro).

Peut-être aurait-elle pu contribuer à réduire les disparités industrielles existant avec les PIGS en passant commande ou en implantant des usines en Grèce (où les salaires moyens sont le tiers de ceux pratiqués au nord de l’Europe). Alors l’Allemagne aura beau imposer toute la rigueur qu’elle souhaite à ses « partenaires » du sud et réformer tous les Traités existants, de telles initiatives n’ont aucune chance de renverser un cycle économique baissier.

Comme l’a démontré l’exemple grec, les déficits des Etats « hors des clous de Maastricht » vont donc continuer à se creuser inexorablement et l’Allemagne se verra contrainte de les soutenir quand les choses tourneront mal – ce qui est quasiment inévitable, sauf miracle du côté de la croissance aux Etats-Unis et en Asie. L’Allemagne s’apercevra vite qu’elle va y laisser sa santé financière, son triple A, son avenir économique et elle choisira alors de quitter la zone euro.

Car peu importe que l’Europe se dote ou non d’un mécanisme de sauvetage des dettes souveraines crédible sur le papier : l’épargne mondiale reste et restera insuffisante pour refinancer à la fois l’Eurozone et les Etats-Unis.

◊ euro contre dollar, la guerre continue
Ces deux blocs se retrouvent en concurrence frontale et vont donc continuer de se livrer à une guerre totale où tous les coups sont permis. Et cette guerre, l’Europe va forcément la perdre car rien dans la conception allemande de la convergence ne peut résoudre le problème de fond qui est d’abyssales disparités structurelles. C’est aussi cela que pointent les agences de notation.

L’Allemagne crie alors au complot : elle a raison, il y a effectivement complot… Valéry Giscard d’Estaing est le premier parmi les « grands initiés » à dénoncer l’action pernicieuse des sacrificateurs de la zone euro… Mais, pour les marchés, cette guerre économique totale est un secret de polichinelle. Et grâce à l’Allemagne, l’Eurozone prend une grêle de coups depuis deux ans, sans riposter, car il faut à tout prix prouver au monde entier que la BCE n’est pas la Fed. Ce faisant l’Allemagne prouve également au monde que l’euro n’est pas le dollar !

Le monde commence à penser que le mark serait meilleur que n’importe laquelle de ces deux devises et, c’est pourquoi les actifs purement germaniques (les bunds et les actions) surperforment de 10 à 30% leurs homologues du CAC 40 et du Mibtel.

◊ Surveillez le DAX pour savoir où va le CAC
Le DAX 30 s’accroche, depuis le 2 décembre, aux 6 000 points mais semble plafonner sous les 6 160 points. L’indice vient de reprendre 750 points depuis son récent plancher des 5 400. Ce scénario était assez inattendu après le déclenchement d’un gros signal baissier sous 5 700 points qui validait la tête/épaules. Cette rupture induisait un risque de rechute sur les 5 000 points. Une fois encore, les indicateurs techniques ont tous été totalement pris à contrepied.

Graphique: CAC 40
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

La question aujourd’hui concerne le risque d’un autre contrepied sous les 6 100 points. Il serait confirmé par l’enfoncement des 3 moyennes mobiles stratégiques (MM20, MM50 et MM100) qui se trouvent désormais regroupées entre 5 850 et 5 870 points. Les enfoncer ouvrirait la possibilité d’une fermeture du gap des 5 530 points du 25 novembre dernier…

Mais il faut surtout considérer que tout repli du DAX 30 sous les 5 850 points validerait surtout un scénario baissier sur l’ensemble des indices de la zone euro.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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