Souffrez-vous de myopie boursière ?

Rédigé le 20 août 2014 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Avez-vous déjà vendu au pire moment ? Avez-vous déjà vendu à la hâte vos positions perdantes alors que le marché était en pleine chute ? Si c’est le cas, vous souffrez, comme beaucoup d’investisseurs, de myopie boursière ; c’est-à-dire que vous ressentez davantage la douleur de perdre que le plaisir de gagner. Nommé « myopic loss aversion » en anglais, ce biais comportemental pousse l’investisseur rationnel à prendre des décisions irrationnelles. Comme tout vendre en plein krach, par exemple.

La douleur de perdre de l’argent – même si la transaction n’a pas encore été clôturée, et que la perte n’est donc pas réalisée – est ressentie de manière bien plus intense que le plaisir de gagner. A ce moment, l’investisseur perd tout recul et se laisse guider par ses émotions. Cette « aversion au risque asymétrique », un biais comportemental bien connu, devrait pousser à se faire conseiller par des professionnels, des gens formés et expérimentés. Sauf que ces derniers souffrent encore plus de ce syndrome, comme le démontre l’étude académique que je vous explique aujourd’hui*.

Ses auteurs ont testé les décisions d’investissement de 50 conseillers à la clientèle de la SR-Bank, une banque norvégienne de taille moyenne. Ces conseillers font l’interface entre le client privé et les véritables gérants d’actifs de la banque ; ils présentent donc les produits financiers de l’établissement et conseillent les clients dans leur allocation, pour choisir entre obligations, actions, etc.

Dans la pratique, cette étude a comparé l’éventuelle myopie boursière de ces 50 conseillers à celle de 160 étudiants de l’université de Stavanger (elle aussi en Norvège), qui représentent en quelque sorte un individu lambda en matière financière. Pour cela, les deux groupes ont dû procéder à des investissements fictifs, en décidant de participer ou non à neuf tours de loterie, avec divers dispositifs (en connaissant les résultats du tour précédent ou pas, par exemple).

Il en est ressorti que les conseillers financiers étaient encore plus sensibles aux pertes que le groupe témoin d’étudiants. Non seulement les professionnels ne sont pas immunisés contre les biais comportementaux qui peuvent toucher tout investisseur, mais il semblerait qu’ils en souffrent même davantage.

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Des voix charitables pourraient estimer que ces conseillers ne veulent pas perdre la confiance de leurs clients (et les revenus qui vont avec), et donc qu’ils s’efforcent de ne pas leur faire perdre d’argent. Cette théorie ne tient pas : souffrir de myopie boursière ne permet pas de limiter les pertes ou de maximiser les gains. Bien au contraire, c’est un moyen malheureusement fort efficace pour perdre régulièrement.

Les chercheurs en finance comportementale qui ont étudié ce biais ont remarqué que cette myopie boursière est encore plus forte chez les investisseurs qui vérifient fréquemment l’évolution de leurs placements. Ce qui est très facile avec Internet, il suffit de jeter chaque jour (voire plusieurs fois par jour) un œil sur son compte titres. Et c’est souvent là le piège.

En vérifiant son compte chaque jour, l’investisseur connaîtra effectivement davantage de jours perdants. Inversement, s’il laisse plus de temps entre chaque vérification, il est moins probable que son portefeuille souffrira de pertes.

En étant constamment collé à son écran, l’investisseur accumule donc de la frustration. Une conséquence possible est qu’il décide, soudainement, de tout vendre ou de changer de stratégie de manière impulsive. Le pire des choix, bien souvent.

Les clients de notre principale stratégie le savent d’ailleurs très bien. Vendre au plus bas est le meilleur moyen de ne pas profiter du rebond. L’année 2013 en avait été un excellent exemple.

*  L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

 

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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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