La tentation de sortir de la cote

Rédigé le 4 octobre 2012 par | IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

Mardi matin, je prenais un petit-déjeuner avec Gianbeppi Fortis, président de SOLUTIONS 30 (FR0010263335)… Au cours de ce rendez-vous matinal, furent abordés différents thèmes dont celui d’une sortie de la cote. Mon interrogation était très claire : au vu des échanges extrêmement faibles sur le titre (par exemple il s’est échangé 8 200 titres sur la totalité du mois de septembre sur la valeur qui évolue entre 18 et 20 euros actuellement), ne serait-il pas judicieux de sortir de la cote et de dire adieu aux marchés financiers ? L’homme fort de ce spécialiste de l’externalisation des services de maintenance n’a pas du tout été surpris par ma question. « De nombreux banquiers m’en ont parlé ces dernières semaines, mais ce n’est pas ma priorité » m’a t-il confié…

Il n’est pas le seul en ce moment à être dragué par les banques d’affaires. Le désintérêt pour les small caps et le peu de fusions-acquisitions depuis quelques semaines obligent certains banquiers à penser à toutes sortes d’opérations financières pour pouvoir obtenir des mandats… Comme me le confiait en me promettant l’anonymat un banquier d’affaires cette semaine lors d’un dîner, « il faut bien trouver des solutions pour maintenir notre train de vie. Alors on tente des coups de poker parfois sur des idées dans lesquelles on ne croit même pas ». Quelle ironie glacée…

Une sortie de cote est le cas typique d’une opération difficile à mettre en place. Je ne parle pas d’une offre publique de retrait où l’actionnaire principal détient 96% du capital et n’a plus que 4% à acheter. Non je parle d’une sortie de cote avec souvent un capital atomisé, comme dans le cas de SOLUTIONS 30.

Pourquoi est-ce si difficile ? Tout simplement parce qu’il faut, dans un premier temps, identifier les actionnaires importants pour s’assurer qu’ils pourraient être d’accord avec une telle opération. Puis, il faut souvent payer une prime conséquente pour qu’ils acceptent d’apporter leurs titres à l’offre. Il n’y aucune chance de récolter le moindre titre si la prime n’est pas, au minimum, de l’ordre de 20% par rapport au dernier cours coté…

Mais, une fois la décision prise, le plus dur commence avec le financement de cette opération. Nous allons prendre l’exemple de SOLUTIONS 30 dont la capitalisation actuelle est de 46,7 millions d’euros et le dernier cours de 18,79 euros. Nous supposons une prime de 20%, soit un cours cible de 22,5 euros et une capitalisation boursière de 56 millions d’euros… Les principaux actionnaires sont le P-DG avec 10% du capital et des fonds d’investissement comme Sofinnova, NEM Invest ou encore Alto Invest. Si une offre intervient de la part de la direction (cas le plus typique), il faudrait alors racheter les 90% restants…

Cela veut donc dire qu’il faut débourser la bagatelle de 50 millions d’euros pour tenter une sortie de cote qui n’est même pas gagnée d’avance dans la mesure où, dans le cas présent, le flottant atteint encore plus de 21%. Et je ne parle pas du cas où un des fonds actionnaires, au dernier moment, voudrait faire de la surenchère et demanderait à un prix supérieur. Alors comment trouver 50 millions d’euros ? Difficile car, quand on regarde la situation financière du groupe, on s’aperçoit que ses fonds propres atteignent 11,3 millions d’euros pour une dette nette de 3,2 millions d’euros. Financer cette acquisition par de la dette ferait passer l’endettement net à près de 53 millions d’euros soit un gearing de 470%, occasionnant des frais financiers si énormes que la survie de la société serait menacée…

Vous le voyez donc… Il faut avoir de très bonnes idées quand on est un banquier. Encore faut-il les mettre en pratique.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

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