Les small et mid caps sous la menace de la crise ukrainienne

Rédigé le 5 mars 2014 par | Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps Imprimer

A la Bourse de Paris, on pourrait croire que le conflit larvé entre Moscou et Kiev est résolu. Alors que la place parisienne avait lourdement chuté lors de la séance du lundi 3 mars suite au déploiement durant le week-end de forces militaires russes dans la péninsule de Crimée, elle a connu un rebond dès le 4 mars.

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Les grandes entreprises françaises, notamment celles particulièrement présentes en Russie et en Ukraine, et dont les cours avaient été sanctionnés, ont rapidement relevé la tête. La Société Générale, qui détient la banque russe Rosbank, avait ainsi perdu 5,43% sur la séance de lundi pour enregistrer une hausse de 1,19% dans la matinée du 5 mars 2014. Au même moment, Renault, pour qui la Russie est le troisième marché, gagne 2,59% après une baisse de 5,41%. Même Tarkett, numéro un des revêtements de sols souples en Ukraine et en Russie, prend 0,89% alors que le titre avait plongé de 7,28% lors du « lundi noir » ukrainien.

Inquiétude des investisseurs

Il en est tout autre pour les petites et moyennes valeurs qui sont fortement exposées sur les marchés ukrainien et russe. Toujours le 5 mars au matin, le cours de l’action AgroGeneration (FR0010641449) subissait un repli de 3,39%. Depuis le 1er janvier, le producteur de céréales et d’oléagineux, coté sur Alternext, a perdu 4,84% pour atteindre 1,14 euro. Les investisseurs n’oublient pas que le groupe possède en Ukraine, considéré comme le « grenier de l’Europe », six sites agricoles de 45 000 hectares produisant 55 000 tonnes de blé, maïs, orge, colza et tournesol. Sans compter que ce pays absorbe à lui seul plus de 67% des ventes d’AgroGeneration (le reste est réalisé en France et très marginalement en Argentine).

Boiron (FR0000061129) s’en sort mieux. Le leader mondial des médicaments homéopathiques a déclaré, lors de la présentation de ses résultats annuels le 24 janvier dernier, qu’il a dégagé 56 millions d’euros de chiffres d’affaires en Russie sur les 617,7 millions de ventes effectuées en 2013. Pour compenser l’impact des changes, le laboratoire, présent sur l’Eurolist B, a prévu d’augmenter ses prix notamment dans la Fédération de Russie. Pas sûr que la dépréciation de 18% du rouble par rapport à l’euro arrange ses affaires. En attendant, le groupe lyonnais qui a enregistré de belles performances au second semestre 2013, voit son cours progresser de plus de 13% depuis le début de l’année pour se situer à 57,96 euros.

Menaces plus ou moins sérieuses

Le titre de Heurtey-Petrochem (FR0010343186) est plus chahuté. Près de 30% de l’activité du fabricant de fours tubulaires pour les industries de raffinage et de pétrochimie dépend de l’Europe et plus précisément de la Russie, l’un des premiers producteurs d’hydrocarbures au monde. Heureusement, la société francilienne, cotée sur Alternext, a publié le 13 février 2014 un chiffre d’affaires annuel de 401 millions d’euros, légèrement supérieur aux prévisions de la direction. Ces bons résultats viennent compenser les inquiétudes quant à l’exposition de Heurtey-Petrochem sur le sol russe. La valeur reculait de 0,63% dans la matinée du 5 mars mais affichait une progression de 15,84% depuis le début de l’année.

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