L’euthanasie financière des retraités est pour demain

Rédigé le 6 octobre 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

« Métro, boulot, caveau« . Tel sera, selon les plus fervents détracteurs de la réforme des retraites, notre nouveau schéma de vie. Pourquoi pas ? Après tout chacun son point de vue. Et il est vrai que ce sujet est particulièrement sensible. Il divise nos politiques et exalte les foules.

Manifestation après manifestation la contestation gronde sur les pavés hexagonaux. Le gouvernement, quant à lui, droit dans ses bottes, semble inébranlable. La retraite à 60 ans vit ses derniers instants. Quoiqu’il en soit, il est grand temps de prendre les choses en mains. Nous devons compenser par nous même le futur manque à gagner de nos retraites car visiblement personne ne le fera pour nous.

Dans Vos Finances, Frédéric Laurent s’est récemment saisi de la question. Comme il le rappelait à juste titre :

« pour compenser l’inéluctable baisse des retraites — et donc de vos revenus –, des produits existent déjà : le PERP (Plan d’épargne retraite populaire) ou encore le Madelin — réservé aux travailleurs non salariés et aux professions indépendantes.

Face au décalage des rentes issues des systèmes mis en place, ces deux placements risquent de montrer leurs limites. N’oublions pas que ces dispositifs spécifiques ont, par exemple, l’énorme inconvénient d’être totalement illiquides et de se convertir obligatoirement en rente viagère au moment de leur sortie. »

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas de ce côté-là que nous trouverons la solution. Par ailleurs comme le souligne notre spécialiste de la gestion patrimoniale :

trop nombreux sont ceux qui misent sur des produits peu risqués offrant une rémunération très faible — par manque d’informations, de conseils ou par facilité. A 1,75%, votre Livret A n’assurera pas votre retraite !

Attention toutefois à ne pas vous faire avoir par un nouveau ‘produit miracle’ habilement présenté par votre conseiller bancaire… Un trop grand nombre d’opérations de ce type, qu’il s’agisse de fonds ‘garantis’ ou de produits défiscalisants, se sont soldés par autant de désillusions pour des épargnants trop crédules.« 

Il vous faut vous rendre à l’évidence et choisir un investissement durable et consistant. Un seul mot d’ordre : DIVERSIFICATION ! Et Frédéric Laurent insiste :

« Bien préparer sa retraite, c’est d’abord s’y préparer le plus tôt possible. Cela vous permettra notamment de miser sur des investissements plus performants sur le long terme tout en minimisant le risque grâce à une durée plus longue. »

Pour nous tout est encore possible. Nous travaillerons un peu (beaucoup) plus mais nous pouvons anticiper nos futurs revenus de retraités. Qu’en est-il de nos vénérables retraités ? Ceux qui sont actuellement à la retraite, qui ont investi dans des contrats d’assurance-vie largement composés d’obligations, de dettes souveraines ? Eh bien comme le constate Simone Wapler dans La Quotidienne de MoneyWeek, « l’euthanasie financière des retraités est pour demain.« 

« En cas de remontée des taux, les retraités se retrouveraient coincés avec des vieilles obligations procurant un rendement inférieur à l’augmentation du coût de la vie.

Ils ne pourraient pas s’en débarrasser sans perte puisque lorsque les taux montent, les acheteurs veulent bien des anciennes obligations, mais seulement à condition que leurs rendements soient équivalents. Ce qui signifie une baisse de la valeur.

Supposons que vous ayez mis de côté 100 000 euros et qu’à partir de 60 ans, vous comptiez retirer 4 000 euros par an durant 35 ans. Si le coût de la vie augmente de 3% la première année, la deuxième année vous retirez 4 120 euros. Et ainsi de suite durant toute votre retraite… Si le rendement des obligations ne suit pas, vous vous asséchez.

Ty Bernicke a simulé ce qui arriverait à un retraité américain ayant constitué un matelas de 500 000$, qui commencerait ses retraits de 20 000$ à l’âge de 60 ans dans l’hypothèse d’un grand marché baissier obligataire tel que celui de la période 1940-1980. Il a pris plusieurs scénarios : 1940-1974 ; 1941-1975… Dans 50% des cas, ce retraité américain se trouve à court d’argent. »

Le constat est consternant. Simone a donc énuméré quelques éléments de parades :

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