Si ça ne monte pas… ça baisse

Rédigé le 18 mars 2009 par | Autres indices Imprimer

Ceux d’entre vous qui me suivent savent que, depuis l’été dernier, je n’ai eu de cesse de jouer cette baisse, parfois même contre vents et marées.

Depuis l’été dernier, j’ai arboré ma théorie de la grande consolidation initiée sur les sommets d’août 2000 avec des objectifs situés entre mes deux niveaux clés : les 2 400 points minimum jusqu’aux 2 130 points maximum…

Depuis l’été dernier, j’ai essuyé les rebonds parfois assez violents en maintenant mon cap malgré l’avis de certains…

Depuis l’été dernier, j’ai privilégié ma discipline technique aux dépens de nombreuses analyses fondamentales…

◊ Alors ? Alors, pourquoi ne pas continuer aujourd’hui ? Le rebond actuel est-il plus surprenant que les précédents ? En réalité, pas vraiment. En intensité non plus d’ailleurs.

Alors ? D’abord, je vous invite à lire la Chronique de Bill Bonner qui émet l’hypothèse d’un rebond majeur enfin possible — et c’est peu dire le connaissant :

« ‘Nous allons abaisser notre drapeau d »Alerte au Krach’ pendant un petit temps. Le Dow semble enfin donner des signes de vie. Il faudra quelques jours pour en être certains… mais nous allons hasarder une supposition : le rebond va se poursuivre.

Les actions aux Etats-Unis ont perdu 11 000 milliards de dollars… et ont été plus que divisées par deux… sans un seul rebond majeur. Nous en attendions un après l’élection d’Obama. Tout ce que nous avons eu, c’est un ricochet de 15%. Puis, après l’annonce du grand programme de relance/sauvetage/escroquerie… nous nous sommes dit que sûrement, les actions se remettraient à ce moment-là. Mais non. Au lieu de cela, les actions ont perdu 20% depuis qu’Obama est au pouvoir.

Mais un rebond durant un marché baissier est l’un des phénomènes les plus certains qu’un investisseur puisse escompter. Après tant d’années de hausse des cours — le marché haussier a commencé en août 1982 — les investisseurs ont appris à ‘acheter durant les creux’. A présent, ils ne sont plus confrontés à un creux mais à un véritable Grand Canyon ; nombre d’entre eux ne peuvent pas s’empêcher d’agir. Il leur suffit d’un peu d’encouragement. »

Pour ma part, je dois l’avouer, je suis aujourd’hui terriblement perplexe.

En effet, sur l’ensemble des indices majeurs mondiaux, à l’unique exception du Nasdaq 100, je suis en présence d’une dernière phase de baisse en trois temps. Or, et vous le savez bien, la théorie veut que les phases de tendance aient lieu en cinq temps traditionnels. Quid de ce rebond dans un tel contexte ?

Je suis perplexe, oui, car je ne suis pas bêtement borné. Par expérience, je sais que, parfois, la théorie devient faillible. Et ce sont, justement, ces cas-là qui la rendent intéressante : une théorie infaillible deviendrait une science exacte. A chaque règle, il faut bien son exception… Et là, oui, je l’avoue… je suis perplexe ! Certes, je pourrais oser ici le fameux : « si ça ne monte pas, ça baisse »… Laissez-moi vous expliquer un peu l’origine du doute.

En observant les indices sur une base quotidienne, j’ai envie de jouer la poursuite du rebond immédiate. Pourtant, sur une base hebdomadaire, il me semble toujours devoir attendre une dernière vague de baisse avant d’envisager une telle hypothèse.

Toujours est-il que, quoi qu’il en soit, la marge vers le bas me paraît aujourd’hui de plus en plus limitée avant de jouer un rebond majeur conséquent.

Une fois de plus, je m’attarde sur notre cher CAC 40 national… ◊ La croisée des chemins…

Graphique du CAC 40

Que me dit le graphique désormais ? La structure de la baisse actuelle ne permet pas de trancher très vivement sur le timing du rebond attendu. Pourtant, là est la question : peut-on espérer/craindre de nouveaux plus bas, ou bien doit-on dès maintenant se remettre à l’achat ?

Me voici donc à un stade extrêmement délicat. En effet, deux questions cruciales se posent aujourd’hui :

– rebond immédiat ou imminent ? – rebond ou retournement ?

◊ Rebond immédiat ou imminent ? A cette première question, c’est mon graphique qui nous donne la réponse. Dans l’immédiat j’attends une dernière vague de baisse qui, sur le CAC 40, devrait nous mener dans ma « zone franche », entre les 2 400 points et les 2 130 points. Mais je reste prudent et je prends des précautions. On constate en effet des volumes au-dessus de la moyenne, sans être pour autant mirifiques, ainsi qu’un RSI qui, bien que toujours très négatif et mal orienté, se trouve sur des niveaux de survente importants et dépasse une forte oblique baissière.

La marge vers le bas semble encore suffisamment limitée pour considérer qu’un scénario momentanément haussier peut désormais être envisagé et que le potentiel dudit rebond semble tel qu’il ne saurait être trop tard pour prendre le train en marche, le cas échéant. Tout en anticipant une baisse dans l’immédiat, je vais donc me préparer à jouer le rebond avec un stop situé logiquement sur mon niveau clé à 2 130 points. [Ndlr : et pour jouer les rebonds comme les phases de baisse… les turbos sont les produits parfaits pour décupler la volatilité du marché. Si le CAC varie de 2%… 5%… 10%… votre turbo peut varier 10 fois plus ! Positionnez-vous maintenant pour augmenter votre potentiel de gains]

Aussi, après un test de la « zone franche » (2 400/2 130 points), une reprise devrait se dessiner en direction des premiers objectifs de retracement de la baisse situés sur les 3 340 points (ratio de 23,6% de la baisse) puis sur les 3 880 points (soit 38,2% de la baisse).

◊ Rebond ou retournement ? Là, c’est un tout autre débat. Et je m’excuse par avance auprès des non-initiés en analyse technique qui auront sans doute un peu de mal à suivre, en promettant de tout faire pour rester le plus pédagogique possible…

Le décompte que j’ai noté pour vous sur mon graphique est un décompte possible, mais il faut savoir que ça n’est pas le seul théoriquement envisageable.

Ce décompte, s’il s’avère être le bon, plaide donc pour l’hypothèse de retournement, puisque les cours auront ainsi achevé leur large phase de consolidation en trois temps traditionnels, notés A, B et C. Un tel scénario impliquerait donc un retour immédiat de la tendance haussière de fond, sur le long terme. Ce serait évidemment une bonne nouvelle pour les investisseurs en particulier et pour l’économie en général, mais chaque chose en son temps.

En revanche, il y a une autre hypothèse, qui en séduit certains légitimement et qui ne peut être totalement écartée. Il s’agirait, en comparant le CAC 40 à d’autres indices mondiaux, de supposer que la grande vague B de mon schéma soit, en fait, la grande vague 5 qui aurait eu lieu en failure (ou en « avortement »). Dans ce cas, le sommet d’août 2000 serait une grande vague 3 et ma vague A serait une grande vague 4, avec un overlap scrupuleusement respecté. Il est vrai que la décomposition de ma grande vague B se faisant tout de même en cinq temps, ce scénario tient la route. (Vous me suivez toujours ?)

Aussi, dans une telle configuration, nous ne serions pas dans le cas d’un retournement, mais bel et bien dans le cas d’un rebond qui correspondrait en fait à une nouvelle grande vague B d’une phase corrective qui aurait été initiée sur les sommets de juin 2007 et dont nous serions sur le point d’achever la grande vague A.

Quoi qu’il en soit, l’une ou l’autre des hypothèses ne remet pas en question le scénario envisagé dans l’immédiat, à savoir celui d’une reprise vers les 3 880 points dans un premier temps.

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marc-dagher
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