Shorter la prochaine victime bancaire ou se mettre au vert ?

Rédigé le 18 septembre 2008 par | Matières Premières Imprimer

Alan Greenspan, le grand manitou de la planche à billets, s’est fait entendre : le spectre de 1929 plane sur les bourses mondiales.

Que pourrions-nous ajouter, sinon que nous n’en avons pas terminé avec des évolutions boursières volatiles, chaotiques et globalement baissières. Après quatre ans de hausse, les marchés corrigent au minimum depuis 18 mois. Et ce n’est pas fini.

Mais les conditions de liquidité risquent ne plus jamais ressembler à ce que nous avons connu depuis la fin des années 90. Tout a changé au cours du week-end des 13 et 14 septembre 2008 : la Fed n’a plus de « plan B », le Trésor US renonce à intervenir au nom du « too big to fail« . Les banques d’affaires ne font plus la tendance ; elles font en revanche la une de l’actualité, et de la rubrique « désastres financiers » et autres « fâcheuses conséquences ».

Il n’y a pas vraiment de précédent à une telle crise aux USA : la comparaison avec 1929 est certes frappante, mais reconnaissons que la dynamique économique mondiale a quelque peu changée… L’ennui, c’est que nous avons l’impression que les conséquences peuvent être pires). D‘autant que les marchés dérivés ont démultiplié les encours et les risques qui y sont associés.

Quelle sera la prochaine victime du krach financier ?

Shorter la prochaine victime du krach ou pariez sur la poursuite de la baisse de celles qui ont déjà fait faillite est évidemment un jeu dangereux.

Au cours des trois crises majeures précédentes (1994, 1998 et 2002), une chute de 50% ou même de 60% d’une banque ou d’un assureur offrait presque la garantie d’un rebond. Mais en 2008, passer sous ce seuil constitue le signe précurseur d’un effondrement irrémédiable des cours (à l’image de New Century, Bear Stearns, Fannie Mae, Freddie Mac, Lehman, Washington Mutual).

La question qui revient sur le tapis dès qu’un rebond technique s’ébauche est la suivante : et maintenant, à qui le tour (Morgan Stanley, UBS, Wachovia…) ?

Si nous devions miser sur la prochaine vague de faillites en série, nous parierions volontiers sur la chute des banques chinoises. Encore faudrait-il que ce marché nous soit accessible et que les ventes à découvert soient autorisées pour les non-résidents. Donc, difficile pour nous de shorter les financières et les prochaines futures victimes.

Il va donc falloir nous contenter des places occidentales : si le krach actuel a une vertu, c’est de déclencher une vague de ventes qui lamine, par contagion, le cours boursier d’entreprises qui n’ont rien à redouter du credit crunch ou d’un ralentissement économique. Et certaines valeurs ne vont pas tarder à devenir une réelle opportunité d’achat : j’entends par là non pas un pari spéculatif, mais bien une sous-valorisation compte tenu du potentiel.

C’est donc le moment de se mettre au vert !

Nous pensons en priorité aux « valeurs vertes« . Le traitement des déchets, la dépollution, la limitation des rejets de CO2, le développement de sources d’énergie renouvelables débouchent sur le développement irréversible d’une industrie écologique qui présente le double avantage d’être exportable (pour qui détient les bons brevets) mais non délocalisable : difficile de détourner un collecteur d’eaux usées de Nogent-sur-Marne vers Shanghai ou Bombay !

Nombre d’entreprises du secteur n’ont actuellement pas bonne presse : leur niveau d’endettement pose problème en ces temps de tension des « primes » sur les émissions obligataires du secteur privé (effet Lehman ou AIG oblige)… Mais aujourd’hui, on peut aisément parier sur une détente des taux, aussi bien outre-Atlantique qu’en Europe.

La Fed devrait agir vite et la BCE — qui a fait fausse route au printemps dernier — va devoir attendre pour ne pas donner l’impression de se déjuger.

Donc, pour résumer : la noirceur du diagnostic économique d’Alan Greenspan plaide non seulement en faveur d’une détente des taux (surtout sur le Vieux Continent) mais également en faveur de l’achat de valeurs non cycliques (et dans l’idéal même : contra-cycliques). Et je pense que la thématique écologique ne sera pas qu’un simple effet de mode. Les leaders du secteur, même fortement endettés et délaissés par le marché, ne nous font plus peur.

Quelles valeurs vertes ? Un petit indice…   Regardez du côté de Véolia Environnement. Le titre tente, depuis la mi-juillet, de préserver les 31,50 euros (son support ascendant oblique de long terme),  mais il a testé le 15 septembre son ultime support moyen terme, son plancher annuel des 30,90 euros, avant de rebondir vers 32 euros.

Véolia dessine l’ébauche d’un superbe « W » haussier. Mais attendez le débordement des 35 euros (MM50, zénith du 22 au 25 juillet derniers, résistance oblique baissière moyen terme) pour confirmer la figure et donc pour acheter. Car vous savez que si le « W » se confirme, le potentiel de hausse est égal à l’amplitude de la dernière vague.

Une fois le niveau d’achat validé, tout est encore et toujours une question de philosophie d’investissement : soit vous jouez la valeur et vous visez les prochaines résistances ou points clés (mettez bien un stop de protection quand même !)… ou bien, vous la conservez pour du long terme car vous pensez que cette thématique d’investissement ne pourra qu’être porteuse dans les années à venir.

En attendant, Veolia devrait présenter une belle configuration graphique et être une sorte de refuge en ces temps boursiers… déprimants.

[Ndlr : Oui, déjà plus d’un an de crise. Si vous avez shorté des valeurs ou l’indice, vous vous en tirez sans doute très bien. Mais si la vente à découvert ne vous est pas familière, que faire pour sauver votre portefeuille ? Eh bien vous pouvez parier sur la hausse ou la baisse d’un titre avec des produits dérivés comme les turbos.

Quand la valeur prend 1%… 2% ou … 5%, votre turbo prend environ 10%… 20%… 50% et l’inverse est vrai aussi quand vous jouer la baisse ! Vous pouvez gagner 100% sur un turbo put quand le CAC en perd 5%. Le potentiel des turbos est ENORME, mais ils sont risqués : Marc Dagher repère ce risque pour vous et détecte les meilleurs potentiels. Avec un peu de sang-froid, vous pouvez profiter de la crise généralisée des marchés, alors n’attendez pas plus longtemps pour savoir comment]

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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