Les valeurs high-tech ne sont pas toutes à la fête

Rédigé le 5 décembre 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

Par Pierre Havez

Quelles valeurs moyennes seront les grandes gagnantes des achats des fêtes de Noël ? Il est encore trop tôt pour le dire mais quelques tendances claires commencent à se dessiner.

Côté jeux vidéo d’abord, l’ambiance est plutôt festive. L’éditeur UBISOFT (FR0000054470) a révisé ses prévisions annuelles début novembre à l’heure où il engrange ses commandes de fin d’année, correspondant à son troisième trimestre. Le groupe table désormais sur des ventes comprises entre 1 200 millions d’euros et 1 260 millions d’euros (contre 1 160 millions d’euros et 1 200 millions d’euros précédemment) pour un résultat opérationnel courant qui devrait atteindre entre 70 et 100 millions d’euros au lieu d’une borne haute jusque-là fixée à 90 millions. Comment expliquer cet optimisme ? Le blockbuster « Assassin’s Creed 3 » a ni plus ni moins enregistré les plus importantes ventes de son histoire sur une semaine avec plus de 3,5 millions d’unités vendues; soit le double de son prédécesseur.

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« Le problème le plus sérieux de la zone euro en ce moment n’est plus la Grèce, l’Espagne ou l’Italie, mais la France, car elle n’a rien entrepris pour vraiment rétablir sa compétitivité et elle est même en train d’aller dans la direction opposée, » a déclaré l’un des cinq sages allemands, Lars Feld.

Récemment, le quotidien populaire « Bild-Zeitung » s’est demandé si la France n’allait pas devenir « la nouvelle Grèce ».

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BIGBEN INTERACTIVE rit, GUILLEMOT CORPORATION pleure

Côté accessoires pour jeux vidéo, BIGBEN INTERACTIVE (FR0000074072), qui vient d’entamer son désengagement de la distribution de téléphonie mobile pour une valeur d’entreprise de 68,4 millions d’euros, vise un chiffre d’affaires désormais supérieur à 160 millions d’euros avec un taux de marge opérationnelle compris entre 7 et 10%. Jusqu’à présent, le groupe n’espérait pas passer le cap des 160 millions d’euros, qui l’aurait conduit à générer une croissance annuelle de 14%.

A l’opposé, GUILLEMOT CORPORATION (FR0000066722), l’une des sociétés dirigées par les frères Guillemot, fondateurs d’Ubisoft, anticipe une faible dynamique des ventes au quatrième trimestre 2012. La société spécialisée dans les accessoires de jeux et les périphériques numériques (enceintes audio, tables de mixage DJ) souffre sur cette dernière activité d’une demande plus faible de la grande distribution européenne « qui n’a pas permis les implantations habituelles de rentrée particulièrement dans les haut-parleurs ». GUILLEMOT CORPORATION prévoit dorénavant une perte opérationnelle de 2 millions d’euros alors que ses dirigeants espéraient générer un résultat opérationnel 2012 positif.

Cercle vicieux pour ARCHOS, vertueux pour PARROT

Pire, ARCHOS (FR0000182479), spécialiste des tablettes low cost face au géant Apple et son iPad, ne prend même plus la peine de communiquer des prévisions annuelles, faute de visibilité. Après un exercice 2011 qui laissait présager un retour en force de la PME dirigée par son fondateur, Henri Crohas, l’année 2012 va de mal en pis : un premier trimestre très en deçà des attentes, une pression sur les prix plus importante qu’anticipée, des ventes en recul depuis le deuxième trimestre, de lourdes pertes semestrielles et, pour finir, un plan de restructuration visant à supprimer un quart des effectifs. Un véritable cercle vicieux. Entre début 2012 et août 2012, le groupe aura vu sa part de marché se réduire en Europe au profit des leaders du marché sur les tablettes à moins de 400 euros selon l’institut GfK. De mauvais augure pour la fin de l’année… C’est un fait et la flambée du jour n’y changera rien.

PARROT (FR0004038263) connaît une meilleure fortune. Le spécialiste des kits mains-libres qui s’est fait un nom dans les produits high-tech grand public avec son AR drone, un quadricoptère pilotable avec un smartphone par Wifi, évoque une « excellente dynamique commerciale ». Certains analystes ont révisé à la hausse leurs perspectives annuelles pour le groupe dirigé par Henri Seydoux de 283 à 291 millions d’euros. La croissance annuelle de Parrot ressortirait ainsi à 17,5% par rapport à 2011.

Au final, les grands gagnants sont peut-être à chercher du côté de la distribution. LDLC.COM (FR0000075442), site de vente en ligne de produits high-tech, a nuancé à la hausse ses objectifs annuels – à savoir un chiffre d’affaires annuel supérieur à 200 millions d’euros et un résultat opérationnel supérieur à 6 millions d’euros (+13%). Son DG, Olivier de la Clergerie, a évoqué une croissance « toujours soutenue » au troisième trimestre, celui concerné par les ventes de fin d’année. Précision importante, ces ventes se font dans le cadre « d’une politique de prix qui ne sacrifie pas la marge ».

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