Savez-vous utiliser le price to book ?

Rédigé le 24 juillet 2012 par | Big caps, Mid et Small Caps Imprimer

Vous savez que j’interviens de temps en temps dans Intégrale Bourse sur BFM Business pour parler… marchés pendant une heure avec d’autres intervenants. Donc le matin, j’appelle Grégoire Favet et Sébastien Couasnon, les journalistes qui animent l’émission, pour caler les sujets du jour. Ce jour-là, à 14h, ils me rappellent un peu paniqués : « Eric, il faut parler du price to book à 17H. Une étude vient de sortir en indiquant que le price to book est de 1 pour le CAC 40, un plus-bas depuis des années. Donne-nous ton sentiment, ok ? » Bon, eh bien… OK, je m’y colle !

Le price to book, c’est une notion dont on parlait beaucoup lors de mes études à Dauphine (il y a… quelques années donc). Ce ratio lie la capitalisation boursière aux capitaux propres d’une entreprise. A l’époque, il nous paraissait évident que les valorisations boursières étaient plus élevées que les capitaux propres parce que la croissance future n’est jamais prise en compte dans la situation nette comptable. Or, c’est aussi ce que la Bourse tente de valoriser. De plus, la valeur des actifs immatériels est mieux reflétée dans les cours boursiers.

Bref, durant des années, ce ratio n’avait pas grand intérêt dans la mesure où il était largement supérieur à 1,5. Il était oublié des investisseurs et le coup de fil de BFM Business m’a replongé dans un passé d’il y a plus de 20 ans. J’avais enfin retrouvé ma madeleine de Proust !

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Depuis quelques jours, grâce à (à cause de…) l’affaire PEUGEOT (FR0000121501), il est largement revenu sous les feux de l’actualité. Le price to book du constructeur automobile est en effet tombé à 0,2 ; ce qui relance les supputations sur une future offre hostile. Mon ami Philippe Béchade m’a même appelé la semaine dernière en me disant que la valeur de PEUGEOT (et de CITROEN) était équivalente à zéro avec la capitalisation actuelle du groupe !

En fait, les investisseurs font l’interprétation suivante : PEUGEOT n’est plus en état de résister à la concurrence mondiale et, ces prochaines années, des pertes abyssales vont complètement grignoter les capitaux propres du groupe. De sorte que le ratio actuel est logique et ne fait que refléter une situation qui ne peut que se dégrader…

Sauf que la société semble vouloir se restructurer en profondeur, comme l’atteste la fermeture d’Aulnay-sous-Bois – tragique pour les ouvriers mais complètement logique dans une stratégie industrielle. L’usine était complètement sous-utilisée et ses charges non amorties. Croyez-moi, je ne verse pas dans le darwinisme social et ne veut pas revenir aux années Reagan ; mais il faut appeler un chat un chat dans un monde où la vérité est si difficile à dire : le site d’Aulnay aurait dû être fermé depuis des années.

Pour revenir à nos fonds propres, je dois quand même souligner, ami lecteur, afin d’être plus précis, que les fonds propres regroupent notamment les réserves, les reports à nouveau ou encore les bénéfices engrangés depuis des années. En théorie, plus ce ratio est faible, plus la société de chances de faire faillite. Dans le cas contraire, la société est très bien valorisée. C’est le cas par exemple avec REMY COINTREAU (FR0000130395) qui a un price to book de 4 ou encore d’HERMES (FR0000052292) qui vaut 10 fois ses fonds propres ! Un ratio gigantesque.

Dorénavant, tant que les marchés actions n’auront pas vraiment décollé, je n’hésiterai pas à calculer ce fameux price to book aux côtés du PER, de la VER/ROC ou encore du rendement. Vous avez peut-être d’ailleurs déjà remarqué que je le fais régulièrement ces dernières semaines, et notamment avec PIERRE ET VACANCES (FR0000073041) qui ne vaut plus que 0,25 fois ses fonds propres et dont la valorisation actuelle me semble aberrante…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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