Une saison des trimestriels à risque ? | La Bourse au Quotidien


Une saison des trimestriels à risque ?

Rédigé le 24 juillet 2018 par | Analyses indices Imprimer

Nous sommes maintenant dans le vif du sujet concernant les publications semestrielles.

Après Michelin hier soir et avant LVMH tout à l’heure post-clôture, quelques réactions boursières observées depuis la fin de semaine dernière ne me semblent pas très engageantes.

Outre Plastic Omnium, mon collègue Guillaume Duhamel évoquait récemment le cas d’un autre équipementier automobile, Faurecia (FR0000121147-EO), victime du caractère probablement un peu trop exigeant des attentes des opérateurs. Pourtant, le newsflow n’est pas si mauvais et le groupe a rehaussé ses guidances pour 2018, mais l’ampleur de ce relèvement a été jugée trop faible par les opérateurs.

C’est justement cette ambivalence entre bon newsflow et réaction boursière négative qui n’est à mon sens pas très engageante. Car quand un marché commence à ne plus acheter les bonnes nouvelles ou soi-disant bonnes nouvelles, c’est justement parce qu’il a déjà pricé le meilleur en amont (avec donc des attentes élevées)…

Faurecia et Atos, deux coups de semonce à retardement

C’est exactement ce qu’il s’est produit sur Faurecia vendredi, avec un titre qui avait ouvert en hausse vendredi matin, mais qui a clôturé en repli de plus de 7% vendredi.

La traduction graphique de ce constat boursier est visible avec la bougie journalière formée vendredi dernier, de type « avalement baissier ». Dans le jargon technique, cela signifie une ouverture en hausse, au plus haut, avant une clôture en baisse au plus bas.

Jugez plutôt.

Pas plus tard qu’hier, Atos (FR0000051732-ATO) a connu une mésaventure comparable. Après avoir gagné près de 3% dans les premiers échanges, le titre de la SSII plongeait en effet de plus de 6% à la cloche.

D’un côté, nous avons des semestriels globalement conformes aux attentes, quoique décevants sur certains aspects. De l’autre, l’acquisition de Syntel, annoncée dimanche, revêt certes une dimension stratégique évidente, mais elle a été jugée généreusement payée par certains.

Bref, il y a du pour et du contre dans les deux cas, ce qui s’est donc traduit en Bourse par une ouverture en nette hausse avant un revirement baissier très net.

Dans le cas de Faurecia comme dans celui d’Atos Origin, ces deux types de bougie en avalement n’ont en tous les cas jamais été très engageantes sur le court terme, surtout au vu des volumes.

On voit d’ailleurs bien au passage la différence avec par exemple Publicis (FR0000130577-PUB), qui avait directement ouvert en important gap baissier de 6% jeudi dernier, sans contrepied inverse ensuite. Disons que les choses avaient dans ce cas précis le mérite d’être claires dès la matinée…

Un risk/reward tendu

Ces types de réactions illustrent selon moi le risk/reward tendu de cette saison des résultats, avec une lourde sanction en cas de déception (comme pour Publicis donc) et une certaine réserve voire pire même en cas de résultats meilleurs que prévu.

Je vous le concède : les cas de Peugeot et d’Edenred, en forte hausse ce matin dans le sillage de comptes semestriels supérieurs aux attentes, nuancent cependant mon propos. Nous ne tarderons de toute façon pas à savoir s’ils sont les exceptions qui confirment la règle… ou plus exactement la tendance de cette saison des publications.

Avant Faurecia par exemple, Alstom ou encore SAP ont eux aussi fait l’objet de dégagements malgré de bons semestriels (comme Faurecia, le géant allemand des logiciels avait même lui aussi relevé ses guidances annuels).

Me concernant, pour tout vous dire, j’étais à l’achat sur Faurecia jusqu’à jeudi soir, c’est-à-dire à la veille des résultats semestriels. Les réactions boursières sur Alstom et SAP m’ont cependant un peu fait « tiquer »… et conduit à encaisser finalement un petit gain sans « jouer » cette publication.

D’une façon générale, il semblerait que les chiffres doivent vraiment pulvériser le consensus pour qu’une action s’envole. Ou que les sociétés se montrent bien optimistes pour le second semestre 2018 (ce qui ne me semble pas acquis étant donné le contexte de guerre commerciale).

En résumé : ayez un money management serré cet été !

Bourse : l’excellence des résultats ne suffit plus !

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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