Sacha Loiseau : « La Bourse donne plus de visibilité à Mauna Kea »

Rédigé le 10 juillet 2013 par | Biotechs et Medtechs, Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Sacha Loiseau Mauna KeaRencontrer Sacha Loiseau, le fondateur et dirigeant de Mauna Kea (FR0010609263), est toujours intéressant. L’homme est incontestablement brillant, ouvert sur le monde, curieux de tout. Et, surtout, il dirige sa société, pesant quelque 137 millions d’euros en Bourse, d’une main de maître. Cotée sur l’Eurolist B mais également éligible au SRD, la valeur est très liquide avec environ 20 000 à 25 000 titres échangés chaque jour… Bref, un dossier qui devrait intéresser plus d’un investisseur même si la société n’a réalisé que 8,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012 (avec une croissance de 76% tout de même). Retour sur ma rencontre avec un homme à l’entrepreneuriat chevillé au corps dont la société développe le Cellvizio, le plus petit microscope au monde, conçu pour optimiser la pratique de l’endoscopie digestive.

EL : Quel a été votre parcours avant la création de Mauna Kea ? SL : Après ma sortie de l’Ecole Polytechnique, j’ai obtenu un Doctorat en Astrophysique et Techniques Spatiales entre la France et les Etats-Unis. Après cela, j’ai travaillé à la NASA sur de grandes missions spatiales, au Jet Propulsion Laboratory en Californie. Durant ces années, et dans l’idée de créer une entreprise un jour, j’ai travaillé en parallèle sur un projet d’applications des technologies astronomiques à l’imagerie du corps humain. Je suis rentré en France fin 1999 pour lancer Mauna Kea Technologies. Pour l’anecdote, le Mauna Kea est un grand observatoire astronomique situé sur la grande île d’Hawaï, où j’ai passé beaucoup de temps.

EL : Comment un astrophysicien décide-t-il de se lancer dans le médical ? D’où vient cette idée ? SL : Ma passion est avant tout celle d’entreprendre. Je viens d’une famille d’entrepreneurs. Mon grand-père, Sacha Schneider, immigré d’Europe Centrale, a fondé Schneider Radio-Télévision dans les années 1930. Mon père et mon frère ont eux aussi créé des entreprises dans le domaine de la presse et du multimédia. En ce qui me concerne, le médical a toujours représenté un intérêt fort pour deux raisons : le contenu technologique très poussé et la finalité des instruments. Surtout, je suis convaincu que les technologies issues de l’astronomie peuvent contribuer à améliorer les techniques d’imageries médicales.

EL : Êtes-vous satisfait d’être coté en Bourse ? Ne valait-il pas mieux opter pour le private equity ? SL : Avant de rejoindre Euronext, j’ai levé plus de 32 millions d’euros auprès d’investisseurs privés. La Bourse s’est ensuite imposée naturellement dans la mesure où elle nous offre une importante visibilité. Nous sommes fiers du travail accompli depuis notre IPO, même si le développement du marché d’une innovation médicale aussi majeure que la Biopsie Optique n’est pas un long fleuve tranquille ! Nous sommes cotés depuis bientôt 2 ans et nous en sommes très satisfaits. Cette visibilité nous donne – et c’est incontestable – beaucoup plus de crédibilité et de notoriété.

EL : Quelle est votre stratégie dans les 5 ans qui viennent ? SL : Toutes les options sont à considérer. Si nous pouvons accélérer significativement notre pénétration du marché en nous adossant à un partenaire dans une zone géographique donnée ou plus globalement, nous le ferons. En effet, nous avons aujourd’hui les moyens de prouver que la Biopsie Optique est une innovation majeure qui impacte de très nombreuses spécialités médicales – comme l’ont montré les événements récents tels que notre conférence ICCU ou encore le très bon accueil fait au Cellvizio lors du dernier DDW, la conférence mondiale des maladies digestives. Notez également que nous en avons démarré la commercialisation en Chine avec notre partenaire local Fujifilm et, qu’en début d’année, nous avons vendu nos premiers systèmes au Japon, deux marchés très importants. Il y a un véritable potentiel mondial que nous voulons exploiter.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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