Rolls Royce déçoit encore et encore…

Rédigé le 17 novembre 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

Un 4 ème profit warning pour le motoriste

Rien ne va plus pour Rolls-Royce PLC (GB00B63H8491 RR), l’entreprise issue de la scission de la branche mécanique du légendaire constructeur d’automobiles, aujourd’hui second fabricant de moteurs aéronautiques, derrière General Electric Aircraft Engines, le leader mondial du secteur. Depuis le début de l’année, le spécialiste de la conception et fabrication de turboréacteurs destinés à l’aéronautique (notamment militaire), à la marine et l’énergétique, n’en finit plus de décevoir les marchés financiers. En effet, en un peu plus d’un an, le motoriste britannique vient tout juste d’émettre son 4ème profit warning

l'évolution du cours de rolls royce

Dans ce dernier avertissement, publié jeudi dernier (le 12 novembre), Rolls Royce indiquait que ses résultats pour l’année 2015 devraient se situer entre 1,33 et 1,48 Mds£, soit dans le bas de la fourchette, donnée lors sa dernière guidance (les estimations officielles sur ses perspectives financières, que l’entreprise fournit au marché), ses résultats 2016 devraient, eux, en être en baisse d’environ 650 M£.

Une annonce bien décevante qui intervient seulement 4 mois après un autre abaissement de ses objectifs. En effet, le 6 juillet dernier, Rolls Royce passait déjà la fourchette de sa guidance annuelle de 1,4/1,55 Mds£ à 1,33/1,48 Mds£, soit une baisse de 4,75%… En cause à cette époque : une activité marine, beaucoup plus faible que prévu, notamment à l’étranger et une demande en berne pour ses moteurs d’avions.

Rolls Royce n’est désormais plus une valeur de rendement

Aujourd’hui, en raison de la baisse marquée de la demande de pièces détachées et de services de maintenance, le groupe envisage même de réduire son dividende. Pour l’instant, l’action offre un rendement de 4,5%, ce qui est convenable mais très probablement seulement temporaire. Il y a fort à parier que la baisse du coupon atteigne au moins 20% cette année par rapport à 2014, le rendement descendrait ainsi à 3,4%… Dès lors, Rolls-Royce ne pourrait plus du tout être considérée comme une valeur de rendement.

Pourtant, en matière de contrats, l’année 2015 n’avait, jusqu’ici, pas été une mauvaise année pour l’entreprise… Souvenez-vous : pas plus tard qu’en avril dernier, Rolls Royce avait annoncé, qu’elle allait équiper 50 Airbus A380 d’Emirates Airline, avec son moteur Trent 900, pour un contrat de 9,2 Mds$. Il ne s’agissait alors de rien d’autre que du plus gros contrat jamais réalisé dans l’histoire du groupe. Une embellie seulement éphémère n’ayant pas permis à l’entreprise d’équilibrer ses comptes, grevée par la chute du chiffre d’affaires provenant de l’activité de support (pièces de rechanges et maintenance).

Face à cette attrition de la demande, son nouveau directeur général, Warren East – en poste depuis le 2 juillet dernier – a du pain sur la planche : la société se doit désormais de faire des économies. Le motoriste britannique a d’ores et déjà, cette année, supprimé 1000 postes sur son effectif global de 55 000 salariés : 400 en octobre et 600 en mai…

Pourquoi un tel ralentissement de l’activité ?

Il faut bien comprendre qu’avec la récente baisse des prix du pétrole, les candidats à l’investissement dans des constructions neuves, c’est-à-dire dans de nouveaux bateaux se font de plus en plus rare. Le marché de l’extraction offshore est en effet étroitement corrélé avec les prix du pétrole, d’où une énorme cyclicité dès qu’il y a le moindre trou d’air sur les prix du baril. De même, l’activité de l’entreprise est aussi très étroitement corrélée grandes compagnies aériennes et donc à l’intensité du trafic aérien et aux anticipations des investisseurs sur ce dernier.

Que faire si vous étiez positionné sur ce titre ?

Il est toutefois trop tard pour vendre l’action, en recul de près de 40% depuis le début de l’année. Le titre est en effet revenu sur un PER de 11 aux cours actuels… Certes, la tendance n’est pas très bonne sur ce titre désormais à son plus-bas depuis trois ans et dont le newsflow est loin d’être positif. Cependant, face à une telle chute du cours, on peut tout de même parier sur un rebond technique d’environ 10% par rapport aux cours actuels… une fois celui-ci fait ce sera alors peut-être le bon moment pour vendre si vous êtes toujours investi sur ce titre.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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