Risques et opportunités sur l’Euro-Stoxx

Rédigé le 21 septembre 2011 par | Autres indices Imprimer

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Responsable du service Levier7, un service de trading sur les Turbos
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Alors qu’à Wall Street, c’est business as usual — avec un marché assez limpide techniquement et relativement peu volatil — en Europe, c’est tout autre chose… Une sorte de quatrième dimension qui évolue au gré de rumeurs plus absurdes les unes que les autres.

Il paraît que le « vrai » problème des marchés ces dernières semaines, c’est le risque grec. Bien. Ce risque soit disant « énorme » qui justifie une telle irrationalité est donc ce petit pays qui représente à peine 2% du PIB de notre Zone euro… Pour moi, le marché raisonne (réagit plutôt car pas sûr qu’il raisonne encore à ce niveau) de manière complètement excessive, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Il y a donc moyen de profiter de cette irrationalité.

Soyez contrarien pour détecter les excès
En l’an 2000, par exemple, le marché voyait tout en rose et était dans un excès haussier. Tout le monde pensait alors que les nouvelles technologies, les « dot.com » annonçaient un nouveau cycle de croissance. Ce n’était d’ailleurs pas totalement faux sur le fond puisque Internet a révolutionné notre mode de vie. Mais d’un point de vue boursier, l’histoire est différente.

A l’époque, j’étais un peu sceptique sur cette révolution quand je voyais des PER de 100… Je sentais que quelque chose n’était pas logique et je craignais un excès haussier à court terme — qui s’est finalement avéré en être un à moyen terme. A l’époque également, je commençais à m’intéresser à l’analyse technique ; je dévorais des dizaines de livres pour mieux comprendre ce qui se passait et essayer d’anticiper ce que pourrait être la suite.

Au fil des mois, et notamment au cours de la violente correction de l’époque (2002/2003), c’est aussi là que, de manière expérimentale mais aussi en appliquant les théories d’analyse technique, je suis devenu contrarien : baissier quand tout le monde était haussier en 2000, puis très haussier quand tout le monde était baissier en 2003.

Je suis convaincu que cette disposition d’esprit est un atout pour l’analyste technique. Quand, par posture d’esprit, vous regardez comment trader le marché à l’inverse de la tendance, vous repérez mieux les situations d’excès — et c’est ce qu’il y a de plus intéressant en termes d’opportunités.

C’est en combinant ces approches que j’ai ensuite mis en garde mes lecteurs contre une correction en 2007 puis sur le rebond début 2009 — ou plus récemment, sur un risque de krach en début d’année, et de retournement sur le secteur bancaire. Etre contrarien, c’est se demander s’il ne faut pas vendre à 4 100 sur le CAC alors que le marché n’a pas arrêté de monter depuis des mois, ou s’il ne faut pas acheter à 2 800 quand le marché vient de chuter de 35% pour jouer, ne serait-ce qu’un rebond.

Je ne dis pas avoir raison à chaque coup — loin de là : j’ai eu moi-même sur Levier7 des semaines extrêmement difficiles : je jouais un rebond, le scénario ne s’est pas réalisé, et nous avons subi de grosses pertes. Cela arrive ; c’est regrettable, très difficile à gérer mais cela ne doit pas nous/vous décourager : ce sont dans ces périodes qu’il y a des opportunités exceptionnelles.

Donc si je vous donne ces exemples, c’est pour vous montrer d’une part qu’être contrarien doit vous aider à remettre toujours en question une tendance de marché, et donc à anticiper les pièges et les retournements. Et d’autre part, cela permet de se positionner en amont et de jouer des opportunités énormes.

Le marché extrapole la faillite de la Grèce à toute la Zone euro
Vous commencez à le savoir : jamais nous n’avons eu sur le CAC une correction aussi rapide sans rebond significatif. Nous avons perdu 35% depuis les 4 000 points et pour moi, je le répète, c’est le rebond qui apparaît le plus probable, techniquement comme fondamentalement.

En effet, dans ce contexte, même si je reste baissier sur le marché à court/moyen terme, nous sommes dans un rebond violent. Cette volatilité et ces brusques retournements vont perdurer encore quelques mois à mon avis.

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Le marché a des comportements avant tout psychologiques ; et c’est pourquoi l’analyse technique est souvent plus précise que l’analyse fondamentale. Et surtout, elle est la seule à nous donner des niveaux d’intervention. C’est l’analyse technique qui reflète le mieux les forces (vendeurs versus acheteurs) en présence.

Tout comme le marché achète en général toutes les valeurs d’un secteur quand une entreprise leader publie de bons résultats — extrapolant ainsi à tous les concurrents les bons chiffres d’une seule entreprise — le marché extrapole les difficultés de la Grèce à tout le continent européen.

Ainsi, au-delà de la faillite de la Grèce, on anticipe déjà celle de l’Italie, de l’Espagne, et finalement toute la Zone euro — un peu comme si la Zone euro était un secteur. J’ai bien l’impression que c’est de cette façon que les gérants anglo-saxons considèrent la Zone euro puisqu’ils vendent « tout le secteur euro ».

Résultat : le marché fait de plus en plus comme si toute la Zone euro avait fait faillite. Puis on amplifie encore le phénomène à l’échelle des entreprises, et en particulier des banques. A force de news flow ou de rumeurs (là, encore, il faudrait voir à qui bénéficient ces rumeurs) les banques ont été survendues à tel point que n’importe quelle banque chinoise aurait pu faire une OPA sur l’ensemble des banques françaises il y a quelques jours.

Jusqu’où nous mènera le délire des marchés ?
Le pire dans tout cela, c’est qu’il y a un phénomène auto-réalisateur sur les marchés et que plus les hedges funds shortent l’Europe, les banques (ou autres), plus elles sont fragilisées et plus le risque de faillite pour toute la Zone euro augmente. Il serait temps que des mesures fortes soient prises. Car le vrai risque serait que le marché attaque l’Italie ou l’Espagne jusqu’à les mettre en faillite également — ce serait le risque systémique.

Avec tout le respect que j’ai pour la Grèce, elle n’est PAS un problème et ce risque est largement surévalué sur le marché. Par contre, si c’est l’Italie ou l’Espagne qui sont attaquées, cela veut dire que tout le système s’effondre et qu’en quelques jours, il n’y aura plus de système financier international, plus de Bourse, plus d’euro, plus de banques — peut-être même plus d’Etats, mais des dictatures, l’anarchie, des révoltes, la guerre… la folie des hommes.

Ce n’est évidemment pas ce que nous souhaitons — ni vous, ni moi, ni personne. Mais ces risques sont loin d’être des affabulations : c’est la guerre qu’évoquait récemment le ministre de Finances polonais… L’Europe a été créée pour éviter de nouvelles guerres au sein de notre continent dévasté, et il serait temps de s’en souvenir.

Je déplore donc que certains souhaitent parfois ce scénario du pire, prétextant qu’un monde sans banques ou sans euro est souhaitable, mais n’imaginant pas les conséquences à terme.

Regardez le marché avec sang-froid, et prenez du recul
Pour revenir à nos indices boursiers, à court comme à moyen terme, je vous préconise surtout de garder votre bon sens, de rester contrarien (c’est-à-dire de regarder le marché non pas comme une tendance à suivre, mais de questionner et de remettre en question cette tendance). Relativisez et restez raisonnable, gardez la tête froide face aux excès — même si je sais que ce n’est pas facile.

Donc aujourd’hui, ce que je vois, c’est un marché européen qui me rappelle les phases de fin 2008/début 2009, où des excès de court terme sont corrigés par des rebonds violents. Pour le plus long terme, j’aurai l’occasion d’y revenir d’ici quelques mois.

Pour prendre un peu de recul pour finir ce billet, j’aimerais revenir sur l’Euro-Stoxx 50 et vous situer les niveaux à moyen terme et court terme.  Tout d’abord, voyons ce graphique hebdomadaire :

Graphique de l'Euro-Stoxx en échelle hebdomadaire
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

– Sur cette échelle hebdomadaire (à moyen/long terme, si vous préférez), nous avons fait il y a quelques jours en Europe un plus bas alors que les indicateurs mathématiques journaliers et hebdomadaires étaient en divergence haussière.

– Cela ne veut pas dire que c’est un plus bas majeur, mais cela signifie que nous étions dans un excès à court terme qui appelait un rebond. Ce rebond est en cours et devrait nous amener au minimum à combler le gap baissier hebdomadaire des 2 207 points sur l’indice paneuropéen. 

– Ce sera un premier niveau important à suivre à court terme : c’est mon objectif minimum pour jouer le rebond, à un peu plus de 23,6% de retracement de la vague de baisse depuis le début de l’année. Si nous parvenons à dépasser ce niveau pendant quelques jours, le rebond s’accélérerait et l’on devrait alors à mon avis retracer 50% de la dernière vague de baisse, pour revenir tester la zone de résistance des 2 448 points.

Alors certes, ce rebond n’est pas des plus sereins — mais il y a un potentiel de gain plus intéressant à le jouer que de risque de perdre.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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