Les marchés sont anxieux ; le risque de correction augmente

Rédigé le 9 septembre 2009 par | Autres indices, VIX Imprimer

Les médias semblent l’oublier parfois ces derniers mois avec la reprise des marchés financiers, mais la crise économique est toujours là… et rien ne s’est vraiment amélioré malheureusement, même si on note quelques signes de reprise de-ci de-là.

Le taux de chômage aux Etats-Unis est un indicateur majeur. Il est ressorti vendredi dernier à 9.7% en août contre 9.4% en juillet, un nouveau plus haut depuis 26 ans, avec 216 000 chômeurs de plus. Certes, ce ne sont pas les 600  00 par mois du début de l’année. Toutefois, même si les marchés ont fortement rebondi depuis mars (et je vous en parlais dès le 24 mars de ce « rebond pas comme les autres« , il faut toujours être conscient que l’économie va mal, que le chômage continue de monter, et que la croissance sera négative cette année. Comment un analyste de bon sens pourrait-il ne pas voir cela ?

Certes, à plus long terme, le pire est sûrement passé, et c’est d’ailleurs mon hypothèse privilégiée sur cet horizon de temps. Mais l’euphorie de ces derniers mois semble exagérée, et il serait peut-être temps, au minimum, de la corriger.

◊ Retour de l’anxiété sur les marchés L’anxiété était en effet de retour sur les marchés pour cette rentrée.

Et dans ces périodes de mouvements importants sur les marchés, il est un indice que j’aime particulièrement étudier, comme tout bon analyste technique qui se respecte : c’est l’indice de volatilité du S&P 500 : le VIX, calculé quotidiennement par le CBOE (Chicago Board of Exchange), et dont chacun peut obtenir la cotation.

Comment mesurer la peur des intervenants ? Elle sert donc à quantifier le risque. Plus la volatilité d’un titre est forte, plus l’espérance de gain de celui-ci est importante, mais le risque de perte également, il faut en être conscient.

La volatilité est la mesure de l’ampleur de la variation des cours d’un actif financier.

La volatilité tient aujourd’hui une large place sur les marchés, en particulier les marchés dérivés, et c’est l’un des éléments principaux, si ce n’est le principal, dans le calcul de la valeur d’une option ou d’un warrant.

Il existe deux types de volatilité :

– la volatilité historique, qui correspond au niveau de volatilité atteint dans le passé et se calcule sur la base de l’historique des cours du sous-jacent ;

– et, la plus utilisée, si ce n’est la seule utilisée : la volatilité implicite. Sans rentrer dans les détails, celle-ci est calculée le plus souvent en inversant la formule des célèbres Black&Scholes, que j’ai eu le plaisir d’étudier (j’en profite pour rendre un hommage à Monsieur Yves Simon, qui a formé tous les meilleurs spécialistes des produits dérivés, et dont j’attendais chaque cours avec impatience, profondément passionné déjà par ces produits dérivés !)

Mais je m’écarte du sujet, revenons donc à la volatilité et à nos marchés.

Le VIX explose à la hausse le 1er septembre, Le VIX est donc un indicateur de volatilité implicite c’est-à-dire qu’il reflète les anticipations du marché sur les mois à venir, et c’est en cela qu’il est particulièrement intéressant.

Il existe d’ailleurs des traders de volatilité. Le but de cet article n’est pas que vous deveniez un spécialiste de la volatilité, et que vous deveniez trader sur celle-ci, mais simplement que vous regardiez cette donnée primordiale, dont on ne vous parle pas tous les jours, avec un autre oeil.

En analyse technique, des indicateurs comme le True Range ou les bandes de Bollinger permettent déjà d’identifier les périodes de faible tension sur les marchés (quand les cours sont en range), ou d’accélération à la hausse/à la baisse, où la volatilité augmente.

Le VIX en données journalières

Le graphique ci-dessus nous montre le VIX en données journalières sur un peu moins d’un an glissant.

L’indicateur de sentiment qu’est le VIX est souvent plus précis et plus significatif que les autres indicateurs dont nous venons de parler. Ainsi, en mars, il montrait des signes de faiblesse, nous laissant penser que le marché avait fait un point bas.

Aujourd’hui, le VIX vient de sortir de son biseau descendant par un break out : le VIX se retourne en sortant à la hausse de l’oblique baissière qui coiffait les cours depuis près d’un an.

Et ce dépassement ne s’est pas fait n’importe quel jour. Il a eu lieu le 1er septembre, premier jour du mois boursier, marquant pour beaucoup de gérants la rentrée, au cours d’une journée où nous n’avions pas vu une telle volatilité depuis des mois.

Un signal important : la nervosité est de retour Après avoir subi des volumes anémiques, et alors que nous étions proches de fortes résistances, cette alerte majeure marque une journée fortement directionnelle. Les volumes ont été importants, nous avons eu une forte augmentation de la volatilité : ces signaux doivent être pris au sérieux.

En dépassement de cette oblique descendante, une augmentation de la volatilité, qui accompagne souvent les corrections majeures sur le marché, devrait donc se manifester, avec comme premier objectif l’ancien support horizontal des 37, désormais résistance, qui avait été cassé en avril dernier, puis celui des 44, paraissent raisonnables.

L’indicateur d’anxiété qu’est le VIX est à nouveau au coeur des discussions sur les marchés, et ce n’est sûrement pas anodin. Le risque que la correction se confirme dans les prochains jours est donc important, et nous risquons donc d’entendre parler de plus en plus de volatilité dans les jours et semaines qui viennent.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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