Risque de correction sur le Nikkei : à surveiller de près !

Rédigé le 20 février 2013 par | Apprendre la Bourse, Matières Premières Imprimer

Deux ans se sont écoulés, mais le Japon reste marqué par la catastrophe de Fukushima. L’économie a rebondi début 2012 — puis, au quatrième trimestre, le PIB a connu une régression de l’ordre de 0,1%.

Le Japon, économie exportatrice par excellence, a été malmené par le ralentissement en Europe et aux Etats-Unis. Il ne parvient pas à se sortir d’une lente dépression qui dure depuis plus de 20 ans.

Dans ce contexte, alors que plusieurs plans de relance et d’assouplissement quantitatif avaient déjà été tentés, le nouveau Premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’est lancé depuis décembre dans un plan impressionnant de rachat d’actifs pour relancer l’activité et faire baisser le yen.

Cela s’est fait avec un certain succès : on enregistre une chute très nette du yen depuis cinq mois et un rebond significatif du Nikkei, de l’ordre de 30% — si bien que l’indice japonais a retrouvé des niveaux supérieurs à ses plus hauts de 2011 (notez au passage la très forte corrélation entre la baisse du yen et le rebond du Nikkei).

Cela a toutefois relancé la guerre des monnaies, avec une baisse trop brutale du yen et une hausse trop rapide du Nikkei, comme nous allons le voir. L’indice japonais donne à présent les premiers signes d’essoufflement — alors que la plupart des indices, en particulier américains, approchent de niveaux majeurs de résistance. Le Nikkei pourrait être le premier domino d’une correction et sera donc à surveiller de près dans les prochaines semaines.

Voyons ensemble les enjeux à court terme.

L’euro/yen, élément clé

Graphique de la parité euro/yen

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Le Japon est une économie fortement exportatrice ; les derniers mois ont montré combien l’influence de la devise était importante pour la place tokyoïte.

Par ailleurs, l’euro/yen est une sorte de baromètre mondial du carry trade et de l’aversion au risque. Je me souviens qu’il avait donné des indications intéressantes en 2007. Alors que certains indices se rapprochent peu à peu de leurs plus hauts de 2007, ce sera un élément à suivre.

A court terme, quand on voit le graphique ci-dessus en données 2 jours, on ne peut qu’être frappé par la montée presque verticale de l’euro/yen. Certes, c’est un mouvement probablement impulsif, et haussier, mais il est un peu trop brutal. Il sera certainement corrigé dans les semaines voire les mois qui viennent.

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… il suffit de savoir les détecter !

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Alors que nous arrivons à proximité d’une résistance à 129 sur la parité, l’essoufflement a commencé à se faire sentir sur les cours et les indicateurs mathématiques. Le RSI comme le momentum sont déjà en divergence baissière — c’est-à-dire que les indicateurs ne suivent plus les derniers plus hauts sur les prix. Cela présage d’une correction qui pourrait être significative et aura des conséquences majeures sur l’évolution du Nikkei. Plus globalement, cela pourrait signer un retour de l’aversion au risque sur les indices mondiaux.

Sous les 134, je privilégie un échec contre la zone de résistance des 129 pour viser un retour sur la zone des 111, soit un potentiel de correction de 13%. Ce sera un élément important à suivre dans les semaines qui viennent.

Voyons maintenant plus en détail l’indice japonais, avec un graphique hebdomadaire pour prendre du recul sur l’évolution récente.

Premiers signes d’essoufflement à l’approche des résistances sur la troisième économie mondiale

Graphique de l'indice Nikkei

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Alors qu’il stagnait encore à 8 500 points mi-octobre 2012, le Nikkei a connu une progression fulgurante de plus de 30%, pour se retrouver aux alentours des 11 400 points. Une telle hausse donne le vertige ; elle est clairement à mettre en relation avec la baisse du yen, ce qui explique une certaine surperformance par rapport aux autres indices asiatiques ou aux indices américains et européens ces derniers mois.

Si l’on regarde le graphique, les choses sont claires : cette progression quasi-verticale n’est pas saine, du moins sur le court terme. Elle s’est faite trop brutalement et demande à être corrigée.

Techniquement, les indicateurs mathématiques incitent au minimum à la prudence, à défaut de nous confirmer qu’il est d’ores et déjà temps de vendre. Le surachat est très net sur le RSI présenté ci-dessus. Et si le retournement n’est pas encore confirmé, il est probable qu’un nouveau plus haut à court terme sur l’indice japonais se ferait en divergence baissière et serait le signe d’un excès à cette échelle. Le momentum est d’ailleurs déjà dans cette configuration.

C’est d’autant plus intéressant que nous sommes proches d’une zone de résistance majeure correspondant aux anciens plus bas de mars 2008, à 11 700 points. Juste au-dessus, nous avons une autre résistance horizontale forte à 12 600 points.

Etant donné les signes d’essoufflement récent, ce niveau des 11 700 points devrait toutefois être difficile à passer dans les prochaines semaines et sera à suivre de près pour vendre. Si nous butons contre les 11 700 points, nous pourrions ensuite corriger vers les 10 200 points, voire les 9 000 points à moyen terme. Le test de la zone de résistance dont nous approchons sera donc à surveiller en corrélation avec les grands indices mondiaux, américains et européens.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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