Rien ne sert de courir, il faut partir à point !!

Rédigé le 6 mai 2008 par | Autres indices Imprimer

D’emblée un petit flash-back : il y a huit mois, éclatait ce qui allait devenir la première grosse crise financière mondiale du XXIe siècle (celle des prêts hypothécaires subprimes). Et voici que tout est oublié, et nous sommes repartis comme en quarante ! Depuis le plus bas annuel du 17 mars dernier inscrit sur les principaux indices boursiers, nous avons assisté à un puissant rebond : +15% sur le CAC40 par exemple, qui a ainsi réduit son repli depuis la fin 2007 à seulement -9,7%. Mieux encore, les Etats-Unis, d’où est partie la crise, n’affichent plus qu’un modeste recul de 1,5% sur le Dow Jones 30 et de 3,7% sur le S&P 500. De plus, le mouvement haussier de ces dernières semaines a été accompagné de nombreux commentaires rassurants de la part des gouvernements, banques centrales et analystes. Peut-on en déduire pour autant que le pire de la crise est derrière nous, et que les dépréciations à venir sont d’ores et déjà intégrées dans les cours actuels ?

Nul ne peut le dire avec certitude bien sûr, mais on est en droit de tenter d’analyser la situation avec sang-froid et de chercher notamment des analogies historiques. Celle que beaucoup d’entre vous ont vécu, mais ne s’en souviennent pas forcément (on n’aime pas se remémorer un passé douloureux…), c’est la période 1999-2002. Souvenons-nous : l’incroyable épopée des dot-coms et autres valeurs technologiques avait pris fin, et le marché s’était trouvé dans une longue phase de gueule de bois. Au printemps 2001, il a semblé que la purge était terminée et une vague d’achats à bon compte a fait progresser le marché sur un rythme digne de l’an 2000. Et pourtant, le marché n’a pas réussi à casser réellement la tendance, qui est restée baissière, et l’écroulement a été si violent qu’on peut parler d’une descente aux enfers.

En gros, quand le marché chute sur une période assez longue, les investisseurs (drogués à la hausse pour la plupart) sont fatigués et ont envie que ça monte. Ce désir inconscient des foules finit par produire sa propre réalité ! Les éléments négatifs ne sont vraiment perçus (par accoutumance ?) et la moindre information positive prend une ampleur injustifiée. On s’envole ! Mais la réalité (représentée sur le graphique ci-dessous par la moyenne mobile lourde de 150 séances) est là, et l’enthousiasme des investisseurs se heurte sur ce brise-lame, et la vague recule aussi vite qu’elle est montée.

Or, la configuration actuelle est étrangement similaire au retournement baissier des marchés sur la période 2000-2002. Voyez plutôt par vous-même :

Après avoir marqué son sommet début 2000, en pleine folie sur les valeurs des TMT (télécommunications, médias et technologies) à 1 553 pts, l’indice américain avait entamé un lent déclin, qui s’est transformé en une tendance baissière quelques mois plus tard. La reprise technique qui s’en est suivie a pris fin au contact des 1 317 pts, ce niveau correspondant à la fois au déclenchement de l’accélération baissière, à 50% du mouvement baissier réalisé entre le plus haut historique à 1 553 pts et le plus bas à 1 081 pts. Cette zone majeure a littéralement bloqué la reprise et relancé le courant vendeur, avant d’entraîner l’inscription de nouveaux plus bas annuels…

C’est précisément cette combinaison que nous retrouvons actuellement! Qui a lu l’ouvrage de Weinstein, reconnaît immédiatement que la hausse actuelle n’est pas « saine » et reste très fragile (on est bien loin de la phase 2 d’accélération véritable). Tant que la moyenne mobile n’est pas aplatie, il est illusoire de compter sur un rebond puissant (qui n’est pas impossible, juste peu probable!). Au contraire, une chute sous les 1 250 pts est passablement prévisible.

Souvenez-vous en septembre dernier, quand je vous disais, en dépit de l’optimisme ambiant, que la crise des subprimes n’était pas terminée  et que le pire était à venir. Malheureusement pour les haussiers et heureusement pour les vendeurs à découvert, ma prévision s’est avérée bien juste. Aujourd’hui aussi, bien que je ne sache pas de quoi l’avenir sera fait, je suis tenté de dire qu’on n’a encore rien vu!

Certes, comme je le répète souvent, « comparaison ne vaut pas raison ». Mais avant de se positionner lourdement à l’achat, il est urgent d’attendre ! Et par ailleurs, si la moyenne mobile lourde poursuit son déclin, et les cours ne parviennent pas à se maintenir durablement au-dessus de cette moyenne mobile, mais au contraire repassent en-dessous, cela pourrait être un signal puissant d’un nouveau cycle de baisse. [Ceci dit, même dans un contexte baissier, il est possible d’accumuler des gains très rapidement ! Il suffit de regarder les plus-values engrangées récemment dans le cadre de mon service, @Turbos Trader : +55%, +20%, +24%, +44%, en quelques jours, grâce à des Turbos puts judicieusement sélectionnés… Pour ne pas manquer mes prochains conseils, cliquez ici…]

Pour que je me vois contraint de cesser de jouer les Cassandre, il faudrait une hausse plus lente, plus raisonnable, plus saine, avec donc une moyenne mobile qui s’aplatisse pour former une fondation solide pour la poursuite de la hausse. En attendant, je privilégie le scénario baissier, et appelle les haussiers à la plus grande prudence: on n’est pas obligé de jouer à la baisse, mais pour l’achat, rien ne presse non plus…

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marc-dagher
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