Rhodia : +700% de hausse, et après ?

Rédigé le 25 février 2010 par | Big caps Imprimer

Le parti pris d’aborder l’étude d’une valeur par le biais de l’analyse technique n’interdit pas de s’intéresser aux paradoxes.

Il est par exemple de notoriété publique que le secteur de la chimie est particulièrement vulnérable aux ralentissements conjoncturels qui affectent les marges et les volumes. De Rhodia à Dow Chemical, en passant par Bayer ou BASF aucun de ces groupes n’a été épargné par la crise. Logique si l’on considère qu’ils sont à l’avant-poste de la demande industrielle mondiale. Ils ont donc subi de plein fouet le ralentissement de la demande et ont publié, tout au long de 2009, des résultats en baisse.

En conséquence, il y aurait donc tout lieu de s’alarmer de la stagnation du PIB de l’Allemagne — numéro 1 mondial de la chimie — au quatrième trimestre 2009. De même au sujet des toutes dernières déclarations de Pascal Lamy.

2009 : une année de contraction sévère

Le directeur général de l’OMC, qui s’exprimait devant l’European Policy Center ce mercredi 24 février, reconnaît que le volume du commerce mondial s’est contracté de 12% en 2009, son repli le plus fort depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il ajoute que « cette baisse de 12% est supérieure aux plus récentes prévisions de l’OMC, qui tablait encore début décembre sur un repli de 10%« . Voilà de quoi faire réfléchir ceux qui continuent d’affirmer que l’économie mondiale reprend son élan et s’engage dans une phase d’accélération progressive. Ce discours a été repris et décliné à divers degrés par l’OCDE et par la Fed. Même Barack Obama s’est mis au diapason en faisant l’apologie du plan de relance adopté en février 2009 lors de son dernier discours.

De façon beaucoup plus réaliste, dans certaines grandes banques, de nombreux directeurs de la recherche économique s’interrogent sur le risque d’une rechute de l’activité avec l’arrêt des divers plans de soutien. Pensons par exemple à ceux qui ont dopé artificiellement les secteurs automobile ou immobilier.

Quand la chimie se combine avec l’alchimie chartiste

S’il y a bien un secteur qui apparaît peu sexy, c’est bien celui de la chimie… Mais devinez qui figure pourtant parmi le top 10 des valeurs du SBF120 et dans le top 5 des 100 premières capitalisations françaises ?

Il s’agit de Rhodia. Le chimiste a publié ses comptes annuels et présente un bénéfice net de 28 millions d’euros au T4 2009 contre une perte symétrique de 28 millions l’année dernière. Le bénéfice opérationnel s’établit à 109 millions d’euros contre 14 millions un an auparavant. Par ailleurs, le groupe prévoit de bonnes perspectives pour 2010. Le marché a donc encensé, hier, le titre qui affichait dans les premiers échanges une hausse de 7,3% à 14,05 euros.

Un bémol tout de même concernant cette embellie. Elle est largement imputable à la forte baisse des coûts de matières premières et d’énergie au 1er semestre 2009. Et cela a généré un impact net positif de 92 millions. Le titre retrouve ainsi — de façon un peu miraculeuse — son niveau de rentabilité à son niveau d’avant crise !

Une hausse phénoménale mais la correction n’est pas loin

Rhodia : une hausse phénoménale mais gare à la correction

Les acheteurs qui propulsent maintenant Rhodia au-delà des 14 euros ne peuvent ignorer ces paradoxes. Ils continuent pourtant de payer sans état d’âme, alors que le titre a déjà repris 500% au cours des 12 derniers mois écoulés… et 700% sur ses planchers de la mi-mars 2009.

Et cela ne semble pas encore assez puisque Rhodia vient d’ouvrir ce 24 février un gap au-dessus des 13,47 euros et s’offre un avalement haussier au-delà des 13,8.

Le titre s’attaque à la zone de résistance des 14/14,1 testée du 8 au 21 janvier dernier puis du 2 au 4 février 2010 (qui correspond également au zénith du 2 septembre 2008).

Si un triple sommet se formait à ce niveau, Rhodia pourrait effectivement subir une lourde correction, enfoncer les MM25 et MM50 qui gravitent vers 13 euros, pour venir refermer le gap des 12,43 euros du 16 février.

Mais en cas de franchissement des 14,2 euros — nous serons fixés dès le début de ce mois de mars –, Rhodia pourrait rejoindre les 15,45/15,5 euros testés du 7 mai au 5 juin 2008 puis le palier des 16 euros (zénith d’ouverture du 2 avril 2008).

Faites attention, et bon trade.

*** FLASH Téléphone Rouge

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Rhodia : +700% de hausse, et après ?”

  1. Qu’arrive-t-il au téléphone rouge ? J’espère qu’il va reprendre !

  2. Bonjour,

    Philippe Béchade est en congés cette semaine, jusqu’au 9 mars. le téléphone Rouge n’est donc pas actualisé pendant cette période. Veuillez nous excuser de la gène occasionnée.
    Cordialement

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