La revanche des small caps

Rédigé le 7 février 2012 par | Autres indices Imprimer

Les small caps poursuivent leur marche en avant et surperforment à nouveau les grands indices. Enfin ! Après une année 2011 durant laquelle les small étaient fortement corrélées aux mouvements des blue chips, il semblerait que la dynamique propre aux petites valeurs soit enfin relancée – bien évidemment, il faudra que les prochaines semaines le confirment.

Le 1er février au soir, après la clôture, l’indice CAC 40 affichait une progression de 6,57% depuis le début de l’année ; les indices plus petits font mieux avec des progressions de 10,7% pour le CAC Small et de 11,2% pour le CAC Mid & Small. Des performances vraiment spectaculaires.

 

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Comme me l’expliquait un ami gérant d’une grande banque parisienne (il a voulu rester anonyme pour cause de confidentialité) : « On a fait n’importe quoi sur les small et mid en fin d’année dernière en se débarrassant du compartiment sans discernement. Les performances importaient peu ».

En fait, cela va vous sembler très bizarre à comprendre, mais quand vous êtes gérant, vous devez parfois faire pire que mieux… Je m’explique.

Quand vous êtes gérant et que vous touchez une commission dite de « surperformance », il vaut mieux purger les mauvaises années et se concentrer sur celles qui apparaissent bonnes et qui sont génératrices de commission. Que vous fassiez -20 ou -25% sur les small caps une année, de toute façon, vous êtes condamné à ne rien toucher. Mais plus vous partez bas l’année d’après, plus vous vous êtes débarrassé des valeurs les plus faibles et plus vous avez des chances de bien vous comporter et donc de faire de bonnes performances. Donc, en fin d’année dernière, certains gérants ont préféré afficher de fortes moins-values afin de redémarrer l’année sur des bases beaucoup plus basses. En d’autres termes : vous sacrifiez une année pour tout miser sur la suivante.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les petites et moyennes capitalisations se sont effondrées au deuxième semestre 2011 et qu’elles se comportent mieux maintenant… Mais ce n’est pas la seule raison.

En fait, la récession aux Etats-Unis semble s’éloigner. La conjoncture s’éclaircit un peu, ce qui pousse les investisseurs à se positionner sur les petites et moyennes valeurs cycliques. Et il y en a beaucoup. Elles ont été massacrées l’an dernier. Il est normal qu’elles remontent. Alors vous allez me dire : « Votre argument ne tient pas. L’Europe est en récession avec par exemple la Belgique, jadis un indicateur avancé de la conjoncture, qui vient d’annoncer son entrée en récession ».

Vous avez parfaitement raison, sauf que l’activité industrielle est meilleure qu’attendu finalement en Chine et aux Etats-Unis. C’est assez pour faire remonter des marchés qui n’en demandaient pas tant. Et puis, bien sûr, cerise sur le gâteau, un QE3 est en préparation, c’est-à-dire des injections massives de liquidités*de la part de la Fed et ça, les marchés aiment.

Difficile d’être serein en ce moment quand vous êtes bearish (baissier) ! Car un nouvel élément est de retour : l’appétit pour le risque. C’est ainsi par exemple que l’euro, que l’on disait moribond au point d’aller toucher 1,2624$, vient de reprendre quasiment six figures et s’échange à 1,32$. C’est franchement l’un des indicateurs que vous devez surveiller de très près pour juger de l’évolution future des marchés.

Donc, pour revenir à nos petites valeurs, un mieux conjoncturel ne peut que leur faire du bien. Car n’oubliez pas que l’an dernier, on a pricé (en bon français : on a intégré) le pire. Je ne vous parle pas de la faillite de la Grèce mais bien des craintes de récession américaine et d’atterrissage en catastrophe de l’économie chinoise. Rien de tout cela ne s’est passé et donc les cycliques qualifiées de petites cycliques sont très recherchées. Jugez plutôt quelques belles performances : TRIGANO (FR0005691656), dont je vous parle beaucoup, prend 15,8% depuis le 1er janvier, comme je l’anticipais dès la fin novembre. Un titre comme MANITOU (FR0000038606) prend 38,8%, SEQUANA (FR0000063364) 29%… Vous vous rendez compte de ces performances en un mois ?! C’est gigantesque.

Et en plus, last but not least, il y a eu du volume sur ces dossiers ! Au point que l’on peut affirmer que la hausse n’a pas été faite seulement par les particuliers. Par contre, un conseil : ne rentrez pas sur ces trois dossiers dont le potentiel à court terme semble épuisé. Je vous rappelle que je préfère vous dénicher des valeurs assez décotées comme je l’ai fait en début d’année pour ALTRAN par exemple (qui a gagné 35% depuis que je vous en ai parlé) que de vous faire rentrer sur des dossiers qui ont déjà gagné plus de 25% en un mois… soit 300% en rythme annualisé.

* Décryptage : Liquidité
Indicateur très important pour toute personne souhaitant acheter ou vendre des actions. La liquidité correspond en effet au nombre d’actions échangées au cours d’une séance boursière et ce volume de transactions permet de juger de la facilité d’acheter mais surtout de revendre une action. En règle générale, les grandes valeurs, celles inscrites dans l’indice CAC 40, par exemple, disposent d’une grande liquidité, c’est-à-dire qu’il est facile de passer des ordres d’achat ou de vente. Ce n’est pas du tout la même chose pour les entreprises petites ou moyennes et il est parfois difficile de se défaire d’une dizaine d’actions si, en face, la demande est modeste. Enfin, une entreprise peut augmenter la liquidité de ses actions en faisant entériner par l’assemblée générale des actionnaires une division du nominal. Par exemple, le cours de la société A est de 100 euros. Une division par 10 ramène l’action à 10 euros, ce qui permet à beaucoup plus de personnes d’en acquérir car elles sont moins chères à l’unité.

Première parution dans Small Caps Confidentiel le 02/02/2012.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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