Retraites complémentaires des cadres : confisqué !

Rédigé le 5 avril 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Les épargnants sont inquiets pour leur retraite et ils ont fichtrement raison !

  1. Les Banques centrales les privent de rendement via l’instauration de taux zéro ou négatif alors que le risque de défaut – non rémunéré – augmente de jour en jour. Le Grexit semble imminent, le Portugal est en très mauvaise posture, l’Italie sur la corde raide avec ses banques…
  2. Voilà que les épargnants découvrent, et cette fois de façon précise, quelle part de l’argent mis de côté via les régimes complémentaires va leur être confisqué le plus légalement du monde, dans le but réaliser 6 Mds€ d’économie afin de sauver le système !

Retraites complémentaires des cadres. Allez hop, confisqué ! (à hauteur de 14 à 15%)

La dure réalité, c’est qu’un cadre de 62 ans prenant sa retraite en 2022, après avoir cotisé 42 ans au régime de base de l’Agirc (ce sera 43 ans pour la génération 1990), perdra entre 14 et 15% de sa pension complémentaire par rapport aux calculs initiaux jusqu’à l’âge de 65 ans.

Un système de bonus-malus mis au point par le Medef et cosigné par quatre autres organisations syndicales a instauré un système de bonus-malus avec d’un côté une moindre revalorisation des retraites pour les cadres cessant leur activité à l’âge minimum légal et au plafond de leurs cotisations.

La retraite complémentaire se trouverait amputée de 10% la première année de versement des pensions, mais également de 10% lors de la seconde et éventuellement lors de la troisième.

Impossible donc d’obtenir une retraite à taux plein avant 65 ans même en ayant atteint le plafond de ses droits à 62 (âge minimum).

En acceptant de travailler 4 trimestres de plus, le malus serait annulé, en travaillant 8 trimestres de plus, le cotisant serait crédité d’un bonus de 10% et même de 20% pour 12 trimestres supplémentaires.

Sur le papier, le choix de prolonger son activité semble payant… sauf qu’il faut bénéficier du privilège d’avoir encore une activité salariée à 62, 63, 64 ans, etc.

Et malheureusement, 58% seulement des épargnants français (et seulement 47 ans pour les femmes) de la tranche 55 à 64 ans ont encore un travail (dont 73% avant 59 ans, moins de 25% entre 60 et 64 ans).

Alors « prolonger sa carrière » n’a de sens que pour ceux qui… ont encore une carrière !

Sans parler de ceux qui avaient un statut de cadre et qui l’ont perdu suite à un licenciement (passé 50 ans, c’est très fréquent) et qui se retrouvent contraints d’accepter un boulot de salarié mal rémunéré, ou se mettre à leur compte (adieu l’abondement à la complémentaire cadre).

Cela ne fait que renforcer la nécessité de se constituer sa propre retraite complémentaire, en s’assurant de ne pas s’exposer à l’éclatement d’une bulle obligataire ou d’une débâcle boursière.

La robustesse des prix de l’immobilier (recherche de revenus locatifs), le succès des SICAV actions à capital garanti et le rebond de l’or reflètent à l’évidence la prise de conscience d’un besoin impérieux de diversification.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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