Restez à l’écart des bancaires

Rédigé le 2 février 2016 par | Big caps, Cac 40, Toutes les analyses Imprimer

Parmi les secteurs qui avaient les faveurs des gérants fin 2015, il y avait la distribution (le consommateur est de retour et il ne sait plus où donner de la Carte Bleue parait-il) et les banques… Tellement en retard, et tellement décotées, les Banques ! Il était même question de niveaux de valorisation aberrants sur Crédit Agricole (avec un rendement voisin de 7%)  et sur BNP-Paribas qui avait un PER pour 2016 inférieur à 7 fois les bénéfices anticipés.

Les valeurs bancaires offraient déjà, fin 2015, les rendements les plus élevés au sein du CAC40 (6% en moyenne) mais cela ne leur vaut aucun traitement de faveur, bien au contraire : parmi les 3 plus fortes baisses du CAC40 sur 1 mois ou 3 mois, on retrouve 2 banques.

Sur les 5 plus mauvaises performances (toujours sur 1 et 3 mois), il y a les 3 banques inscrites au sein du CAC40.

Alors que l’indice a repris 5% sur son plancher annuel, la Sté Générale (FR0000130809) inscrit un nouveau plus bas annuel à 33,21€  soit -22% depuis le 1er janvier.

BNP-Paribas (FR0000131104) suit de près avec -20% à 41,65€ et le Crédit Agricole (FR0000045072) lâche -19% à 8,81€… ex-aequo avec Natixis (-19% également mais qui perd -5% ce mardi et semble bien parti pour un -21% annuel d’ici ce soir).

Et ces scores apparaissent encore bénins à côté de ceux des banques italiennes qui chutent entre -25% et -52% (pour BMPS) au cours des 5 dernières semaines.

Voilà qui nous renvoie au scénario de début 2008 de sinistre mémoire.

Sauf qu’étrangement, les discours des professionnels restent le plus souvent favorables concernant les banques françaises. Mais si ce ne sont pas eux qui vendent, alors qui s’en charge… et sur la base de quelles anticipations ?

C’est bien cette dernière interrogation qui devrait vous conduire à vous méfier du secteur : les mauvaises dettes de 2007/2008 n’ont pas disparu… Elles continuaient simplement de pourrir à l’abris des regards pendant que les banques centrales hypnotisaient les marchés avec leurs QE.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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