Remy Cointreau, seule entreprise à publier ses résultats en ce moment

Rédigé le 19 juin 2015 par | Big caps, Toutes les analyses Imprimer

L’acteur incontournable du marché des spiritueux Remy Cointreau (FR0000130395) est l’une des rares entreprises française d’envergure à avoir fait le choix de l’exercice décalé : le sien se déroule ainsi du 1er avril au 31 mars.

Du coup, la publication des résultats annuels du groupe met en lumière la société, qui est la seule valeur d’envergure à publier ses résultats au mois de juin, et donc aussi la seule à publier ses résultats mercredi dernier. On peut y voir une bonne stratégie car sur les exercices calendaires classiques, les sociétés se bousculent pour publier leurs résultats. En février, lors de la publication des résultats annuels des grands groupes, il n’est pas rare d’avoir près de trois réunions de présentation dans une même matinée. Il y a ainsi une évidente déperdition d’informations…

De très bons résultats…

Mais revenons aux résultats annuels de Remy Cointreau. Ils sont bons.

Certes, le chiffre d’affaires du spécialiste des spiritueux a progressé de seulement 0,6% en organique pour atteindre 965,1 M€. Mais le ROC a progressé de 13,5% à 156 M€, permettant ainsi à la marge opérationnelle de bondir de 160 points à 16,2%. Il faut savoir que gagner 1,6% de rentabilité sur un exercice est une sacrée performance.

Le groupe doit ces bons résultats à une politique optimisation des investissements marketing et au recul de ses frais administratifs. Mais cette amélioration est également due à une stratégie de montée en gamme et d’internationalisation des marques de la division liqueurs et spiritueux. Cette montée en gamme devrait se poursuivre sur l’exercice en cours, ce qui pousse le groupe à indiquer qu’il enregistrera une hausse de son résultat opérationnel courant sur l’exercice 2015-16. En effet, la direction du groupe voudrait faire passer en cinq ans, de 45% à 65% la part de ses alcools valant plus de 50 € la bouteille.

… Sur lesquels pèse néanmoins une hausse de l’endettement

Le seul bémol sur cette belle publication concerne une augmentation de 12,8% de la dette nette, passant ainsi à 466,6 M€. Le fameux ratio dette nette/Ebitda, scruté à la loupe par les agences de notation, se dégrade et passe ainsi de 2,09 à 2,64. Mais c’est largement soutenable… Remy Cointreau a dégagé sur l’ensemble de l’exercice un résultat net de 94,6 M€, en hausse de 18%. D’ailleurs, la société a décidé de distribuer un dividende de 1,53 € au titre de l’exercice contre 1,27 € sur l’exercice précédent. Dites-vous bien que si la situation financière était risquée, le groupe n’aurait pas pris le risque d’augmenter de la sorte son dividende.

L’annonce des résultats a été bien perçue par les investisseurs avec un bond, mercredi après publications des chiffres annuels, autour des 3% en clôture. L’action surperforme largement le CAC 40 avec une progression de plus de 20% depuis le 1er janvier.

cours remy cointrau FR0000130395 19 juin 2015

Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que la valeur est chère, très chère même… Elle se paye sur un PER de 35 avec une Ve/Ebit de l’ordre de 20. Le titre est ainsi 15% plus cher que la moyenne du secteur, ce qui est beaucoup.

L’ombre de Pernod Ricard

Il faut donc attendre une consolidation pour revenir sur le titre, à moins que le marché joue Remy Cointreau à la place de Pernod Ricard (FR0000120693).

Les investisseurs avaient été très déçus au début du mois de juin lors de la présentation des objectifs de moyen terme de Pernod Ricard. Pour rappel, les guidances du groupe étaient les suivantes : une hausse du chiffre d’affaires (en organique) et du résultat opérationnel de 4% à 5%, des objectifs qui n’avaient pas satisfait. Depuis, Pernod Ricard a perdu plus de 10%. Il est possible que certains investisseurs soient long en Remy Cointreau et short en Pernod Ricard, selon la fameuse stratégie long-short adoptée par de nombreux gérants.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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