Remaniement du CAC-PME : du grand n’importe quoi !

Rédigé le 28 mars 2014 par | Analyses indices, Autres indices, Mid et Small Caps Imprimer

Je vous ai parlé récemment des ratés du CAC-PME et des absurdités du PEA-PME, avec notamment le critère de la capitalisation boursière qui n’avait pas été pris en compte – alors que nous parlons d’un produit boursier. J’avais d’ailleurs poussé un bon coup de g… sur BFM Business à la mi-mars.

Si vous vous rappelez bien, je m’étonnais par exemple de voir figurer dans l’indice des valeurs comme Remy Cointreau, Ingenico et Eutelsat qui, de par leur taille, n’avaient rien à faire dans cet indice. Je regrettais également la part trop importante faite aux biotechnologiques dans l’indice, puisqu’elles sont pondérées à plus de 20%.

Mais je ne savais pas que le pire était à venir…

On vient en effet d’apprendre qu’un mois à peine après sa création, le CAC-PME allait déjà être remanié ! Pourquoi ? Parce que les grands penseurs qui ont mis en place cet indice ont réalisé que, décidément, certaines valeurs n’y avaient pas leur place.

Du coup, changement de règles : les critères d’éligibilité (compter moins de 5 000 salariés, réaliser un chiffre d’affaires inférieur à 1,5 milliard d’euros ou avoir un bilan de moins de 2 milliards d’euros) doivent s’appliquer non pas à la société cotée… mais à l’ensemble du groupe.

Donc, exit Canal Plus, détenu par Vivendi. De même, exit Remy Cointreau, détenu par un holding qui a près de quarante filiales. Ajoutons des sociétés comme Albioma ou M6 qui vont devoir quitter l’indice. Remarquez, pour le coup, c’est logique… Mais avouez que ca fait un peu désordre…

Au total, ce sont au moins dix sociétés qui vont devoir quitter l’indice.

Autre élément absurde : les services de Pierre Moscovici (puisque cette brillante idée vient de Bercy), qu’on a connu plus inspirés, expliquent que c’est aux entreprises elles-mêmes de déclarer à Euronext si elles sont ou non éligibles au PEA-PME ! D’ici qu’une entreprise se trompe, que vous l’intégriez à votre PEA-PME et que finalement non, elle soit retoquée hors de l’enveloppe et hop, vous serez taxé ! Chaque jour, nous lisons donc  des communiqués de sociétés prouvant leur éligibilité.

A l’heure actuelle, nous n’avons pas encore la nouvelle liste du CAC-PME (vous pouvez voir l’ancienne ici), ni la liste des entreprises éligibles au PEA-PME.

J’ai vraiment l’impression d’être tombé en Absurdie-Amateurie. C’est contre-productif et cela ne sert évidemment pas les intérêts de nos PME françaises d’agir avec autant de désinvolture. La réflexion doit précéder l’action, messieurs les gouvernants…

NB : coulisses d’entreprises, rumeurs, analyses, interviews et surtout, recommandations boursières sur des petites et moyennes valeurs… Retrouvez toutes les stratégies d’investissement d’Eric Lewin sur les midcaps dans Mes Valeurs de Croissance.

 

Mots clé : -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Laissez un commentaire