Regain de pessimisme de Bruxelles sur la croissance dans l’eurozone

Rédigé le 12 juillet 2018 par | Statistiques et données macro Imprimer

Drapeau de l'Europe2,1%. Telle est la nouvelle prévision de croissance de la Commission européenne pour cette année dans l’UE.

Elle tablait officiellement sur 2,3% depuis le 3 mai dernier, mais nul n’objectera que l’horizon général s’est assombri depuis deux mois.

Entretemps, le protectionnisme zélé que défend Donald Trump avec son ardeur caractéristique s’est en effet voulu plus concret. Plus précis. Plus menaçant donc. Aux rafales de déclarations et de tweets tapageurs (il ne les a pas abandonnés pour autant) ont succédé de premières mesures fortes, de nouvelles taxes douanières sur l’acier et l’aluminium européens qui sont entrées en vigueur début juin, et on voit mal le très manichéen président américain s’en contenter.

Figurent également dans son viseur, on le sait, les constructeurs automobiles, l’idée de la Maison-Blanche étant de faire place nette aux General Motors et autres Ford sur le territoire américain.

Le FMI et la Commission européenne sur la même ligne

Les experts ratiocinent et se perdent en conjectures quant aux répercussions réelles de cette guerre commerciale qui douche l’enthousiasme des investisseurs avec une régularité de métronome, même si les Cassandre de la correction boursière mondiale continuent pour l’instant de ronger leur frein. Jusqu’où ira-t-elle ? Quels seront les secteurs les plus durement touchés ?

« Nous prévoyons une expansion continue en 2018 et 2019, bien qu’une nouvelle escalade des mesures protectionnistes constitue un risque clair à la baisse. Les guerres commerciales ne produisent pas de gagnants, seulement des dégâts », a en tous les cas alerté  le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici, soit presque au mot près les termes récemment employés par le FMI que dirige sa compatriote Christine Lagarde.

Comme le sang appelle généralement le sang, et parce que cette UE désormais méprisée voire ignorée par les Etats-Unis ne peut s’offrir le luxe de tendre l’autre joue, Bruxelles a déjà ciblé des produits typiquement américains comme le beurre de cacahuètes et les motos de l’illustre constructeur Harley-Davidson, dont la volonté de poursuivre la délocalisation de sa production a rendu Washington pourpre de colère à la fin du mois de juin.

Allemagne, Italie, Royaume-Uni… L’Europe en doute sur trois fronts

Dans l’immédiat, le principal exportateur de l’UE commence à se ronger les ongles. Les derniers indicateurs en provenance d’Allemagne attestent effectivement d’inquiétudes grandissantes dans les milieux financiers autorisés. A l’image de leur équipe nationale de football, nos voisins d’outre-Rhin commenceraient-ils à s’essouffler ? La Commission européenne semble le penser, elle pour qui la croissance de la première économie de l’eurozone n’atteindra que 1,9% cette année et en 2019, contre respectivement 2,3 et 2,1% estimés au printemps.

La situation politique en Italie, avec ce gouvernement de contraires qui a fait du repli sur soi son cheval de bataille, et les difficiles négociations sur la sortie du Royaume-ni de l’UE pourraient aussi finir par attenter au dynamisme économique du Vieux Continent.

Un Vieux Continent dont la croissance reste néanmoins attendue à 2% l’an prochain. Pour le moment…

Trump au sujet de l’Otan : les Européens doivent payer… et ils vont payer

Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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