Nada Vai (rien ne va plus) au Brésil !

Rédigé le 25 septembre 2015 par | Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Rien ne va plus pour le real brésilien. La devise brésilienne ne cesse d’enfoncer ses plus bas historiques. Il faut désormais plus de 4 reals pour un dollar, ce qui fait une dépréciation de près de 35% de la devise brésilienne depuis le début de l’année.

cours du real par rapport au dollar spt 2015

Et les mesures pour tenter de soutenir la devise restent assez faibles alors que pourtant le pays dispose de 370 Mds$ de réserves de change. Comment expliquer une telle dépréciation de la monnaie par les cambistes ? C’est que le plus grand pays d’Amérique Latine souffre à présent de mille maux.

Le pays est entré en récession au deuxième trimestre et ses perspectives économiques demeurent bien moroses : le gouvernement table à présent sur un recul de 2,44% du PIB cette année, nettement supérieur aux prévisions les plus alarmistes des analystes. Pour ne rien arranger, l’agence de notation Standard and Poor’s a décidé de dégrader la note de la dette souveraine du pays dans la catégorie spéculative, qui est ainsi passée de BBB à BB+, l’échelon le plus élevé de la catégorie des dettes jugées spéculatives, on peut donc compter sur un renchérissement mécanique du coût du crédit pour le pays. Difficile de toute façon de ne pas abaisser la note de la dette alors que l’inflation approche les 10% et que le chômage touche maintenant 7,5% de la population active.

De plus, la situation budgétaire reste délicate. Le pays prévoit un déficit primaire (hors charge de la dette) de 0,5% en 2016.  Le problème est également politique avec une Dilma Rousseff très critiqué et qui doit faire face à une fronde des députés, prêt à défier la présidente.  Les parlementaires ont par exemple rejeté une proposition de la présidence de taxer les transactions financières. Le torchon brûle et certains experts se disent que le bras de fer est bel et bien engagé, faisant craindre une nette détérioration des finances publiques.

Pour couronner le tout, le trésorier du parti de la présidente brésilienne a été condamné à quinze ans de prison pour corruption dans le cadre du scandale Petrobras – mêlant pots de vins et blanchiment d’argent – qui n’en finit plus de diviser le pays. Une cinquantaine d’élus sont en plus dans le collimateur de la justice, ce qui vous en conviendrez crée un climat délétère dans le pays.

La Bourse brésilienne accuse le coup et perd plus de 7% depuis le début de l’année. Et que dire des sociétés françaises présentes dans le pays. Elles sont littéralement massacrées avec des replis de 36% pour Edenred (FR0010908533)  depuis le début de l’année et de 38% pour Casino (FR0000125585).

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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