Qui veut encore de l’euro ? Enjeux et stratégie pour en profiter !

Rédigé le 31 mai 2012 par | Matières Premières Imprimer

REPONDEZ A L’APPEL DU 22 JUIN !

IL VOUS RESTE 20 JOURS POUR VOUS INSCRIRE ET PREPARER VOTRE RESISTANCE PATRIMOINIALE : l’APPEL DU 22 JUIN 

Chute des actions, des obligations, de l’or…
Menace d’éclatement de la zone euro…
Nouvelle donne politique et fiscale en France…

Organisez votre résistance financière !

L’Europe, coincée entre ceux qui « inventent » la croissance à partir de dette, et ceux qui la condamnent par la rigueur, se retrouve complètement paralysée, incapable de prendre en main son destin.

Pendant ce temps : l’eurodollar poursuit sa chute vertigineuse en quasi-ligne droite depuis fin avril.

Euro-obligations, couple franco-allemand à la dérive… petit tour des enjeux et surtout des opportunités. Avec en prime mon plan d’attaque pour les prochains jours.

Les euro-obligations, la fausse bonne idée

François Hollande n’a de cesse de défendre les obligations européennes. Le principe est simple : en émettant des bonds communs à tous les pays de la zone, les taux d’intérêt deviennent les mêmes pour la Grèce comme pour l’Allemagne, facilitant ainsi le refinancement des pays en difficulté.

Ce serait oublier que c’est exactement ce mécanisme qui a amené la Grèce dans la situation où elle se trouve aujourd’hui. A défaut d’euro-bonds ou autres gadgets, l’entrée d’un pays dans la zone euro lui permettait encore, il y a quelques années, de voir ses coûts d’emprunts baisser instantanément sur les marchés, profitant de la bonne santé « théorique » de ses partenaires.

Graphique: taux 10 ans allemands et grecs

Mais, en 2009, les choses se sont gâtées avec l’arrivée de la crise des subprime mais surtout de liquidités. Ces dernières semaines, et malgré le répit apporté par les LTRO et autres subventions, le problème reste entier. La Grèce ne pourra pas faire face à ses échéances. Faire croire que les euro-bonds peuvent être une solution est une imposture. C’est ce même phénomène qui a poussé la Grèce à se ruiner.

France-Italie, un couple adultère !

Il semblerait bien que le couple franco-allemand rencontre une passe difficile. Et notre président « normal » est très attiré par Mario Monti qui s’est publiquement félicité de la position du président français.

  • Les deux hommes se comprennent.
    L’un est à la tête d’un pays qui ne l’a pas choisi, et le second est devenu président sans un élan populaire derrière lui.
  • Les deux hommes ont le même problème.
    Comment éviter à deux grands pays fondateurs de l’Europe de tomber de leur piédestal sans perdre la face ?
  • Mais les marges de manoeuvre sont différentes !

Si Monti a pu imposer des réformes légitimes en raison d’une prise de conscience collective et violente de la population italienne au bord du gouffre, il n’en est pas de même pour François Hollande.

La France entre dans l’Europe du Sud

Ce dernier a justement été élu en donnant l’illusion que tout pouvait continuer comme avant ou presque… et là, son habileté politique va être mise à rude épreuve car les marchés financiers ne vont pas faire dans la dentelle. L’idylle franco-italienne ressemble fortement à une alliance de mauvais payeurs…
Le rapprochement des deux dirigeants signale un changement de positionnement net de la France : elle est officiellement du côté des pays en difficulté ! On aurait sans doute pu rêver d’un message un peu plus rassurant pour une première sortie de M. Hollande.

L’Allemagne, en difficulté politique…

En Allemagne, si le torchon brûle avec le nouveau président français, c’est également le cas avec l’Italie et même avec le président de la BCE qui est en guerre ouverte avec Jens Weidmann, de la Bundesbank.
Entre la nomination contestée de Wolfgang Schäuble à la tête de l’Eurogroupe, les tensions entre le président de la Bundesbank et Mario Draghi au comité de la BCE et la grogne au sein de son propre pays, Angela Merkel doit donc plus que jamais être sur tous les fronts pour conserver son autorité, jusqu’ici incontestée en zone euro.

Et inquiète sur le plan économique !

Sur le plan économique les dernières statistiques outre-Rhin ne sont pas reluisantes, apportant de l’eau au moulin de ceux qui défendent la croissance.

Graphique: Indice flash PMI Manufacturing

Ce jeudi, l’indice IFO est en dessous des attentes à 106,9 points, niveau le plus bas depuis novembre 2011. Un peu plus tôt, l’indice manufacturier PMI (graphique ci-dessus) affichait lui aussi un recul à 45,9 points, cinquième baisse consécutive et plus-bas depuis… juillet 2009 !

Résumons !

D’un côté, le clan de la Croissance
France, Italie et consorts prononcent si souvent le mot, que l’on pourrait imaginer que personne n’y avait pensé avant eux. Leur problème ? La croissance ne se décrète pas, elle se construit.

Elle se construit par l’attrait des investisseurs, des réformes sur la compétitivité ou encore la réduction des déficits. Eux préfèrent parler investissement publics, euro-bonds. Bref, endettement.

En face, le clan de l’Austérité
Si l’orthodoxie budgétaire est salutaire, elle n’en demeure pas moins un danger pour ladite croissance quand elle est de retour timidement. Le Royaume-Uni, chantre de la rigueur, voit sa croissance menacée. En clair, l’Europe, coincée entre ceux qui « inventent » la croissance à partir de dette, et ceux qui la condamne par la rigueur, se retrouve complètement paralysée, incapable de prendre en main son destin.

L’Europe tourne en rond… l’horloge aussi…

A défaut de solution, le principal talent de la zone euro aidée par la BCE depuis ce début de crise est d’avoir gagné du temps. Toutefois, gagner du temps ne sert à rien, quand on le gaspille. Et après l’épisode électoral français, nous voilà reparti dans le défilé des sommets européens et mondiaux.
Voilà donc les marchés qui se prennent au jeu amusant du sommet de la énième dernière chance. Voici en exclusivité, pour vous cher lecteur, ce qui va se passer après ce sommet…

LTRO et guerre des monnaies

La BCE va de nouveau organiser une opération LTRO afin de réinjecter des liquidités dans un marché toujours grippé. Le bank run menace la Grèce et l’Espagne chaque jour un peu plus et des dizaines d’établissements financiers sont aux abois.

Dans le même temps, on peut s’attendre à une action coordonnée des plus grandes banques centrales. La banque du Japon, de Suisse, d’Angleterre et même la Fed ont un intérêt commun : garder un euro assez fort pour conserver l’avantage dans la course aux exportations.

Il y a donc fort à parier que, chaque jour, nous approche d’une action massive visant à faire baisser le yen, le franc suisse et par effet d’aubaine le dollar et la livre face à l’euro. Jusqu’à quand ? Nul ne le sait. Sans doute quand la Grèce fera défaut pour de bon. A moins qu’une dégradation surprise ne vienne prendre tout le monde de court… la France par exemple ? En attendant les spéculateurs se tiennent prêts.

L’euro attaqué

La devise européenne est passée en moins d’un mois de 1,3250 à 1,2440 hier matin, soit une baisse de 6,10%. Elle est désormais sous les niveaux de l’été 2010, alors que les places financières voyaient rouges.

Une autre information intéressante est celle donnée par le commitments of traders, publié par la CFTC qui régule le marché des futures et qui révèle le positionnement des plus gros investisseurs.

Tableau: commitments of traders

Regardez l’illustration graphique de ce rapport depuis 2011.

Les spéculateurs sont agressivement positionnés à la baisse sur l’euro. Ces niveaux vont sans doute encore progresser.

EURUSD : en route vers les 1,21 ?

Techniquement, le support franc à 1,25$, qui avait été propice au rebond en mars 2009 et mai 2010, n’a pas tenu sur l’EURUSD.

Graphique: EURUSD

Désormais, sans exclure un léger rebond, nous nous dirigeons donc tout droit sur les 1,21. Après avoir enchaîné les gains avec FxProfitTrader (notre portefeuille eurodollar a progressé de +7,32% en mai) grâce au retour de la volatilité, les opportunités se multiplient pour ceux qui savent être patients, rigoureux et méthodiques : découvrez FxProfitTrader dès aujourd’hui…

Mon plan d’attaque est donc simple pour les prochains jours. Je suis vendeur de l’euro tant que les 1,2880 ne sont pas dépassés. Vous pouvez vendre la paire sur les petits rebonds, et viser les 1,2350 puis les 1,21.

Première parution dans L’Edito Matières Premières le 25/05/2012.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

2 commentaires pour “Qui veut encore de l’euro ? Enjeux et stratégie pour en profiter !”

  1. […] Il faut toujours se méfier des excès en intraday sur un marché comme celui des devises. Nombre de chartistes parmi les plus prudents estime même que deux ou trois séances d’oscillations en-dessous des supports moyen terme ne suffisent pas à valider un signal baissier. Mieux vaut lire les graphiques en unité de temps hebdomadaire pour formuler un diagnostic directionnel solide sur l’euro/dollar à moyen terme. Or, aujourd’hui, quelle que soit l’échelle de temps retenue, le verdict est désormais sans appel : l’euro pulvérise ses plus-bas et s’enfonce irrémédiablement sous les 1,25. Jérôme Revillier vous en fait une parfaite analyse jeudi dernier. […]

  2. […] reprendre pour atteindre un objectif à 1,2770 qui constitue le retracement à 50% de cette baisse. Nous avions donc atteint nos objectifs de baisse il y a 15 jours sur la vente de l’EURUSD, et maintenant, une correction à la hausse se met en […]

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