Qui tire le marché à la hausse ?

Rédigé le 29 février 2012 par | Big caps Imprimer

Mettez ces 5 biotechs dans votre PEA !

Découvrez avant tout le monde les nouveautés technologiques qui pourraient inonder le marché dans les années à venir ! Le dossier complet est ici.

 

Pour la seconde semaine consécutive, les petites et moyennes valeurs ont fait moins bien que le CAC 40. Pourtant, février avait bien commencé pour nos petites stars. Mais la semaine passée, le CAC 40 a gagné 0,8% quand le CAC Small a perdu -0,8% et l’indice CAC Mid & Small -0,6%. Mais les deux indices petites et moyennes valeurs conservent tout de même une progression de plus de 14% depuis le 1er janvier contre simplement 9,7% pour le grand indice parisien. Les small caps ont donc toujours la forme.

On sent quand même depuis quelques jours qu’il manque un catalyseur pour les actions françaises. Certes, la crise grecque est en passe d’être « réglée » (du moins, on a encore gagné du temps). Certes, l’Italie et l’Espagne réussissent à se financer à des taux bien inférieurs à l’an dernier. Certes, l’euro retrouve un statut un peu plus convenable et se retrouve autour des 1,3460$, preuve sans doute que l’aversion au risque diminue.

Mais il y a encore bien des points de tension : le baril de pétrole se retrouve à son plus-haut niveau depuis mai 2011 ; les prévisions de la croissance européenne sont revues à la baisse, de même que celles des entreprises françaises qui ont été moins souveraines en termes de résultats avec des déceptions marquées sur VALLOUREC ou SEB.

Qui tire le marché à la hausse ?
Il est logique que le marché ait besoin de souffler. Mes contacts gérants de fonds sont toujours optimistes. Mais est-ce bien justifié vue la progression des indices depuis le début de l’année ? A 3 450, le potentiel de progression du CAC 40 est pour moi désormais très limité : nous sommes sur les niveaux que j’avais anticipés pour ce début d’année. Pourquoi un tel optimisme de la part des gérants ? Je crains bien qu’il ne soit que de façade.

Beaucoup de gérants de portefeuille n’ont absolument pas vu la remontée entre 2 950 et 3 400 points sur le CAC. Ils n’y croyaient pas, préféraient vendre les small comme je vous l’expliquais alors. Ils ont donc raté le début de la hausse. Aujourd’hui, ils ne peuvent rester absents du mouvement de reprise et ont des pressions pour se repositionner sur le marché, même à ces niveaux.

Je m’explique. Lorsque vous gérez un fonds, votre souci est de faire mieux que votre indice de référence – ou au moins de tenter d’approcher ses performances. Ce qui veut dire également que vous ne pouvez pas être à l’écart du marché trop longtemps. Le CAC 40 a gagné 9,7% depuis le 1er janvier. Supposons que vous n’avez, de votre côté, gagné que 4% ; vous avez alors un déficit de près de 6%. Les compagnies d’assurance, conseillers en gestion de patrimoine ou même les particuliers qui vous ont confié leur argent peuvent légitimement se poser des questions si votre sous-performance perdure. Votre chef vient vous voir pour vous demander des explications.

Quelle est donc la solution qui s’offre à vous ? Entrer sur le marché et acheter des actions pour ne pas risquer de laisser passer la hausse. Car dans ce milieu, la sanction tombe très vite… Vous faites six mois de contre-performance… et l’on vous informe un lundi matin au café que vous devez racheter 15% de votre fonds de 500 millions d’euros (soit 75 millions d’euros) car un institutionnel, lassé de vos performances, préfère placer l’épargne collectée dans une autre société de gestion. Je vous assure que cela fait désordre et que votre chef n’apprécie pas. Dans ce milieu, il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul sur les marchés…

C’est pour cela qu’on assiste en ce moment à des hausses sans véritable consolidation. Les gérants en retard achètent tous les dossiers. Et le phénomène est le même bien sûr dans le monde des small caps – sauf peut-être dans certains fonds de private equity qui investissent donc dans le non-coté car là les gérants n’ont pas réellement de benchmark et la logique n’est pas la même. De plus, il y a souvent des déductions fiscales très importantes qui atténuent les vagues de rachat.

Que faut-il retenir de la semaine sur les small caps ?
Une grosse déception sur TOUPARGEL (FR0000039240) qui a réduit drastiquement son dividende* (de 1 euro en 2010 à 0,40 euro en 2011). En cause, des résultats plus que médiocres pour le spécialiste des surgelés, qui n’offre plus qu’un rendement de 3,8% contre plus de 10% l’an dernier. TOUPARGEL n’a perdu que 2,2% suite à cette annonce. Mais c’est seulement parce que le flottant de la société est très faible, pas plus de 12%. Il n’y a donc pas de grands flux vendeurs.

Pour moi, l’intérêt du dossier reste extrêmement limité et me conduit encore une fois à vous rappeler que le rendement ne doit pas être seul critère d’achat, mais venir comme une cerise sur le gâteau.

D’autre part HUBWOO (FR0004052561) a lancé une énième augmentation de capital… comme tous les ans… Pauvres actionnaires qui n’ont cessé d’être dilués et ont perdu 80,7% en cinq ans. Ce matin, le titre dévisse encore de 10%…

* Décryptage : Dividende
Le dividende correspond au versement d’argent que peut recevoir chaque détenteur d’actions d’une entreprise. Le montant du dividende, identique pour chaque action détenue, est prélevé sur le bénéfice net ou sur les réserves de la société. Une entreprise, passagèrement en difficulté, peut décider de maintenir le dividende ou de le passer. En tout état de cause, le versement n’est pas automatique et relève d’une décision de l’assemblée générale des actionnaires. Il peut arriver que la direction propose de verser le dividende à la fois en numéraire (en argent) ou bien en actions, ce qui lui évite de débourser des montants souvent importants. Mais les actionnaires sont de plus en plus réticents à cette formule et préfèrent toucher de l’argent.

Première parution dans Small Caps Confidentiel le 27/02/2012.

Mots clé : -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Laissez un commentaire