Qui parie que la Fed fera flamber un S&P 500 déjà au plus haut ?

Rédigé le 24 août 2012 par | Autres indices Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Cela n’a pas pu vous échapper, l’événement a fait la une de tous les médias US et de tous les networks couvrant l’évolution des marchés financiers : le S&P 500 a retrouvé, le 21 août à 16h41 très précises, ses meilleurs niveaux du 19 mai 2008, soit 1 426,7 points.

SPX Index

Le record annuel de clôture du 2 avril (1 419 points) a été égalé (pas battu). Mais avec un VIX sous le plancher historique des 15% depuis une semaine, les opérateurs parient que les indices US auront très bientôt une nouvelle chance.

C’est la Fed qui pourrait la leur fournir le 31 août prochain lors du meeting annuel de Jackson Hole : Wall Street a pris l’habitude de voir ses désirs devenir des réalités – comme en août 2010, lorsque Ben Bernanke avait promis à mots à peine couverts la mise en place d’un quantitative easing massif qui fit grimper les indices US de +33% entre fin août 2010 à mi-février 2011.

Avec un modeste effet de levier de 3 sur les marchés dérivés, nombre d’opérateurs ont engrangé du +100% en moins de six mois – du 150% avec un levier plus classique de 5 – et gardent un souvenir ému de cette période bénie. [Ndlr : eh oui, les leviers vous permettent de démultiplier les performances des marchés. Sébastien Duhamel utilise un levier de 7 pour jouer des scénarios très courts et très précis sur les actions, ce qui lui a permis de rapporter dernièrement des gains de +55,49%, +71,43%, +53,33% ou encore +75,25% en quelques séances. Profitez vous aussi de ses analyses.]

Comment leur en vouloir d’espérer revivre un tel Nirvana boursier ?

Les dernières minutes de la Fed publiées ce mercredi 22 août révèlent qu’un « nombre significatif » (comprenez la majorité) des collègues de Ben Bernanke se montre plus ouvert que le marché ne le supposait à de nouvelles mesures de soutien monétaires non conventionnelles à l’économie si la conjoncture US s’essoufflait au cours des prochains mois – pour cause de poursuite de la récession en Europe, est-il précisé. Certains membres de la Fed s’y montrent évidemment farouchement opposés, au motif que cela ne relance ni l’économie, ni l’emploi mais seulement l’inflation et les bulles d’actifs. Mais Ben Bernanke a toujours passé outre ce genre d’objections et n’est pas du genre à décevoir Wall Street, ni à oeuvrer en faveur d’un dollar fort quand les exportations US patinent. Or le S&P 500 n’a pris que 7% depuis le 25 juillet alors que le CAC 40 en a repris 16% : cela mérité bien un petit coup de pouce, non ?

Certes, un S&P revenu sur ses niveaux de décembre 2007 ou mai 2008, cela peut paraître un peu étrange puisque le système financier américain s’est désintégré dans l’intervalle et que l’euro-mark est en train de mener le Vieux Continent vers une récession sans précédent. Mais avec des taux d’intérêt à zéro, Wall Street semble prêt à s’accommoder de n’importe quel scénario catastrophe.

Plus l’Europe et les Etats-Unis cumulent de problèmes structurels, plus les cours grimpent. Saoulé de dettes, presque ivre morte, l’Amérique retrouve son euphorie des grandes années de croissance et d’excédents budgétaires à la vue du grand bol de punch que fait mine de lui concocter Ben Bernanke pour l’automne.

Allons-nous entendre encore longtemps Wall Street chanter sa joie à tue-tête ou allons-nous assister à son basculement dans un coma éthylique potentiellement irréversible ?

Le niveau atteint par le S&P 500 prouve que Wall Street a déjà « bu des yeux » tous les cocktails enivrants que pourrait préparer la Fed afin de maintenir les taux longs à des niveaux incroyablement bas compte tenu du niveau d’endettement de l’Amérique et du peu d’efforts consentis pour résoudre ce problème à court, moyen ou long termes – la Grèce des années 2000-2008 a bon dos !

Mais c’est ce qui amène les stratèges à répéter inlassablement qu’il n’existe aucun placement alternatif aux actions – sinon les actions et encore les actions [Ndlr : et encore une fois, ils se trompent ! Il existe un autre placement alternatif complètement déconnecté des marchés, qui rapporte des rendements réguliers et protège votre patrimoine. Ce n’est pas l’or, alors découvrez ce placement ici.]

Et comme les Etats-Unis ne voient poindre aucun risque d’inflation à l’horizon, Wall Street affiche une quasi-certitude en ce qui concerne le recours à la planche à billets avant les élections américaines… Mario Draghi finira par suivre le mouvement sous les vivats du Bundestag et avec le plein assentiment des sages de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe le 12 septembre prochain.

Les marchés sont invulnérables. C’est ce que traduisent depuis 15 jours les contrats sur indices de volatilité VIX : nous savons tous ce qu’il advient dans ce genre de configuration qui survient en moyenne tous les trois ou quatre ans. Toute la question consiste à déterminer à partir de quel moment les grands manipulateurs décideront qu’il est temps de plumer les optimistes devenus archi-majoritaires.

L’optimisme des marchés est hégémonique et univoque. Mais deux éléments majeurs plaident en faveur d’un retournement à la baisse du S&P 500.

  • primo, la formation d’un double-top majeur vers 1 420 points alors que les indicateurs techniques de surachat sont portés à l’incandescence ;
  • secundo, la Fed n’a encore jamais lancé un programme d’assouplissement quantitatif (planche à billets) lorsque les indices boursiers étaient au plus haut historique et présentaient toutes les apparences d’une bulle spéculative.

Le signal de la correction serait matérialisé par la cassure de certains seuils de retournement comme les 1 400 points (MM20) / 1 370 points (MM100). Les principaux objectifs à la baisse deviendraient alors autour des 1 270 points (plus-hauts de l’automne dernier et plus-bas de début juin) dans un premier temps.

SPX Index

« Les dirigeants européens doivent se préparer à la possibilité d’un éclatement de la zone euro », estime le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja. Tous se préparent au pire : alors que faire ?

Charles Sannat, ancien banquier et professeur d’économie, s’est posé cette question et a décidé d’analyser pour vous différents scénarios pour vous proposer des solutions simples et efficaces pour vous protéger. A découvrir immédiatement !

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Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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