Qui la Grèce entraînera-t-elle dans sa chute ?

Rédigé le 21 mai 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

La situation sur les marchés financiers est assez ubuesque en ce moment. Les investisseurs sont complètement polarisés par la situation grecque au point qu’ils ne réagissent absolument plus aux quelques bonnes nouvelles, que ce soit les publications de sociétés ou de chiffres provenant des Etats-Unis.

J’ai plus de vingt-cinq ans d’expérience sur les marchés et je n’ai jamais connu une telle évolution…

On occulte le bon pour ne retenir que le pire. Pourtant, les signaux en provenance des Etats-Unis sont plutôt rassurants. Il y a quelques mois à peine, on craignait une récession américaine. Or, que découvrons-nous ? Que les récentes statistiques concernant la production industrielle ou encore les mises en chantier plaident pour une croissance de l’ordre de 2,5% sur 2012… Ce n’est pas exceptionnel mais c’est tout de même une réelle bouffée d’oxygène.

En Allemagne, le PIB a crû plus que prévu au premier trimestre. Sa croissance de 0,5% a permis à l’Europe d’échapper à la récession. En France, la dernière émission à 5 ans s’est extrêmement bien placée à un taux de 1,72%, ce qui constitue le plus bas niveau jamais atteint depuis la création de l’euro. Sur le 10 ans, l’écart de taux avec l’Allemagne n’est plus que de 140 points de base contre 190 points de base il y a six mois… Certes, la structure de la dette française peut inquiéter car 60% est détenue par les investisseurs étrangers ; mais nous ne sommes pour l’instant pas dans la situation prévue par les Cassandre qui estimaient que la France allait être attaquée.

Pourquoi vous dis-je tout ça ? Tout simplement pour vous signifier que tout n’est pas noir dans notre monde, de même que tout n’était pas rose quand le CAC 40 flirtait il y a quelques semaines avec les 3 600 points.

Il faut actuellement s’affranchir de la peur panique et regarder les fondamentaux des sociétés qui demeurent assez bons avec souvent des ratios boursiers assez attrayants. J’ai récemment cité sur BFM Business des sociétés comme PLASTIC OMNIUM, LAFARGE ou encore ALSTOM qui me paraissent être à des cours d’achat… Les récentes publications trimestrielles ne sont pas si mauvaises que ça avec par exemple les volumes d’activités supérieurs aux attentes d’ESSILOR, d’ARCELOR MITTAL, de DANONE ou encore de MICHELIN. Nous ne sommes pas sur des small caps, là, mais sur des blue chips qui nous donnent une indication du dynamisme économique international. Et jusque-là… ca tient.

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Alors que serait le pire ?

C’est évidemment la sortie de la Grèce de la zone euro suite aux élections législatives de la mi-juin. Elle serait bien sûr catastrophique pour l’Europe car l’Espagne et/ou l’Italie risqueraient de subir de lourdes attaques, provoquant une crise systémique. Les premières estimations – qu’elles soient publiques comme privées – chiffrent à 500 milliards d’euros la sortie de la Grèce. Un montant énorme…

Mais je le répète – et notamment sur Twitter @SCConfidentiel à de nombreuses reprises : la sortie de la Grèce serait surtout un cataclysme pour les Grecs eux mêmes car un retour de la drachme se ferait dans une énorme dévaluation (on parle de 50% !) et avec une montée de l’inflation importée – comme à chaque dévaluation. Il n’est même pas sûr que la Grèce s’en sorte.

Vous savez qu’en théorie, une forte dévaluation entraîne une meilleure compétitivité des exportations. Or, qu’exporte la Grèce ? De l’huile, du fromage. Elle doit être autour du soixantième fournisseur de la France. Pour tout vous dire, la Grèce est loin d’être l’Argentine en termes d’exportation et une dévaluation de sa monnaie ne provoquera pas les même effets positifs que dans le pays de la Pampa il y a 10 ans. Donc sa sortir serait une catastrophe au niveau européen, mais aussi et surtout pour les Grecs eux-mêmes. Le hic, c’est qu’ils ne semblent pas s’en rendre compte et se préparent à jouer au bras de fer avec l’Europe. Inutile de vous dire que d’ici le 17 juin, la volatilité restera énorme sur les marchés boursiers.

Un mot pour finir sur le CAC 40… Je l’ai écrit à de multiples reprises. Il y a un risque que l’indice aille vers 2 920, voire 2 830 dans un contexte d’affolement. Mais à ce jour, il n’y a pas encore eu de vraie capitulation ; il n’y a pas de sell off de la part des gérants. Certes, nous avons eu des reculs de 5% en intraday avec des investisseurs qui soldent massivement leurs titres… Mais cela reste encore ponctuel.

Sur les petites et moyennes valeurs, on peut dire que les indices mid & small résistent « bien ». Certes, le CAC Mid & Small recule de 4% et le CAC Small a perdu 3,4% mais comme vous le voyez sur ces graphiques, mais la volatilité est moins forte sur les petites et moyennes valeurs que sur le CAC 40 !

Graphique: MS190
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De même, sur trois mois, l’indice M&S 190 n’a pas décroché.

Graphique: MS190
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Si l’on se penche sur certaines petites valeurs que j’ai suivies dans mon Beta Test par exemple, MAUNA KEA (FR0010609263) a même pris 2% suite à la bonne nouvelle venant des Etats-Unis et faisant état de l’approbation de la dernière gamme de minisondes Cellvizio par la FDA, la célèbre agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux… C’est vraiment une ouverture énorme pour le groupe. ACTIA GROUP (FR000007665) a aussi gagné 2% suite à ses très bonnes publications, notamment un chiffre d’affaires au T1 en hausse de 21,8%. L’action reste l’une des moins chères de la cote…

Donc, d’une manière générale, je ne peux que vous recommander soit de vous positionner sur des titres ultra décotés qui rebondiront à la moindre éclaircie, soit de rester cash et d’attendre…

Nous finirons bien par avoir une éclaircie, et là, il vous faudra toutes vos munitions pour pouvoir vous positionner rapidement et jouer un rebond. Car une chose est sûre : les Etats-Unis feront aussi tout pour sauver l’Europe. Barack Obama voit déjà avec inquiétudes que les marchés américains commencent à flancher à moins de six mois de son duel avec Mitt Romney, le riche candidat américain qui pourrait en cas de chute boursière s’immiscer dans la brèche pour vilipender l’homme fort de la Maison Blanche… Il ne laissera pas l’Europe ruiner la petite croissance qu’il a réussi à acheter à coup de planche à billets aux Etats-Unis.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “Qui la Grèce entraînera-t-elle dans sa chute ?”

  1. […] Pour poursuivre sur mon raisonnement d’hier, vous indiquant que la situation était ubuesque, je vais vous parler de deux sociétés qui ne cessent de baisser sans aucun discernement et, surtout, sans raison. […]

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