Quels ratios utiliser pour analyser une valeur ?

Rédigé le 23 février 2012 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Vous m’entendez souvent vous parler de « ratios » quand je vous parle de valeurs… C’est vrai que quand vous analysez un dossier, vous êtes obligé de tenir compte des ratios financiers, que sont par exemple la marge d’exploitation ou encore la marge nette. Mais vous devez également prendre en compte les ratios boursiers. Les uns ne vont pas sans les autres. Mais je ne suis pas sûr que ces éléments d’analyse soient bien clairs pour les plus néophytes d’entre vous. Aussi, je vais revenir sur certains termes d’analyse financière et boursière pour que tout soit bien clair.

Le premier ratio boursier qui doit être regardé est le plus connu. Il s’agit du PER* – ou Price Earning Ratio. C’est le ratio le plus couramment utilisé. Il s’agit de diviser le cours de Bourse par le bénéfice net de l’année en cours (pour connaître le PER actuel) et de l’année future (pour connaître le PER estimé sur les prévisions de croissance). Mais justement, se pose alors le problème de « prévision ».

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Ce que vous avez à un temps T, vous n’êtes pas sûr de l’avoir en T+1 et donc il existe une marge d’erreur énorme quand on tente de calculer un PER et qu’on l’applique à l’année en cours. Ainsi, sur 2012, il est extrêmement difficile (alors que nous sommes fin février) de prévoir les bénéfices annuels de l’année en cours. Un choc exogène comme un conflit Iran/Israël ou encore un ralentissement conjoncturel imprévu et tout l’édifice se lézarde…

Mais l’analyste financier doit faire fi de tous ces problèmes et essayer de sortir les estimations qui lui semblent les plus réalistes, plausibles et justes à un moment donné – quitte à les réactualiser en temps réel.

A priori, plus une société a un PER faible et inférieur à la moyenne du marché, plus elle est intéressante à acheter car « sous-valorisée ». Ainsi, actuellement, le PER moyen du marché tourne autour de 10. Il est donc utile, dans une première approche, de regarder les valeurs dont le PER est inférieur à 10 et de vendre les valeurs dont le PER est supérieur à 10. Ne vous emballez pas, je fais des généralités : toutes les valeurs ayant un PER inférieur à 10 ne sont pas bonnes à acheter et ne vendez pas systématiquement toutes les valeurs avec un PER supérieur à 10…

Une deuxième chose. Pour moi, ce ratio ne suffit pas à juger de la pertinence du prix d’une action. En effet, cette notion ne mêle pas assez les données financières et les données boursières.

J’aime bien lui adjoindre la VE/ROC – ou valeur d’entreprise rapportée au résultat opérationnel. En fait, la valeur d’entreprise se calcule en additionnant la capitalisation boursière et les dettes. Si l’entreprise est en trésorerie positive, c’est-à-dire qu’elle n’a pas de dettes et qu’elle est gorgée de cash, il faut donc soustraire la trésorerie de la capitalisation boursière. Une fois que vous avez la valeur d’entreprise, vous la divisez alors par le résultat opérationnel. Et plus ce ratio est faible, plus l’entreprise est intéressante à acheter aux cours actuels.

L’avantage de ce ratio est qu’il mêle performance boursière, situation financière et performance opérationnelle. Il est ainsi relativement complet pour juger de la pertinence d’une action.

Prenons par exemple une entreprise comme M6 (FR0000053225). Elle a un PER de 11, un peu supérieur à la moyenne parisienne, mais du fait d’une situation financière très saine (elle a une trésorerie nette de 330 millions d’euros), elle se paye sur un ratio VE/ROC de l’ordre de 5,5, ce qui est extrêmement faible. Par contre, une entreprise comme VRANKEN POMMERY (FR0000062796) va avoir un PER de 11,5 mais une VE/ROC de 19, tout simplement parce que son gearing atteint 175%. C’est-à-dire que pour 100 de capitaux propres, il y a 175 de dettes… C’est normal dans le métier du champagne d’être très endetté car il y a les stocks à financer.

Vous comprenez ainsi l’utilité de ce dernier ratio, qui selon moi a beaucoup plus de pertinence que le PER.

J’ai fait exprès de ne pas vous parler du dividende comme indicateur prépondérant car comme je l’ai dit la semaine dernière, les valeurs de rendement ne sont plus à la mode. Les entreprises, confrontées au ralentissement économique, ont de plus en plus tendance à réduire les coupons versés d’une année sur l’autre. Donc une valeur de rendement en 2011 peut ne plus l’être en 2012 comme je vous l’ai alors expliqué. Rappelez-vous : PAGES JAUNES (FR0010096354) a tout simplement coupé son dividende, provoquant ainsi un effondrement de son titre de 17% en cinq séances…

* Décryptage : PER (Price Earning Ratio)
Le PER sert à calculer la cherté d’une action. Il se calcule en divisant le cours du titre par le bénéfice ramené à une action. Par exemple : une entreprise est cotée à 40 euros. Son bénéfice par action est de 2 euros. Le PER est donc de 20. Cela veut dire que lorsque j’achète une action, je la paye 20 fois le bénéfice qu’elle va dégager (on considère généralement que le ratio peut aller de 5 à 40). Plus le PER est faible, plus il est rentable d’acheter. Cet indicateur se révèle très utile pour comparer les différentes entreprises d’un même secteur.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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2 commentaires pour “Quels ratios utiliser pour analyser une valeur ?”

  1. […] avant d’acheter un titre. Comme je ne cesse de vous le dire, je regarde en général quatre ratios : le PER, la VE/ROC, le price to bookou encore le […]

  2. […] guide de conclusion, j’aimerais vous donner un conseil : n’ignorez jamais les critères de valorisation boursière (PER, VE/ROC, VE/CA). Gardez bien à l’esprit que les arbres ne montent jamais jusqu’au […]

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