Quelle valeur jouer en cas de conflit russo-ukrainien ?

Rédigé le 21 mars 2014 par | Big caps, Matières Premières Imprimer

La Russie a annexé la Crimée le week-end dernier. Malgré les menaces de sanctions lancées par l’Europe et les Etats-Unis, Poutine ne semble guère décontenancé. Au contraire, pour faire bonne figure, il a même atténué ses velléités de conflits avec le gouvernement ukrainien depuis le milieu de la semaine. Mais évidemment de son point de vue, il a eu ce qu’il voulait. Toutefois, on n’en a peut-être pas totalement terminé sur le sujet. Il n’est donc pas intéressant à ce stade de se demander qui pourrait tirer profit d’une éventuelle reprise des tensions…

Le Nickel en première ligne

La Russie étant l’un des premiers fournisseurs en Nickel de l’Europe (et accessoirement le deuxième exportateur mondial), l’actualité géopolitique récente a amené certains spéculateurs à « jouer » la hausse du métal. Car qu’il s’agisse d’un outil de diversification ou de couverture, l’idée est qu’en cas de regains de tensions, la Russie pourrait à son tour utiliser le métal comme menace/représailles vis-à-vis de l’Europe en réduisant ses exportations. Auquel cas, la raréfaction de l’offre tirerait mécaniquement les prix à la hausse.

Et Poutine est loin d’être bête. Il sait que le marché du Nickel frémit depuis le début de l’année (hausse de près de 15% cette année). Rappelez-vous par exemple qu’en janvier dernier, Djakarta avait annoncé un embargo sur sa production dans le but de faire remonter les prix. L’Indonésie étant le premier exportateur mondial de Nickel, l’intérêt est tout trouvé. Et si jamais Poutine finissait par lui emboîter le pas, autant dire que les choses se compliqueraient sérieusement…

Eramet pour en profiter

Eramet (FR0000131757) est l’un des premiers producteurs mondiaux de Nickel. Premier point : toute flambée des cours sur fonds de tensions géopolitiques aurait un impact direct sur les résultats du groupe.

Deuxièmement, pas plus tard qu’avant-hier, on apprenait qu’un intérêt spéculatif refaisait surface entre les principaux actionnaires. Il faut dire que le conflit entre la famille Duval (premier actionnaire avec 37% du capital) et le holding du financier Romain Zaleski (qui détient près de 13% des parts) ne date pas d’hier.

De ce mix pour le moins explosif, ERAMET a enregistré une hausse de plus de 10% mercredi. Graphiquement, comme on le constate sur le graphique ci-dessous, le titre a envoyé un bon signal. Regardez le graphique daily ci-dessous.

Graphique Eramet

Comme on le constate, la poussée haussière de mercredi a permis au titre de sortir par le haut d’une large phase de consolidation en triangle (bornes visibles en pointillés + flèches de couleur). Indicateur intéressant : la présence d’importants volumes dans la hausse.

Désormais, les objectifs à de hausse sont situés à 87 € (haut du triangle) voire proche des 98 € ensuite à plus long terme (projection de Fibonacci de la bouche de la figure reportée depuis le point de sortir). En termes de trading, il y a donc peut-être quelques chose à « faire » sur ce titre très en retard.

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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