Quel impact du Twist de la Fed sur le S&P 500 ?

Rédigé le 22 juin 2012 par | Autres indices Imprimer

Retour aux années 1960

Ben Bernanke doit être nostalgique de son enfance, des années 1960, une époque où tout était rose pour l’économie. En 1961 précisément, la Fed avait alors lancé un programme de rachat d’obligations pour faire baisser les taux d’intérêt : l’opération Twist. L’idée était de vendre des obligations du Trésor américain à moins de 3 ans et d’acheter celles de maturité plus longues – jusqu’à 30 ans – pour faire mécaniquement baisser les taux d’intérêt à long terme.

La Fed,  qui tenait sa réunion mercredi dernier, a décidé de prolonger cette opération Twist déjà en vigueur jusqu’à la fin de l’année 2012, pour 267 milliards d’euros supplémentaires. Une peccadille…

Dans les années 1960, l’opération avait eu un certain succès et M. Bernanke, en tant que docteur en économie, en maîtrise sûrement mieux les tenants et aboutissants que moi. Pour autant, dans les années 1960, nous étions dans une période de croissance forte où il s’agissait de baisser les taux d’intérêts pour qu’ils ne viennent pas rogner cette croissance, et cette opération ne suivait pas, me semble-t-il, deux Quantitative Easing successifs et un premier Twist justement. En d’autres termes, Bernanke ne sait plus quoi faire pour relancer l’économie américaine et, en fin connaisseur qu’il est, il essaye de nouvelles solutions – même si l’on peut s’interroger sérieusement sur l’efficacité de ces mesures et leurs conséquences à moyen terme.

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Les marchés avaient anticipé le prolongement du Twist ces dernières semaines. Cela aura au moins eu le mérite de faire rebondir les indices dans l’immédiat. M. Bernanke sait parler aux marchés (américains du moins) et retarder les échéances. Il a même évoqué la possibilité d’un QE3. Les spécialistes estiment qu’il devra y recourir d’ici la fin de l’année pour soutenir le marché. D’ici là, la volatilité devrait rester forte et nous donner des opportunités, notamment sur les Turbos…

Rebond plus durable ou reprise de la correction à court terme ?

Après le fort rebond de ces dernières semaines, le rally pré-Fed commence à s’essouffler ces derniers jours, proche de résistances de court terme. Voyons ensemble quels niveaux surveiller sur le S&P 500, souvent très précis techniquement.

Graphqie S&P 500
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Tout d’abord, il est important de noter que le S&P reste non seulement directeur pour les indices mondiaux, mais aussi beaucoup plus solide, en particulier par rapport aux indices européens. Ainsi, il a fait un plus-haut en avril alors que le CAC s’épuisait déjà.

Finalement, le S&P 500 est venu buter deux fois contre la zone de résistance des 1 422 points (proche de ses anciens plus-hauts de mai 2008 à 1 440 points), puis a commencé à corriger à moyen terme. Cette correction vient retracer une partie du mouvement de sa progression depuis octobre 2011. Encore une fois, étant l’indice le plus fort, il retrace un peu moins que les autres.

Depuis avril, nous sommes toujours dans cette correction – et le restons tant que nous ne dépassons pas les 1 422 points. Sur les marchés, une correction classique se déroule en trois phases que l’on note A/B/C selon les notations elliottistes. La première phase (vague A) s’est terminée le 4 juin dernier, à 1 266 points. Ce niveau correspond très précisément aux anciens plus-hauts du 5 décembre 2011 sur l’indice américain, et fait donc office de support.

Dans un second temps (vague B), nous avons ensuite rebondi pour retracer 61,8% de ce mouvement de baisse, revenant à 1 363 points juste avant la Fed, niveau de retracement au point près. Ce mouvement de rebond (noté B sur le graphique) devrait maintenant buter contre ces 1 363 points.

Une telle précision sur l’indice le plus suivi au monde montre la pertinence des niveaux techniques.

Sur les indicateurs mathématiques, le MACD revient à proximité du niveau symbolique du 0 et parvient difficilement à le dépasser. A plus court terme, les indicateurs sont surachetés. Tout cela est donc probablement le prélude à une nouvelle phase de baisse sur l’indice, à court terme du moins.

Désormais, si le S&P n’arrive pas à franchir 1 363 points, une nouvelle vague de correction (vague C) devrait donc se mettre en place dans les prochaines semaines.

Nous devrions revenir au minimum tester la solidité des récents plus-bas de juin à 1 266 points. Cela restera un niveau clé au cours des prochains mois.

L’indice pourrait ensuite rebondir au-dessus de cette zone de support. Si, au contraire, elle venait à casser dans une accélération, la cible serait alors à 1 158 points, plus-bas de novembre 2011. Tout cela nous promet donc un nouvel été agité dont vous pourrez profiter en suivant par exemple les mouvements du marché – avec les Turbos puisqu’ils amplifient les mouvements !

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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