Quel capital faut-il avoir quand on veut vivre du trading ?

Rédigé le 6 janvier 2016 par | Apprendre la Bourse Imprimer

160106_cocotiersAhhhh ! vivre de son trading ! Le rêve !

Vivre n’importe où… sur une plage de sable blanc bordée de cocotiers, dans votre chalet isolé en montage, en nomade sac au dos… Quelques heures de connexion par jour, 2 ou 3 clics et hop, l’argent tombe sur votre compte.

La vie rêvée non ? Oui oui… c’est bien d’un rêve dont nous parlons ! Car vous vous doutez bien que si c’était si simple… vous seriez déjà parti votre ordinateur sous le bras, et les plages de Zanzibar ressembleraient à l’esplanade de la Défense en heure de pointe.

Plus sérieusement, aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’une question que l’on me pose souvent, au fil de mes formations : Quel capital faut-il avoir pour démarrer et pour vivre de son trading ?

Comme souvent, on ne peut pas y apporter de réponse type ; cela dépend beaucoup de la nature même du trader que vous êtes et de votre façon de trader… et des revenus dont vous avez besoin pour vivre.

Alors j’ai quand même décidé de vous donner les différents éléments que vous devez prendre en compte si jamais l’idée de vivre de votre trading vous passait par la tête. Sachez d’abord que les traders qui vivent de leur trading sont très peu nombreux tant l’exercice est délicat, ne serait-ce que nerveusement.

Bien. Ceci étant dit, voyons ensemble les différents points importants pour définir votre capital.

  1. Votre niveau de trading

Et oui ! Rome ne s’est pas faite en un jour et le trader que vous êtes non plus. Atteindre la régularité et un rendement régulier (des notions toute relatives quand vous êtes trader pour compte propre) vous prendra du temps. Pire, rien ne sera jamais acquis. Combien de fonds, de traders expérimentés et même de banques reconnues ont fini par plonger même après des décennies d’existence ?

C’est peut être la première problématique à prendre en compte.

Atteindre la régularité est difficile, long et cette stabilité peut être rapidement balayée à cause d’une erreur. Aussi d’un point de vue strictement comptable, si vous démarrez votre carrière de trader, prudence. Vous devez être en mesure d’assurer votre niveau de vie pendant au moins 1 à 2 ans sans tenir compte de vos éventuels revenus de trader. Sans doute même devez-vous accepter une érosion de votre capital de départ…

  1. Votre aversion aux risques

Plus vous accepterez de prendre des risques, plus vos revenus pourront être théoriquement importants –  mais sans doute irréguliers. Dites-vous aussi que la prise de risques est usante nerveusement au quotidien et pourrait vous pousser à un épuisement rapide.

A l’inverse, une prise de risque modérée vous permettra de « mieux vivre » votre trading : un peu moins de pression et plus de régularité. En contrepartie, votre capital de départ devra être plus élevé pour générer des revenus moyens suffisants.

Vous l’aurez compris, je pense qu’il vaut mieux partir avec Un gros capital pour générer des revenus plus tranquilles. C’est l’idéal… sauf que le trader particulier débutant est très souvent dans le cas de figure n°1 qui le pousse à la faute et la perte irrémédiable de son argent sous l’effet de la pression. Regardez, nous allons prendre un exemple concret

Simulation d’une situation idéalement confortable pour vivre de son trading

Imaginons que vous êtes un trader déjà expérimenté, ce qui veut dire que vous supportez la pression. Vous a développé une stratégie viable, validée et utilisez un money-management précis. Voyons, selon les situations, si vous allez pouvoir vivre de votre trading.

J’insiste sur l’aspect très théorique de cette simulation, mais la leçon est claire.

Nous considérerons 50% d’imposition sur les plus-values. Regardez le tableau suivant.

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Pour mieux comprendre, je vous détaille les trois scénarios dans les tableaux suivant :

Le constat est sans appel : le combat est déséquilibré par vos besoins mensuels.

Pour maintenir votre capital à flot (sans utiliser l’épargne disponible que vous aviez mise de côté pour le cas où) et subvenir à vos besoins, vous devez impérativement dégager une performance de 6% par mois si votre capital de trading est de 100 000 €.

Pire : même en réalisant une performance très correcte de 4% par mois, vous finissez par consommer vos liquidités. Et avec une perte minime de 1% par mois, vos 30 000 € de liquidités mises de côté sont anéanties au bout de 10 mois, avec en plus, un trou dans votre capital de 11% !

Pas d’autres solutions : vous devez générer au minimum 6% de plus-values par mois. Autant dire que si vous tenez ce rythme, vous gagnerez plus à aller bosser dans un hedge fund !!

Oui, je sais, la réalité est douloureuse.

Mesurez votre performance actuelle et votre zone d’équilibre financière. Cela risque de vous faire réfléchir et calmera sans doute calmer un peu vos ardeurs…

Comment vous organiser quand vous n’avez pas ce capital ? Quelles sont les pistes à exploiter ?

Faisons l’inventaire des facteurs qui mettent la pression sur votre rendement :

  1. Vos besoins mensuels vitaux
  2. L’imposition
  3. Le capital

C’est un équilibre entre ces trois facteurs qui vous devez trouver selon votre situation afin de ne pas vous retrouver dans une posture irrémédiable ou très délicate sur le plan financier.

En fait, un excellent trader qui souhaite générer un revenu de 3000 € mensuels et dont la stratégie lui permet de gagner 3% par mois (ce qui est déjà très très bien) doit avoir un capital de trading de base de 200 000 €.

Si vous n’avez pas un capital de 200 K de capital, vous devrez impérativement :

  1. Assurez-vous un revenu stable…

C’est-à-dire… ne pas lâcher votre travail pour passer 15h derrière vos écrans. Cela sera sans doute beaucoup plus néfaste que vous ne le pensez tant la pression sera invivable. Gardez votre activité pendant que vous vous formez, même si cela génère un peu de frustration. Ne grillez pas les étapes et attendez d’avoir enchaîné plusieurs mois de gains constants pour prendre une décision. Prévoyez une poche de liquidités suffisante pour pouvoir être à l’aise même en cas de difficulté coté trading. L’idéal est de pouvoir conserver une activité annexe générant des revenus suffisants pour vous permettre d’atteindre l’équilibre et la rentabilité en trading. La transition d’un trader « à temps partiel » à un trader « à plein temps » se fait finalement naturellement. Ce sont les résultats qui vous y amènent. Gardez cela en tête !

  1. N’oubliez pas les impôts !

Sujet toujours délicat et finalement très difficile à appréhender dans un article généraliste.

Il faut parvenir à faire baisser la note en choisissant très précisément sa structure, son pays de résidence et son organisation. Votre marge de manoeuvre sera finalement très faible de ce côté car elle dépendra principalement de votre lieu de résidence – à moins que vous ne soyez prêt à lever les voiles pour des fiscalités plus clémentes ! Là aussi, l’équilibre familial en sera bousculé…

Fixez-vous des objectifs réalistes

Je sais que la conclusion de tout cela est un peu cruelle pour certains rêves que vous nourrissiez. Mais prenez-en conscience et cela vous évitera de commettre une erreur irrémédiable.

Déjà, fixez-vous pour objectif « d’arrondir vos fins de mois » grâce au trading !

Formez-vous (Je vous propose de mon côté des formations, et je sais que Gilles Leclerc, qui vit de son trading depuis 20 ans, a réalisé une série de Webinaires justement sur sa stratégie de trading + money management). Assurez vos arrières en conservant une activité ! De cette manière, déjà la pression est moins forte, psychologiquement, et vous ne mettez pas votre situation financière en péril.

Vivre du trading n’est en fait pas une décision que l’on s’impose mais c’est le trading et surtout vos résultats qui vous imposerons de plus faire que cela !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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