Que penser du fulgurant rebond du pétrole ?

Rédigé le 9 mars 2016 par | Indices, sociétés et marchés, Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Le pétrole fut l’incontestable vedette de la séance de lundi avec un spectaculaire rebond de +5,7% sorti de nulle part qui a débouché sur un test des 38$.

Hausse du pétrole

Il a bien circulé une 73e rumeur d’un accord imminent sur une réduction concertée de la production pétrolière. Rumeur à peu près aussi infondée que les 72 rumeurs précédentes qui relèvent toutes du whishfull thinking ou « prions pour que cela advienne même si l’Arabie ne veut pas ». Des rumeurs qui ont permis de faire courir les short (vendeurs à découvert).

Cette dernière envolée, aucun indicateur économique récent ne la justifie… Et surtout pas les chiffres provenant de Chine avec un commerce extérieur dont les volumes en février retombent à leur niveau du printemps 2009.

Les stocks de brut américain qui ont battu tous leurs records historiques mercredi dernier (en hausse de plus de 10 millions de barils, soit nettement plus que les +3,4 millions de barils estimés par le consensus Bloomberg), et ce malgré la fermeture de quelques puits. Sans oublier que l’Iran n’en est qu’au tout début de sa montée en puissance, vu le degré d’obsolescence de son matériel d’extraction.

Y avait-il trop de vendeurs à découvert ? Trop de paris sur un baril à 2hausse du pétrole5 $ ?

Ce qui est frappant, c’est que le baril de WTI (la référence mondiale cotée à New York) vient de repasser de 26,1 à 38$. Cela fait +45%. C’est la 2e fois que le pétrole affiche une telle flambée en moins d’un an.

La précédente occurrence, une envolée de 42,5$ à 62$ (+45% également), s’était matérialisée du 18 mars au 6 mai 2015. Cela avait pris 6 semaines et demi. Cela paraissait très rapide… mais ce fut pourtant 2 fois plus lent que cette fois-ci.

Ce que Goldman Sachs, qui voyait récemment le baril tomber vers 20$, en pense

Eh bien, Goldman Sachs pense que le sursaut actuel n’est pas tenable ! Nous sommes bien d’accord. Ce n’est surtout pas tenable financièrement (appels de marge) et psychologiquement (coup de massue) quand on est vendeur à découvert sous 30$, comme beaucoup d’opérateurs ayant tenté le coup (avec un certain succès) entre le 12 janvier et le 19 février (dernier test en date de la zone des 29$).

Et le plus ironique, c’est que ceux qui vendent aujourd’hui à 38$ pourraient bien pouvoir se racheter vers 23,5$ dans pas longtemps.

Mots clé : - - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire