Que faire sur les marchés ? L’exemple de la crise financière 2008-2009

Rédigé le 22 octobre 2014 par | Apprendre la Bourse, Indices, sociétés et marchés Imprimer

Que faire maintenant sur les marchés ? Après la sévère correction des dernières semaines, l’actuelle phase de stabilisation est pleine d’incertitudes. Impossible de savoir s’il s’agit d’une simple pause dans le mouvement haussier ou d’un répit passager avant LA grosse chute. Dans ces conditions, l’investisseur doit prendre des décisions difficiles. Pour cela, il peut regarder le passé et surtout l’analyser. C’est ce qu’ont fait, de manière scientifique, les chercheurs dans l’étude dont je vous parle aujourd’hui.

Qu’allez-vous faire pour votre portefeuille aujourd’hui : vendre pour limiter votre risque ou profiter du repli pour acheter à bon compte ? Les marchés ont déjà répondu à cette question, de manière claire et nette : ils ont paniqué. Ils ont renvoyé le CAC 40 à son niveau de l’été 2013, les Bourses européennes ont chuté de plus de 10% et Wall Street a sévèrement chancelé.

Mais la vraie question arrive maintenant, en cette période de stabilisation sans visibilité : que faire ? Prendre davantage de risques ou vendre à tour de bras, c’est-à-dire préférer avoir tort avec le marché plutôt que raison tout seul ?

Comme souvent, la recherche académique est là pour vous aider à vous positionner. Cette étude* a analysé les comportements des investisseurs privés durant la crise financière de 2008-2009. Qu’ont-ils décidé de faire, alors que le monde s’écroulait ?

Les trois auteurs de cette étude se sont basés sur des relevés de transactions de 1 510 investisseurs individuels hollandais et sur leurs réponses à un sondage répété chaque mois, entre avril 2008 et mars 2009. C’est-à-dire la période contenant les plus fortes secousses financières (septembre et octobre 2008), avec la chute de Lehman Brothers ou la nationalisation partielle d’ABN Amro.

Premier enseignement : les petits porteurs interrogés (qui géraient eux-mêmes entre 50 000 et 60 000 euros de fortune personnelle) ont terriblement souffert à l’époque. Plusieurs mois de rendements négatifs à deux chiffres ont pratiquement divisé par deux la valeur de leurs portefeuilles sur la période.

Face à un choc de cette ampleur et vu que l’incertitude demeurait élevée, on s’attendrait à ce que ces investisseurs aient mieux pris conscience du risque lié aux actions, qu’ils aient abaissé leurs attentes de performances et que leur tolérance au risque ait, elle aussi, diminué. Ce qui les aurait conduits à diminuer le niveau de risque de leurs portefeuilles.

Cela ne s’est pas exactement passé de cette façon, dans la réalité. Les chercheurs démontrent que le petit porteur a bien revu à la baisse ses attentes de gain, alors que se déroulait la pire crise financière depuis le krach de 1929. Il aussi été moins tolérant face au risque. Mais – c’est le grand enseignement de cette recherche – tout cela n’a pas duré !

Le naturel a vite repris le dessus. Ces variables sont rapidement reparties à la hausse. Le petit porteur a continué à investir et il n’a pas abaissé le risque de son portefeuille. Par exemple, plutôt que de vendre pour passer en cash, le petit porteur a décidé de profiter des prix cassés. Certains sont même entrés sur le marché à cette occasion.

En clair, l’investisseur individuel navigue au gré de ses expériences. S’il conclut des transactions gagnantes ou avec un taux de profit plus important, il aura tendance à retrouver de l’appétit pour le risque.

Derrière ces choix se cache évidemment la question de la perception que se font les investisseurs individuels. Leur perception de l’environnement boursier d’une part, et celle de leur portefeuille d’autre part : quel est son niveau de risque ? Combien de risque supplémentaire suis-je prêt à prendre ? etc.

En extrapolant le résultat de ses dernières opérations, l’investisseur individuel cherche à surfer la vague, en quelque sorte. Sa croyance est simple : demain sera comme aujourd’hui. Sauf que les événements des dernières semaines montrent précisément que ce n’est pas le cas.

En octobre 2008, lorsque la volatilité des marchés a reculé, les individus analysés pour cette recherche affichaient une volatilité des performances bien supérieure à celle du marché. A la fin de la crise, la volatilité de leurs performances était même supérieure à celle du début de la crise. Ils ne se sont pas du tout adaptés à leur environnement. A vous de voir si vous voulez en faire de même ou si vous préférez investir grâce à des outils et à des analyses rationnelles, scientifiques et dont la performance a été prouvée.

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale « Agora ».

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sylvainfrochaux
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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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