Quand les permabulls changeront-ils de lunettes ?

Rédigé le 19 juillet 2011 par | Autres indices Imprimer

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Les secousses des 8, 11 et 12 juillet auront été rudes… mais il faut dire que le coup de tabac mijotait depuis le 5 juillet avec la glissade de l’euro suite à l’abaissement de quatre crans de la notation du Portugal par Moody’s. Vous le savez, la cacophonie autour des modalités d’application du second plan de sauvetage en faveur de la Grèce a été évidemment un très mauvais signal envoyé aux marchés au lendemain du vent de panique provoqué par l’envolée des taux longs italiens et espagnols – et ce n’est malheureusement pas fini.

Une situation intenable plus longtemps
Certains grands argentiers des pays du nord plaident pour un défaut partiel de la Grèce, d’autres pour une restructuration déguisée, d’autres encore pour une exclusion de la zone euro, au prétexte que mieux vaut une fin dans la douleur qu’une douleur sans fin. Beaucoup d’Allemands sont, depuis l’origine, favorables à cette dernière solution : dehors les tricheurs !

Face à l’accès de défiance qui s’est radicalisé mardi dernier, la BCE a dû jouer le rôle du pompier de service en épongeant le papier qui déferlait sur les marchés obligataires : cela a stoppé la hausse des rendements des emprunts italiens à 10 ans sur la barre des 6%.

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+ 43%, +23% et 41% en quelques jours !

Ces plus-values, vous aussi auriez pu potentiellement les engranger… grâce à une stratégie vraiment spéciale. Cette stratégie, c’est celle de « l’onde de choc », et c’est Mathieu Lebrun – spécialiste des CFD – qui l’a mise au point.

Mathieu vous attend dès maintenant pour vous donner tous les détails mais surtout il vous expliquera comment faire pour réaliser vous aussi des gains potentiels de cet ordre !

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C’est une véritable guerre de tranchées qui s’engage entre les autorités monétaires européennes et les spéculateurs : le but est d’empêcher que les taux longs atteignent la barre fatidique des 7%, synonyme d’un prochain appel au secours de la part de pays devenant incapables de se refinancer sur les marchés.

L’impuissance des Européens à dissuader les spéculateurs de mettre en péril la cohésion de l’Eurozone dure maintenant depuis dix-huit mois et, est probablement à l’origine du spectaculaire différentiel de performance par rapport au Nasdaq depuis l’été 2010.

Nasdaq vs Eurostoxx 50 : le gagnant est…
Le Nasdaq s’affichait à 2 180 points le 16 juillet 2010. Il naviguait au-dessus des 2 825 à la date anniversaire (soit +30%) ; l’Eurostoxx 50 cotait 2 650 points le 16 juillet 2010, et s’inscrivait à 2 720 points un an après – soit un gain de +2,5%. C’est une sous-performance de -27,5% entre les deux indices. Vertigineux !

Mais Nasdaq et Eurostoxx 50 ne luttent pas à armes égales : le QE2 de la Fed a fait merveille et Wall Street se prend maintenant à rêver d’un QE3 – ou de tout autre stimulus monétaire ayant des effets similaires.

Le plus risible dans cette situation, c’est que la croissance américaine semble moins vigoureuse aujourd’hui qu’elle ne l’était douze mois auparavant : les actions se payent juste 30% plus cher et les permabulls américains prétendent que l’on a encore rien vu en matière de hausse des cours puisque le Nasdaq devrait filer, d’après eux, tout droit vers 3 000 points d’ici à la rentrée !

L’Eurostoxx 50 semble malheureusement enfermé dans une dynamique diamétralement opposée depuis le 18 février – son sommet a été inscrit vers 3 070 points. Il y a bien eu une nouvelle poussée haussière fin avril mais elle n’a pas permis d’aller au-delà des 3 000/3 010 points.

Le récent sursaut de +7% de la fin juin n’a même pas ramené l’indice au contact des 2 900 points alors que le Nasdaq égalait son record annuel de clôture le 7 juillet. Ce fulgurant rebond de l’Eurostoxx avait pourtant étonné tout le monde et fait espérer un rattrapage du Nasdaq. L’indice alignait alors cinq séances de hausse consécutive (+6%) sans la moindre ébauche de correction technique. Bravo : cela s’est payé par une dégringolade de 9% en trois séances.

Un retracement de 50% du mouvement de cette correction donnait alors un objectif théorique de 2 745/2 750 points (enfoncé ce lundi)… mais les chartistes pariaient encore la semaine dernière sur le comblement du gap des 2 790 points ! Rêves avortés : lundi, l’indice poursuivait sa baisse sous les 2 700 points revenant sur les 2 660, un plancher qui remonte au 30 novembre 2010.

2 500 ou 3 000 points : les permabulls veulent y croire
Il s’en faut de peu que l’indice ne dévisse pour de bon en direction des 2 510 points – c’est-à-dire le support testé à deux reprises les 8 juin et 5 juillet 2010 – et les 2 488 points qui sont le plancher annuel du 25 mai 2010 sont à portée.

Graphique: Eurostoxx 50Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Vous devez donc garder en mémoire ces niveaux de soutien long terme, proches des 2 500 points. Le meilleur support court terme demeure cette oblique légèrement déclinante et qui unit les deux précédents points bas du 10 janvier et du 16 mars dernier.

Mais on peut également imaginer un autre scénario : si les investisseurs cédaient aux mirages et délices d’une remise en route de la planche à billets par la Fed, l’Eurostoxx 50 pourrait alors déborder la résistance baissière marquée par les sommets des 2 mai et du 1er juillet (l’oblique que je fait figurer sur le graphique). Elle passe actuellement dans la zone des 2 850 points où elle se confond avec la MM100.

C’est le genre d’obstacle qui ne peut être franchi que si les lourds nuages pesant sur la cohésion de l’Eurozone se dissipent de façon durable… et à condition qu’un double sommet en formation sur les indices US ne se confirme pas dans l’intervalle : cela fait beaucoup de raisons de juger le rebond vers les 3 000 points très hypothétique tandis que le trend baissier des trois derniers mois fait d’une rechute vers 2 500 points un scénario plus que crédible.

Reste aux permabulls de changer de lunettes…

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Quand les permabulls changeront-ils de lunettes ?”

  1. […] et de résistance à surveiller dans les prochaines semaines. Le 19 juillet, Philippe voyait l’EuroStoxx 50 dans un scénario baissier qui l’amènerait sur les 2 500 […]

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