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Quand Janet joue à la Mamie Yellen

Par Philippe Béchade29 Sep 2016

Quand Janet joue à la Mamie Yellen. Démonstration.

La Fed, qui supervise les banques systémiques, ne devrait-elle pas sévir contre Wells Fargo ? Pensez-vous sérieusement qu’il puisse ne s’agir que d’un cas isolé ?

Voilà le genre d’effronteries infligées hier à la pauvre petite « Mamie Yellen », rendue toute confuse par les questions d’un sénateur de la commission financière du Congrès.

L’échange était pathétique, Janet jouant autant qu’elle pouvait sa naïve, sa « Mamie Yellen » qui ne voit jamais malice ni le mal nulle part, et encore moins une bulle d’actifs poindre à l’horizon.

Elle a d’abord fait semblant de ne pas comprendre la question en répondant que « Oui, c’est bien le rôle de la Fed de superviser les banques ».

Mais la question porte sur les sanctions : Faut-il sanctionner Wells Fargo ?

Nouvelle réponse à côté de la plaque : « Une enquête est en cours. Il faut prendre le temps d’évaluer la situation, la responsabilité des dirigeants n’est pas encore établie ».

Il aurait été tellement simple d’indiquer que oui, une banque doit être sanctionnée si elle est coupable de malversations et la Fed se montrera intraitable (pas besoin d’attendre le verdict d’un procès pour adhérer à ce principe).

Mais prendre ce genre de posture au nom du plus élémentaire bon sens, la « Mamie Yellen » de mercredi en est bien incapable. Sanctionner un banquier… Mais quel concept horrible, la Fed ne saurait cautionner une telle barbarie !

En ce qui concerne le soupçon que d’autres banques aient pu adopter les mêmes pratiques délictueuses que Wells Fargo, « Mamie Yellen » – se recroquevillant encore plus sur son siège – avouait d’une petite voix chevrotante que « certaines banques sont déjà accusées de nombreuses malversations… mais cela n’implique pas qu’elles ait agi de même avec la facturation de services à l’insu des clients. Pour l’heure, la Fed n’est au courant de rien ».

De quoi se demander si Donald Trump n’a pas raison de l’accuser de collusion avec les banques et le pouvoir (les grande banques sont, de notoriété publique, les principaux soutiens financiers d’Hillary Clinton).

En ce qui concerne Lael Brainard, une des plus proches collaboratrices de Janet Yellen, comme je l’indiquais hier, il s’agit d’un soutien affiché à Hillary Clinton et qui devrait quitter le conseil des directeurs de la Fed en 2017 pour figurer parmi les piliers de la Maison Blanche si la candidate démocrate l’emporte.

Et Mamie Yellen a continué d’affirmer que la Fed n’était pas politisée et qu’elle n’avait même pas réfléchi au fait que le cas « Brainard/Clinton » puisse poser un problème de neutralité.

Elle n’a tellement pas d’avis sur le sujet qu’elle se propose d’en référer aux autres membres de la Fed.

Je fais le pari que l’arbitrage ne sera pas rendu avant le 8 novembre prochain !

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Philippe Béchade

Rédacteur en Chef de la lettre Pitbull

Philippe Béchade rédige depuis dix ans des chroniques macroéconomiques quotidiennes ainsi que de nombreux essais financiers. Intervenant quotidien sur BFM depuis mai 1995, il est aussi la ‘voix’ de l’actualité boursière internationale sur RFI depuis juin 2002. Analyste technique et arbitragiste de formation, il fut en France l’un des tout premiers ‘traders’ mais également formateur de spécialistes des marchés à terme. Rédacteur aux Publications Agora, vous trouvez chaque jour ses analyses impertinentes des marchés dans La Chronique Agora.

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