Taxes sur les carburants : quand les bornes sont franchies, y a plus de limite !

Rédigé le 17 septembre 2018 par | Statistiques et données macro Imprimer

Pompes à dieselInterrogée par Jean-Jacques Bourdin sur RMC/BFM TV ce lundi matin, Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports, confirme que les taxes sur le diesel vont augmenter de 7 centimes en 2019 pour « respecter l’objectif d’un rattrapage » défini par le gouvernement Macron… mais les taxes sur l’essence sans plomb vont également augmenter de 4 centimes par litre.

Autrement dit, la taxe sur le diesel destinée à « rattraper »… ne va pas rattraper grand chose, puisque « en même temps », celles impactant l’essence – qui est plus chère (déjà une des plus taxées d’Europe) va augmenter – comme d’habitude, comme à chaque fois que l’État s’avère incapable de réduire ses dépenses et éprouve le besoin d’augmenter ses recettes de poche.

Une mesure avant tout fiscale ?

Les particuliers peuvent s’attendre à des hausses de leur budget carburants exprimées en centaines d’euros par an, en fonction de leur consommation.

Un surcoût qui ne sera compensé par rien, car contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron, il n’est pas démontré que rouler à 80Km/h au lieu de 90 soit « écologique » et réduise significativement la consommation, tandis qu’en zone urbaine (où la vitesse moyenne ne dépasse pas 50Km/h), l’argument des 80Km/h est nul et non avenu.

Les transports verts, alibi du gouvernement

Les bornes du foutage de gueule sont franchies lorsque la ministre prétend que les taxes sur les carburants vont permettre de financer des « moyens de déplacement alternatifs »: cela fait 50 ans que les taxes augmentent et servent uniquement à combler les déficits.

Combien de nouvelles lignes de trains de banlieues et de RER ont été financées grâce aux taxes sur les carburants en 50 ans ?

La SNCF n’a investi que dans le TGV et a fermé 50% des gares secondaires dans l’intervalle (et l’hécatombe va se poursuivre pour réduire les déficits causées par les lignes « non rentables »), contraignant les usagers à opter pour l’automobile, faute d’alternative.

Fake news officielles

Il n’y en réalité pas d’alternative à « l’ancien monde »: des taxes, toujours plus de taxes, frappant toujours plus durement les moins fortunés, le tout justifié par des arguments relèvent clairement des « Fake News ».

Et avec en prime, une bonne pincée de culpabilisation pour le cochon de payant : l’Etat applique le juste principe du pollueur-payeur, et qui veut payer moins de taxes n’a qu’à prendre son vélo (les personnes âgées en milieu rural apprécieront le conseil) ou à opter pour le covoiturage (Mme Borne l’a évoqué ce matin, puisqu’il est bien évident que l’un de vos voisins travaille pile poil dans votre quartier et respecte les mêmes horaires que vous).

Elisabeth Borne démontre qu’il n’y a pas de limite à la manie de l’État de nous faire les poches… la passivité des victimes l’y encourage puissamment !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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Un commentaire pour “Taxes sur les carburants : quand les bornes sont franchies, y a plus de limite !”

  1. Si les rumeurs concernant le disparition de M Ben Salman- gd réformateur et humaniste- se confirmerait, le prix du baril doublera, donc nos nouveaux taxes
    auront de l’effet.
    ,

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