Qu’ont donné les dernières IPO ? Et que penser de l’OPRA de ROUGIER ?

Rédigé le 16 juillet 2012 par | Biotechs et Medtechs, IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

Seconde semaine assez morose pour les actions françaises avec un recul de 1% de l’indice CAC Small et de 0,3% de l’indice CAC Mid & Small. Cette semaine ne restera pas dans les annales ; on s’est finalement beaucoup ennuyé malgré le début des publications américaines.

Les premiers résultats des entreprises américaines sont assez mitigés. Ils sont étrangement bons dans le secteur bancaire mais assez décevants pour ALCOA ou pour les technologiques, comme en témoigne le profit warning d’AMD. En fait, tous les secteurs d’activité sont touchés par le fort ralentissement économique. La notion de valeur défensive semble perdre de son intérêt et il faut de plus en plus faire un stock picking très très précis et qualitatif. Finies les analyses sectorielles !

Les gouvernements et les organismes financiers se préparent au pire… et vous ?

Les gouvernements, les grandes banques se préparent… Ils mettent en place des plans de prévention… se lancent dans des analyses, des projections, etc.

Découvrez vite six mesures d’urgence à prendre avant l’éclatement de la zone euro !

Prenez par exemple le luxe, qui résiste très bien à la crise. Eh bien BURBERRY ayant publié une activité plutôt décevante, à Londres, le secteur entier a souffert. Prenez l’informatique… le secteur a été déboussolé par le sales warning de l’indien INFOSYS. Les valeurs qui se comportent le mieux ne sont pas liées à un secteur mais à une niche, avec par exemple EUROFINS SCIENTIFIC (FR0000038259) dans la bio-analyse, GEMALTO (NL0000400653) dans les cartes à puce ou INGENICO (FR0000125346) dans les terminaux de paiement. C’est très important de comprendre que le stock picking est vraiment la notion qu’il faut retenir de cette période assez troublée… Oubliez le côté défensif ou les allocations sectorielles ! Vous devez choisir LA pépite.

Pour revenir à notre monde des small caps, je voudrai revenir sur l’échec et donc l’annulation de l’IPO d’AGREGATOR CAPITAL (FR0011276997). Je vous en avais pourtant parlé en bons termes début juillet, trouvant que cette boîte était une bonne idée pour jouer le non-coté, bien gérée et ayant de bons dossiers. Eh bien elle a complètement raté son IPO.

J’ai eu l’occasion de discuter à nouveau avec le patron du groupe que j’avais longuement rencontré il y a une quinzaine de jours. Selon lui, l’échec serait dû en grande partie à un faible appétit des investisseurs institutionnels et également à un surdimensionnement de l’opération. Mon analyse est la suivante : pourquoi, au final, des institutionnels positionnés sur des small caps ou sur du non-coté iraient acheter AGREGATOR alors que c’est leur métier ? Hum… il y aurait une sorte de concurrence dans le positionnement. D’autre part… la société a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre. Car AGREGATOR CAPITAL avait 35 millions d’euros à lever, et n’en a eu que 20 millions environ : on n’arrive pas aux 75% exigibles pour toute augmentation de capital. Peut-être eut-il fallu être moins ambitieux, compte tenu de la période actuelle.

Mais ce qui m’énerve, c’est qu’AGREGATOR rate son IPO, alors que c’est une belle boîte, qu’elle aurait sa place sur la cote… pendant que d’autres valeurs plus petites et qui me semblent beaucoup moins solides l’ont réussi avec succès. Enfin… leur IPO car la suite n’est pas forcément réjouissante pour les nouveaux actionnaires.

Prenez METHANOR (FR0011217710), dont je vous ai également parlé tout début juillet car elle entrait en Bourse. J’étais assez réticent sur le dossier notamment parce que la société a été créée en février 2012, qu’elle n’est pas rentable, positionnée sur une activité peut-être prometteuse, mais pour l’instant assez incertaine… Bref. Nous n’avions aucun recul sur la boîte. Mais bon.

Eh bien METHANOR a toutefois réussi son IPO (même si elle n’a pas levé la totalité espérée). Sauf que l’introduction s’est faite à minima à 9 euros… et que l’action a déjà dévissé de 20%.

Sinon, PIERRE ET VACANCES (FR0000073041) a continué sa purge, perdant ainsi plus de 12% sur la semaine pour se retrouver à son plus bas niveau depuis cinq ans et surtout avec une capitalisation proche de 106 millions d’euros. J’ai du mal à comprendre pourquoi la direction ne réagit absolument pas et laisse son cours baisser sans le moindre soutien… A moins qu’il n’y ait quelque chose que l’on nous cache mais franchement PIERRE ET VACANCES se paye sur un price to book (capitalisation par rapport aux fonds propres) de l’ordre de 0,21… ce qui n’est pas cher du tout. Mais nous verrons bien les résultats, publiés cette semaine.

CYBERGUN (FR0004031839) a une nouvelle fois déçu avec des résultats annuels mauvais et un décrochage de l’ordre de 26% sur la semaine. Restez à l’écart de ce dossier…

Un mot pour terminer de ROUGIER (FR0000037640)… Vous vous rappelez que l’OPRA (offre publique de rachat d’actions) portant sur 20% du capital du groupe dure jusqu’au 30 juillet et à été fixée à 41 euros soit une nette prime par rapport au cours prévalant avant cette opération. Comme par hasard, la famille fondatrice n’apporte pas ses titres à 41 euros… Elle les conserve. Elle détient 46,7% du capital. Cela me rappelle LVL MEDICAL (FR0000054686). La société avait fait de nombreuses OPRA sur son titre à 20 euros sans que la direction y participe. Et comme un fait du hasard (car je crois au hasard boursier…), AIR LIQUIDE a racheté récemment la totalité du capital de LVL MEDICAL à 30,89 euros par action.

Je vous laisse méditer sur cette comparaison et je suivrai l’évolution du dossier avec soin.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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