Inscrivez-vous gratuitement à La Bourse au quotidien


QE no limit de la BCE : la seule question importante est la seule qui n’a pas été posée !

Rédigé le 8 décembre 2016 par | BCE Imprimer

Bon, maintenant c’est clair pour tout le monde : l’eurozone n’est plus sous soins intensifs, mais se retrouve bel et bien placée en soins palliatifs avec administration de 60 Mds€ de morphine monétaire par mois jusqu’à… ce que mort s’ensuive.

En effet, malgré tout l’argent injecté et malgré celui qui est déjà dans la seringue, il n’est pas prévu que l’inflation retrouve un rythme supérieur à 1,7% avant 2020.

Autrement dit, tant que l’inflation reste sous 1,7%, le placement sous morphine de l’eurozone sera maintenu.

Si des « troubles politiques » surviennent (non, non, je ne pense pas en particulier à l’Italie, voyons !), la dose de morphine sera augmentée, et aussi longtemps que nécessaire.

Et tous les journalistes réunis à Francfort devant Mario-Noël avec sa hotte pleine de milliards n’ont fait que poser une seule question, sous des formulations différente.

Pas de « tapering » à l’horizon, c’est bien sûr ?
Personne n’en a discuté à la BCE ?
Vous n’en parlerez pas non plus d’ici mars ? Ah bon, pas avant la Saint Glinglin non plus ?
Vous allez continuer plein pot… les marchés peuvent s’abandonner à leur extase monétaire définitivement ?

OK, génial !

Et là chers lecteurs, j’enrage, je sors de mes gonds, je désespère de la gent journalistique qui raisonne désormais comme les brasseurs d’argent, drogués à la morphine monétaire.

Pas un seul de ces décérébrés n’a songé un seul instant à demander pourquoi le « QE » n’a pas marché avec 60 Mds€ durant 12 mois, pourquoi il n’a atteint aucun de ses objectifs une fois porté à 80 Mds€ durant 12 mois de plus, pourquoi il devrait nous combler de bienfaits avec 60 Mds€ par mois… mais attention…. pas avant 2020.

Autrement dit, la BCE injecte depuis 21 mois et n’en attend aucun résultat concret avant 2020.
C’est la définition même d’une stratégie qui ne fonctionne pas, non ?

Imaginez cher lecteur que vous préveniez votre patron (en l’occurrence, celui de la BCE, c’est le « marché ») que vous n’avez atteint aucun de vos objectifs malgré des moyens quasi illimités mis à votre disposition mais que vous le priez de patienter encore 3 ans, en gaspillant 60 Mds€ chaque mois pour un hypothétique commencement de résultat en 2020.

Vous recevriez votre lettre de licenciement le soir même !

Sauf si le métier de l’entreprise consiste précisément à imprimer de faux billets, au fallacieux prétexte d’enrichir une population qui n’en a jamais vu ni n’en verra jamais la couleur… car ceux qui sont sensés mettre cet argent dans les distributeurs se le gardent bien au chaud et l’empilent sur leurs comptes offshore.

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire