Prudence sur le secteur bancaire européen

Rédigé le 13 mars 2013 par | Apprendre la Bourse, Matières Premières Imprimer

Le secteur bancaire européen est nettement plus volatil que le marché, à la hausse comme à la baisse. Il a connu une progression très forte ces derniers mois : plus de 60% en moyenne depuis les points bas de l’année dernière, voire 100% pour certaines banques.

Jusqu’à récemment, le rebond n’a pas montré de signes de faiblesse. Mais cela commence à être le cas comme nous aurons l’occasion de le voir dans quelques lignes avec l’analyse graphique du secteur européen. Mais voyons d’abord le fondamental et les résultats des banques parus ces dernières semaines.

Les fondamentaux d’un secteur toujours convalescent
L’année dernière, la BCE a fait ce qu’il fallait et les banques semblaient aller un peu mieux. Tout de même, ce qui a attiré mon attention dans les publications des groupes bancaires ces dernières semaines, c’est le contraste avec la progression des banques sur les marchés ces derniers mois.

Pour ne citer que le Crédit Agricole, la plus exposée à la Grèce et à l’Italie récemment, la perte sur 2012 s’est chiffrée à 6,5 milliards d’euros — une perte historique. Certes, tout cela, c’est du passé, me direz-vous. C’est vrai. C’est pour cela que j’en tiens compte… dans une moindre mesure que l’analyse technique : elle aussi est basée sur des données passées, mais au jour le jour, et nous permet de déterminer des scénarios à court comme à moyen terme.

Pour finir sur ce point, l’essentiel dans mon travail est de guetter les excès. Dans cette optique, quand je vois qu’un secteur progresse fortement et même surperforme les indices alors que sa situation ne s’améliore pas nettement fondamentalement, cela attire mon oeil d’analyste.

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Il y a à peine un an, j’attendais un rebond significatif du secteur bancaire ; il a bien eu lieu. Désormais, après la forte progression de ces derniers mois, l’heure est à la prudence et les signes d’essoufflement seront à surveiller. Voyons cela avec mon analyse graphique du secteur.

De premiers signes d’essoufflement
Vous trouverez ci-dessous le graphique en données journalières du secteur bancaire européen :

stoxxbanks0313.png
Cliquer ici pour agrandir

Après une progression très nette ces derniers mois, l’indice sectoriel bute depuis le début de l’année près d’une zone de résistance à 180 points, et consolide depuis sous celle-ci. Juste au-dessus, les anciens plus bas de novembre 2010 à 188 points renforcent la pertinence de la zone.

Cela montre aussi que le secteur reste convalescent à moyen terme. En effet, si le rebond récent a été net, il faut le mettre en parallèle avec la chute depuis 2007 — nous sommes encore loin des plus hauts, alors que certains indices, comme le DAX, en sont proches. Dans ce contexte, la faiblesse relative du secteur bancaire à court terme est d’autant plus à surveiller comme le pré-signal possible d’une correction plus large dans les prochains mois.

Concernant les indicateurs mathématiques, la situation est également de plus en plus contrastée ces dernières semaines. Sur le RSI, nous avons heurté une résistance à 74 lors de l’échec du secteur au niveau des 180, mais nous revenons proches d’une ligne de tendance ascendante. Un rebond à court terme n’est donc pas à exclure.

Le momentum et le MACD vont également dans ce sens. Ils restent toutefois tous les deux sous une oblique baissière : l’idée sera donc de vendre ce rebond dans les semaines qui viennent, proche des 180 points et tant que les 188 points font office de résistance.

Sous cette zone, on visera une correction en direction des 161 points, zone de support significative correspondant aux anciens plus hauts de février 2012. Ce niveau correspond également à un retracement de Fibonacci de la récente baisse qui renforce sa pertinence. En cassure, une accélération pourrait ensuite se mettre en place vers les 148 points.

L’heure est donc à la prudence sur le secteur, qui est une des clés pour l’évolution des indices dans les prochains mois et que je vais donc surveiller de près dans les semaines qui viennent pour les abonnés à Levier 7.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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