Profit warning et dégradation de la perspective de crédit : Suez au plus bas !

Rédigé le 31 janvier 2018 par | A la une, Actions Imprimer

Suez (FR0010613471), le numéro deux mondial de la gestion de l’eau et des déchets, commence vraiment mal l’année. Mercredi dernier, la direction a émis un profit warning sur ses résultats 2017. Bien évidemment l’annonce n’a pas plu au marché…

Le titre a donc été massivement vendu suite à cette annonce et a lâché près de 20% en séance, tombant lourdement sur ses niveaux de 2013 ! 

Suez

Suez dans le collimateur de Moody’s…

Les opérateurs ne décolèrent pas. Et on ne peut que les comprendre.

Pour en avoir eu quelques-uns dernièrement au téléphone, ils ne comprennent pas qu’aucune mention à un quelconque profit warning n’a été faite le 13 décembre dernier, lors de la journée « investisseurs » du groupe. Une attitude qui jette un profond discrédit sur Suez – et explique l’important courant vendeur sur le titre.

Un gros coup dur à quelques semaines de la présentation des résultats annuels, programmée au 1er mars prochain.

Mais que dit le profit warning de Suez ?

Eh bien que l’Ebit devrait se contracter de l’ordre de 2%, contre une légère hausse initialement annoncée, et se situer autour de 10%.

L’Espagne et la situation en Catalogne pèsent, selon la direction. Certes. On peut le comprendre. Mais, encore une fois, pourquoi avoir éludé la question lors de la dernière réunion « investisseurs » ? Fait d’autant plus incompréhensible que les élections au Parlement de Catalogne avaient lieu le 21 décembre dernier, soit juste après cette fameuse journée « investisseurs ». 

Tout logiquement, l’agence Moody’s a annoncé vendredi dernier qu’elle dégradait la perspective de notation de Suez, passant de « stable » à « négative ». Surtout que, et même si c’est un classique pour le secteur, le groupe affiche des ratios financiers élevés : son gearing dépasse les 100% et son ratio dette nette sur Ebitda flirte avec les 3 – niveau critique à ne surtout pas dépasser… 

Suez plombe le secteur

Si Suez reste un groupe solide, on attend des solutions pour redresser les comptes. Suez devrait dégager un free cash flow de l’ordre de 1 Md€ l’an prochain, mais avec son endettement élevé, l’impact dans les comptes est immédiat. Suez va devoir prendre les décisions qui s’imposent pour assainir ses finances… On les attend donc…

Pour l’heure, le groupe ne modifie pas sa politique de dividendes, avec un coupon de 0,65 € au titre de 2017. Mais, même à 5,5%, je ne pense pas que le rendement soit suffisant pour ramener les investisseurs sur le titre. Suez est vraiment trop cher avec un PER de 15 et une VE/EBIT de 14. Certes, c’est inférieur à la moyenne du secteur, et même à la moyenne historique de Suez (PER de 19 et une VE/EBIT de 17), mais l’argument ne fait pas le poids face à un endettement aussi conséquent.

D’ailleurs, le secteur dans son ensemble a été emporté par cette mauvaise nouvelle. Depuis l’annonce de Suez, Veolia Environnement a cédé plus de 5% tandis qu’Engie a abandonné 3%…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias, conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management, responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance, consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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