Le prix d’un bon conseil financier : 42 milliards de dollars

Rédigé le 3 juillet 2014 par | Apprendre la Bourse, IPO, OPA, opérations financières Imprimer

Dans les opérations financières d’importance – comme l’alliance entre Alstom et General Electric –, il faut savoir s’entourer. Un conseil de qualité peut faire économiser bien des millions, voire plus.

Mais suffit-il de s’adresser aux grandes banques d’affaires les plus renommées pour obtenir le meilleur résultat ? Et, par extension, suffit-il d’investir dans les opérations de fusions-acquisitions pilotées par les plus grands noms pour s’assurer de la meilleure performance ? C’est ce que nous allons voir aujourd’hui.

Le prix de la qualité ?

Revenons donc sur le feuilleton Alstom/GE. En réalité, cher lecteur, il s’agit-là d’un affrontement entre Rothschild et Bank of America Merrill Lynch d’un côté (les conseillers d’Alstom) et, de l’autre, Lazard et Crédit Suisse (qui représentent GE). Finalement écarté de la course, Siemens avait apparemment eu recours à la Société Générale et BNP Paribas, selon Reuters. On ignore en revanche qui a recommandé à l’Etat d' »emprunter » les actions Alstom de Bouygues.

Bref, devant un tel enchevêtrement de compétences (on peut du moins l’espérer…), comment l’investisseur individuel peut-il se positionner pour profiter de ces opérations de fusions-acquisitions (également appelées M&A) ?

Une piste consiste à analyser les fondamentaux des sociétés impliquées dans la fusion, pour estimer la valeur de la nouvelle structure qui en ressortira. Une autre repose sur l’examen des performances passées des conseillers en M&A impliqués. Cette méthode fait l’objet de l’étude* dont je vais vous parler aujourd’hui – elle a examiné pas moins de 6 379 fusions-acquisitions effectuées aux Etats-Unis entre 1985 et 2004.

Instinctivement, on pourrait penser que se faire conseiller par les banques ayant la meilleure réputation pour les M&A rapporte davantage. En réalité, cette stratégie a un coût : 42 milliards de dollars. Il ne s’agit pas des honoraires facturés par les ténors de Wall Street, mais… de la perte cumulée essuyée par leurs clients lors de ces fusions ! Ces 42 milliards sont donc « le prix de la qualité », en quelque sorte…

Les clients qui ont opté pour des établissements de moindre renommée, disons de deuxième catégorie, ont pour leur part empoché un bénéfice de 13,5 milliards de dollars sur cette période.

Pour remettre ces chiffres astronomiques en perspective, notons que l’ensemble des fusions-acquisitions annoncées en 2006 représentait un volume cumulé de quelque 3 800 milliards de dollars (le total de l’année 2004 était certainement un peu inférieur). Toujours en 2006, les banques qui ont conseillé ces M&A ont encaissé 32,8 milliards de dollars d’honoraires, dont près de 40% sont allés dans les poches des 10 plus prestigieuses banques d’investissement.

Quels enseignements tirer de ces chiffres ?

Premièrement que la banque d’investissement est une activité particulièrement hiérarchisée (les plus grands noms se taillent la part du lion). Ensuite que la réputation ne fait pas tout, comme l’illustre la perte de 42 milliards subie par les clients de « la crème de la crème ». Il faut donc se méfier des classements basés sur la réputation des banques d’affaires.

Enfin, l’étude précise que ce chiffre de 42 milliards peut paraître biaisé, puisqu’il est gonflé par les résultats de 178 M&A particulièrement désastreuses menées par de grands noms pendant la période analysée. Sans ces 178 « accidents », les établissements les plus connus auraient surperformé ceux de deuxième catégorie, note au passage le chercheur.

Mais, évidemment, si on devait commencer à retirer les plus grosses pertes de nos portefeuilles pour en calculer la performance, tout serait plus facile, y compris pour vous et moi…

Quant à savoir qui a la meilleure réputation dans le dossier Alstom/GE/Bouygues/Elysée, je vous laisserai en juger par vous-même.

* Les études mentionnées dans cet article, et bien d’autres encore, peuvent être consultées en vous enregistrant sur notre page spéciale « Agora ».

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sylvainfrochaux
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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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