Prismaflex International commence à attirer du monde

Rédigé le 12 juillet 2011 par | Mid et Small Caps Imprimer

Chose promise, chose due. Dans une brève du 23 juin, je vous faisais part de mon intention de consacrer un article à PRISMAFLEX INTERNATIONAL (FR0004044600 – PRS), une société dont j’ai rencontré les dirigeants à la mi-juin. Eh bien la voilà.

L’histoire du groupe débute en 1988 avec sa création sous le nom de Rigiflex International. Puis en 1999 c’est l’entrée au Nouveau Marché de la Bourse de Paris — un compartiment qui a depuis disparu.

Le groupe acquiert en 2000 PWS, une société suédoise, leader mondial des panneaux trivisions — ce sont des panneaux d’affichage généralement utilisés par la grande distribution, mais vous allez voir que les utilisations sont multiples. Rigiflex ajoute ainsi une nouvelle activité à celle d’impression.

Aujourd’hui, PRISMAFLEX, le nouveau nom de la société depuis 2001, a son siège social dans le Rhône-Alpes, et demeure le seul fournisseur du monde à être à la fois un réel imprimeur numérique et un fabricant industriel de panneaux.

La fabrication de panneau a le plus souffert de la crise, mais redécolle

Baptisée hardware, la fabrication de panneaux couvre tous les pans de l’activité, que ce soit les panneaux statiques, les panneaux dynamiques ou même les panneaux numériques extérieurs (LED).

Vous voulez quelques exemples ? Lors du festival de Cannes, tous les panneaux figurant sur la Croisette pour faire la promotion des films sont des panneaux Prismaflex. Le groupe a par exemple comme clients des entreprises comme JC Decaux, CBS ou encore Clear Channel.

Vous vous doutez que les panneaux publicitaires ont subi la crise de plein fouet : les annonceurs ont, pendant 2008-2009, complètement gelé leurs budgets publicitaires.

Mais, du coup, quand l’activité redémarre, c’est avec force : elle a progressé de 39% sur l’exercice 2011-11 à 23,7 millions d’euros (mero) et représente maintenant 46,8% du chiffre d’affaires.

Le groupe reste conscient de ce que signifient ces chiffres : « Il s’agit d’un rattrapage car cette activité a beaucoup souffert lors de la crise. Nous avons dû fermer une usine et restructurer l’activité » me précise le directeur financier de PRISMAFLEX Emmanuel Guzman. « L’horizon semble toutefois éclairci avec une montée en puissance de l’activité LED, actuellement encore faible avec 2% du chiffre d’affaires du groupe et une reprise encourageante chez les grands afficheurs européens » ajoute-t-il.

Pour l’instant dans cette branche, ce sont les panneaux d’affichage et le mobilier urbain qui se taillent la part du lion avec respectivement 40% et 16% du chiffre d’affaires.

Passons maintenant à l’activité Impression qui représente 53,2% du chiffre d’affaires

L’an dernier, elle a progressé de 21,6% à 26,9 mero. « C’est une activité très résistante avec cependant une pression à la baisse sur les prix » souligne Emmanuel Guzman qui a répondu à toutes mes questions avec beaucoup de transparence. La division Impression apporte des avancées technologiques majeures avec par exemple des machines numériques grand format. Figurent parmi les grandes réalisations du groupe les fameuses bâches du CNIT à la Défense.

PRISMAFLEX est présent aussi bien sur les solutions d’impression pour l’affichage extérieur que pour la grande distribution — et bien sûr sur l’impression événementielle et monumentale qui se développe.

Si l’on cumule les activités hardware et impression, on est en présence d’un groupe qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 50,6 mero, en progression de 29% sur l’exercice précédent. Ajoutons que le groupe est présent dans 120 pays avec 10 filiales.

Mais, ambitieux, son positionnement géographique ne satisfait pas complètement Emmanuel Guzman : « Nous ne sommes pas présents dans les pays émergents où la croissance est la plus importante. Nous visons un développement au Brésil, en Inde ou encore en Chine dans les prochaines années » me confie le directeur financier.

Vous savez comme moi ce que cela veut dire : si le groupe arrive à percer dans ces pays, c’est la croissance assurée !

2010-11 : une année de recovery* pour le groupe… qui commence à attirer du monde

En effet, après un exercice 2009-10 marqué par une perte nette de 0,25 mero, PRISMAFLEX a réussi à inverser la vapeur sur l’exercice suivant en dégageant un bénéfice net de 1,4 mero, permettant à la marge nette d’atteindre 2,8% du chiffre d’affaires. « Nous avons constaté une perte de valeur du goodwill de l’ordre de 1,09 mero sur l’exercice. Si on enlève cette charge non récurrente, on revient à une rentabilité nette de 5% » ajoute l’homme des finances.

PRISMAFLEX arrive même à améliorer sa structure financière alors qu’en juillet 2010, il avait dû négocier avec les banques parce qu’il n’avait pas respecté ses ratios de crédits structurés. On en est loin avec un gearing (le célèbre ratio endettement sur fonds propres) qui revient à 42%.

D’après mes calculs, PRISMAFLEX devrait connaître un nouvel exercice de croissance avec un chiffre d’affaires en hausse de l’ordre de 10% à 56 mero et un bénéfice net autour de 1,7 mero, ce qui ferait une rentabilité autour de 3%. Attention, ce ne sont que des prévisions de début d’exercice !

Le titre n’est pas très liquide car le capital est à 43% entre les mains du fondateur, et pour 15% à la banque de Vizille. Il ne reste donc au public que 42% soit 5,2 mero…

Mais de nouveaux fonds semblent s’intéresser au dossier. Ma rencontre avec la direction financière du groupe a eu lieu après la réunion SFAF de présentation des résultats et j’ai remarqué en arrivant qu’il y avait une quinzaine de gérants présents dans la salle…

Pas mal pour une petite société méconnue sans doute à tort…

* Décryptage : recovery
On parle de recovery pour une entreprise lorsqu’elle retourne à la profitabilité après une période de déficit.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

3 commentaires pour “Prismaflex International commence à attirer du monde”

  1. Merci !

  2. Attention, marché de l’est tres volatil, tres flou et surtout pas fiable

    elle a deja bcp monté en plus. Mefiance pour moi sur ces niveaux

  3. […] (FR0004044600), que je vous ai présenté cet été, voit en effet son résultat net part du groupe sur le premier semestre tomber à 0,33 M€ contre […]

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