Prêt à entrer dans un club ?

Rédigé le 10 juin 2015 par | Apprendre la Bourse, Toutes les analyses Imprimer

A défaut d’avoir de bonnes stratégies en main, l’investisseur lambda a souvent besoin d’une sacrée dose de confiance pour prendre ses décisions. Pour éviter de se fier à des inconnus, il aura tendance à copier les investissements des stars de Wall Street ou ceux de ses amis qui bénéficient « d’informations privilégiées ».

Regardons cela de plus près.

Certains diront qu’il n’y a rien de pire qu’investir seul. Un peu comme boire son café dans son coin, ça peut en déprimer plus d’un. Une solution assez logique consiste dès lors à appartenir à un club, si possible composé de membres d’un certain niveau social et aguerris aux choses de la finance.

Pour vérifier si ces relations sont de qualité (ou disons profitables), des chercheurs ont calculé la corrélation entre la proximité de parcours de golf et la performance boursière de milliers d’investisseurs américains entre 1996 et 2007. L’impact est étonnamment positif.

Les auteurs démontrent que moins un investisseur a confiance dans la société au sens large (j’y reviens plus bas), plus il aura tendance à se rapprocher des détenteurs d’information au niveau local : chefs d’entreprises ou élus régionaux en particulier.

Se basant sur des sondages permettant d’évaluer la qualité de la confiance entre les personnes dans les différentes régions américaines, nos deux chercheurs démontrent que plus cette confiance est faible et plus les investisseurs privilégieront les actions de sociétés basées dans leur région. L’investisseur développera alors un biais local dans ses décisions, grâce à des informations régionales de meilleure qualité. Ce biais, sur lequel nous nous penchons aujourd’hui, se mesure ici comme la différence entre les positions détenues au niveau local et la composition de l’indice de référence.

Reste à trouver où côtoyer ces détenteurs d’informations ? Et c’est là qu’on retrouve nos golfeurs. Outre le niveau social généralement élevé des pratiquants, le golf et l’investissement partagent de nombreux points communs.

Pour n’en citer que trois points, tous deux sont rendus passionnants par l’espoir de s’améliorer, disait Bernard Darwin l’un des plus grands écrivains sur le golf du 20e siècle et petit-fils du naturaliste Charles Darwin – autant dire qu’il en connaissait un bout, question évolution.

Comme à la bourse, il faut souvent avoir une très bonne mémoire pour se souvenir de tous ses bons coups au golf et une très petite pour oublier ses nombreux mauvais coups. Enfin, le golf et l’investissement se pratiquent sur le même parcours : les 25 cm entre les oreilles.

Et puis, les actions sont comme le swing des golfeurs : elles connaissent des hauts et des bas. L’étude montre, par exemple, que plus le biais local de ces stratégies est marqué, plus la performance est prononcée, surtout dans les régions où le niveau de confiance en la société est très faible : la différence se monte à +7% par an, pour un même niveau de risque. Dans les régions où la confiance est élevée, les portefeuilles avec biais local n’apportent que peu de différence de performance (moins de 1% par an).

De manière indirecte, les chercheurs vont jusqu’à fournir un outil pour déterminer si vous résidez dans une zone propice à la surperformance. Et donc si vous devez déménager. Plus un investisseur vit près d’un ou de plusieurs clubs de golf, plus il aura de facilité à nouer des liens privilégiés avec des détenteurs d’informations. En supposant bien sûr qu’il a le capital (argent et temps) pour y entrer.

Conclusion : des investisseurs dubitatifs par rapport aux ressources de la société bénéficient d’un avantage en matière d’information locale lorsqu’ils résident à proximité de prestigieux parcours de golf. Près pour un swing ?

Dernier point à ne pas négliger, l’effet des facteurs externes. Le joueur de golf préférant souvent la météo clémente, la surperformance découlant du biais local sera plus forte lors des périodes ensoleillées et sèches.

Dans le détail, les chercheurs ont calculé l’intensité du biais local et la performance du mois passé sur des milliers de portefeuilles analysés entre janvier 1996 et décembre 2007. Ceci afin d’évaluer l’effet de la confiance, de la proximité de terrains de golf et de la météo.

Les graphiques se trouvant dans l’étude (que vous pouvez retrouver sur notre site) parlent d’eux-mêmes : sur l’ensemble de la population étudiée, les investisseurs dans les zones les plus méfiantes ont obtenu une performance supérieure à 100% sur la période, alors que leurs homologues confiants n’ont, pour ainsi dire, rien gagné.

L’effet est encore plus marqué (une surperformance supérieure à 200%) pour les investisseurs vivant proches de clubs de golf. Enfin, les périodes de beau temps accentuent encore davantage cet effet, avec une surperformance de 300% pour ceux vivant près de parcours de golf et dans des zones à confiance basse.

Si le golf n’est pas pour vous, à mon tour de vous inviter à un petit club bien select. Dès aujourd’hui, nous dévoilons sur notre sitele contenu de notre nouveau séminaire. Mais, attention, les places sont strictement limitées à 20 participants (ni plus, ni moins). Comme au golf, on se doit d’être sélectif ; sinon, la qualité des relations en pâtirait. A bon entendeur.

* L’étude mentionnée dans cet article, et bien d’autres encore, peut être consultée en vous enregistrant sur notre page spéciale “Agora”.

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Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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