Pression vendeuse sur le FOOTSIE TechMARK : préparez-vous à un cycle baissier durable

Rédigé le 3 juin 2008 par | Autres indices Imprimer

Notre passage en revue des principales places financières ne pourrait évidemment pas être complet sans l’étude de notre éternel rival : l’Angleterre. Tout comme Wall Street, la City londonienne (qui représente 2,5% du PIB britannique) souffre depuis l’été dernier (subprime oblige). Londres paie là sa première place au sein de l’Europe financière : les institutions financières, banques en tête, taillent dans leurs effectifs pour retrouver des marges suite aux gigantesques dépréciations, ainsi que pour faire face à la morosité de l’activité.

Les banques britanniques, victimes de leur retard technologique En outre, et contrairement à ce que beaucoup croient en France, la finance britannique est plutôt « vieux jeu ». En France, technologiquement, les organismes financiers et les banques sont bien plus avancés, que ce soit pour des choses compliquées (comme la compensation et la gestion des cotations), ou pour des choses très basiques comme par exemple un bête virement on-line.

Ce retard technologique a aggravé la crise financière, notamment quand des banques que l’on croyait solides ont commencé à s’écrouler pour avoir fort mal calculé leur exposition et leur risque global. Au point que notre très libéral voisin thatchérien ait été amené à devoir procéder au sauvetage de certaines banques à l’aide de l’argent public (sic !).

Paradoxe : dans le temple de la Finance, le FOOTSIE 100 résiste… Si le secteur de la finance est particulièrement important en Angleterre, Londres attirant des capitaux aussi bien d’Asie, que d’Amérique, du Moyen-Orient ou de l’Europe de l’Est, son indice de référence — le FOOTSIE 100 — n’a toutefois pas été affecté outre mesure.

Au plus fort de la crise, l’indice perdait 18% par rapport à la fin 2007, avant de réduire son repli à -7% ces derniers jours. En comparaison, le CAC40 a perdu jusqu’à 21% et se situe à présent à 11% sous son niveau du début d’année (alors que sa composante financière est moins prononcée !).

Cette relative bonne tenue s’explique par l’importance des secteurs de l’énergie et des ressources de bases : 7 valeurs (sur un indice qui en contient 100), représentant pas moins de 30% du poids du FTSE 100, sont issues de l’exploitation directe des matières premières, dont les cours ne cessent de monter depuis le début de la décennie. Il y a bien sûr le pétrole (avec les géants Royal Dutch/Shell et BP), le gaz (British Gaz Group) et les minerais (Rio Tinto, Anglo American, BHP Biliton et Xstrata). En y ajoutant de plus l’extrême faiblesse de la Livre Sterling face à l’Euro et au Dollar depuis le début de l’année, on comprend mieux pourquoi la lecture graphique du FTSE 100 est pour le moins confuse.

… mais un autre indice révèle la baisse à venir Le FTSE 100 n’est toutefois pas le seul indice de la Grande-Bretagne : comme aux Etats-Unis, la bourse londonienne dispose en effet de son indice des valeurs technologiques, le FTSE TechMARK, créé en 1999, au plus fort de la bulle dot-com. La limpidité de sa configuration sur les derniers mois mérite que l’on s’y intéresse, car celle-ci est similaire à la situation des indices américains ou européens, et accrédite plutôt la thèse d’un marché baissier pour les prochains mois.

Voyons cela à l’aide du graphique ci-dessous. Celui-ci est en données hebdomadaires, cette échelle de temps offrant une visibilité plus adaptée à la situation sur le moyen terme.

L’élément dominant qui ressort de ce graphique est le pivot situé à 1 460 pts : son test à plusieurs reprises au cours de l’année 2007 a permis de relancer la hausse de l’indice, tandis que sa rupture en début d’année a déclenché un puissant mouvement baissier.

La reprise de ces dernières semaines depuis le point bas de mars dernier à 1 285 pts a permis un retour du FTSE TechMARK sous cet obstacle majeur : la réaction baissière suite à son test a été très significative, la présence du classique ratio de 50% de retracement ainsi que de la moyenne mobile à 30 semaines devraient très certainement continuer à exercer une pression du courant vendeur. Et ce au moins en direction du premier soutien à 1 350 pts, situé 5% plus bas.

Les investisseurs technos vont couper leurs pertes sur les 1 460 pts Pourquoi la baisse est-elle susceptible de reprendre dans cette zone précisément ? Justement parce que les probabilités sont élevées que les investisseurs qui se sont positionnés sur ce marché au cours de l’année 2007 décident de limiter leurs pertes en allégeant leur exposition sur les niveaux actuels. Un intervenant positionné entre janvier et décembre 2007 (partie orangée sur le graphique) est forcément en perte, et il aura en mémoire le seuil psychologique des 1 460 pts, puisque celui-ci a relancé à la hausse au moins trois fois. En outre, la perte subie par notre intervenant relativement récent commence à être assez significative, et il n’est sans doute pas prêt à faire le dos rond aussi longtemps. Les intervenants sur ces valeurs sont souvent dynamiques… et impatients !

Et plus le nombre d’opérateurs qui raisonnent de la même façon est élevé, plus le mouvement prend de l’ampleur, entraînant un effet « boule de neige ».

Principales composantes du FTSE TechMARK
CompagniePondération
BAE Systems9,60%
Elan Corp7,29%
Smith & Nephew6,72%
Shire5,98%
Cable & Wireless4,87%
Sage Group4,80%
Cobham4,36%
Logica4,30%
Autonomy4,11%
Thomson Reuters4,00%
Total :56,03%

Si vous êtes curieux de connaître cet indice techno, voici un petit récapitulatif des principales composantes du FTSE TechMark. Les 10 premières sociétés représentent à elles seules plus de la moitié de l’indice : on y trouve en tête BAE Systems (défense et aérospatial), Elan Corp. (biotechnologie) et Smith & Nephew (équipement médical).

Nous sommes clairement entrés en cycle baissier La situation actuelle de ce marché invite donc à la plus grande prudence, le risque s’avérant, selon moi, particulièrement élevé. Comme je vous l’ai exposé ces précédentes semaines, je ne considère pas la chute des bourses lors du 1er trimestre 2008 comme une crise passagère dans un cycle haussier, mais bien comme la première vague de baisse d’un marché qui a demandé entre 12 et 18 mois pour se retourner.

C’est en tout cas l’hypothèse de base que je retiens actuellement dans mon travail au quotidien sur les Turbos. Cette analyse nous a plutôt réussi sur les turbos puisque le 28 mai, je clôturai trois puts sur +13%… +10,47% et… +13,33%.

Evidemment, je peux me tromper. Toujours est-il que le rapport des probabilités est clairement en faveur d’une baisse, et même si certains ont toujours peur de vendre à découvert, ce n’est pas du tout le moment d’acheter. Et puis si on a au moins 10 années d’expérience des marchés, on apprend à ne pas voir les choses à trop court terme, et à filtrer le bruit statistique qui n’est que de « l’écume des jours ».

La vague haussière (qui a cassé la lourde tendance baissière du début du siècle) a pour moi bel et bien pris fin, et bien malin celui qui pense pouvoir prédire la fin de la baisse actuelle qui peut bien durer aussi longtemps que celle entre 2000 et 2002… Dans ces cas là, la seule chose que vous pouvez acheter, ce sont des puts sur des produits dérivés, tels les Turbos. A bon entendeur

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marc-dagher
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