Prenons un peu de recul sur les marchés

Rédigé le 26 juin 2014 par | Autres indices, Cac 40 Imprimer

Vous connaissez le principe maintenant : si les statistiques macro-économiques américaines sont bonnes, les marchés boudent par crainte que la Fed ne resserre les rennes ; à l’inverse, les marchés applaudissent aux moindres signes de ralentissement ou toussotement de l’économie. La semaine dernière donc, Janet Yellen a tempéré ses propos concernant le timing du relèvement des taux… Une bonne mauvaise nouvelle donc que les marchés ont applaudie en fin de semaine.

Pour autant… doit-on passer « full bull » et jouer la hausse ? Vous vous doutez bien que si je pose la question, c’est que je pense que non.

En fin de semaine dernière d’ailleurs, j’ai conseillé à mes abonnés de Mon Portefeuille Zen (ma lettre d’investissement basée sur l’analyse technique et dans laquelle nous investissons à moyen terme ; rien à voir avec mon service de trading sur turbos et CFD donc) de revendre Air Liquide. Nous l’avions acheté en janvier, et le problème c’est que je pense que les marchés ont désormais plus de chances de consolider que de poursuivre leurs progressions. En effet, je pense que le gros des « bonnes » (en terme de marché) nouvelles est derrière nous et que désormais de nombreux nuages pointent pour cet été.

D’abord, vous savez que la situation géopolitique reste tendue (Irak/Ukraine), ce qui a pour conséquence directe la hausse du pétrole ou des cours de certains métaux de bases (comme le Nickel). Or je pense que cela va rapidement peser sur les comptes des entreprises.

Quand on greffe à cela d’autres évènements exogènes, comme le cas de l’Argentine − qui va devoir éviter une situation de défaut avant la fin du mois −, je pense vraiment que la plus grande prudence est requise. Nous avons en effet de nombreuses sociétés hexagonales qui sont investies en Amérique du Sud (Edenred pour ne citer qu’une valeur !), choisissant de miser sur ce continent et sur l’effet « Coupe du Monde »… Or je crains que la faillite de l’Argentine ne crée plutôt une onde de choc négative.

Donc je crains que la prochaine vague de trimestriels soit plus que jamais à risque (nous avons déjà eu les warning des Lufhtansa et autres Vallourec). Et comme je l’explique depuis pas mal de temps à mes abonnés, je pense que les trimestriels et prochains résultats d’entreprises seront désormais le prochain catalyseur des marchés, étant donné que les positions des banques centrales sont désormais parfaitement claires, connues et anticipées.

D’où aussi ma décision de vendre Air Liquide en fin de semaine dernière, sur un gain de 18%. En effet, alors que vendredi était une journée de « roll » sur les contrats (échéance trimestrielle), de nombreux arbitrages et débouclages me semblaient probables. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’a pas manqué : le CAC a rechuté assez nettement après 16h, vendredi (heure d’expiration des contrats), et pour cause. Si vous vous placez du point de vue d’un investisseur international, vous allez très certainement commencer par sous-pondérer le CAC40 par rapport à beaucoup d’autres indices européens.

pondération CAC40

 

La pondération du CAC40 va lui jouer des tours…

Pour quoi ? eh bien… nous avons… comment dire… quelques « boulets ». Faites la somme de EDF, Alstom, BNP et autres Vallourec (qui a toutefois quitté le CAC vendredi) : vous arrivez à 10% de l’indice environ qui a subi d’importants dégagements. Autre élément : si vous deviez acheter une valeur défensive/de rendement cet été, qui aurait votre préférence entre du E.ON (le EDF allemand) ou du EDF ?

Vu la position de notre gouvernement (comme encore dans le cas d’Alstom), je pense que vous voyez où je veux en venir… Et cela vaut également pour pas mal de secteurs. Outre le cas de BNP Paribas, je pense par exemple encore à l’arbitrage Vallourec face à son concurrent italien Tenaris.

Le point commun est que dans tous les cas, les valeurs françaises seront probablement les premières à être sous-pondérées ! Pas de bon augure donc pour le CAC…

En résumé donc, alors que dans le même temps les valeurs financières restent les plus faibles et les plus attaquées, je pense que cela n’augure rien de bon pour cet été. En cette fin juin, ma conclusion est donc sans appel : je ne veux que du rendement. A ce sujet, il était d’ailleurs intéressant de remarquer qu’à Wall Street mercredi soir après la Fed, ce sont les valeurs de rendement qui ont été recherchées profitant de l’effet d’un début de remontée des taux repoussé.

PS : pour investir sereinement, en bon père de famille mais avec un bon timing de marché, c’est par ici ! 

 

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Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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