Première leçon de la première séance boursière de l’année

Rédigé le 5 janvier 2016 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

La première séance de l’année 2016 fut peut-être la pire entame observée depuis 1932 à Wall Street… Mais elle s’avère surtout riche d’enseignements.

Voyons comment les principaux indices US ont échappé à un scénario de chute libre à la chinoise. Rappelez-vous, hier, le 4 janvier, les cotations ont été suspendues à Shanghai et Shenzhen, procédure « coupe-circuit » décidée en septembre 2015 et qui se déclenche lorsque le repli moyen a atteint la limite maximum de -7% sur l’indice CSI300…

Sauf qu’on l’a vu : le coupe circuit a enrayé la débâcle mais n’a pas permis aux indices chinois de rebondit ce 5 janvier. L’indice de Shenzhen perd plus de 8%, le SSE -0,26% et le CSI300 préserve une clôture dans le vert à +0,28% : l’honneur est sauf.

Donc hier, sur les marchés américains, alors qu’une forte pression baissière s’est exercée sur l’ensemble des compartiments durant de longues heures (les pertes se creusant jusque vers 3,3% pour le Nasdaq), APPLE (NADASQ: AAPL), qui avait ouvert en repli de -3%, n’a cessé de reprendre du terrain. Lentement mais obstinément, au fil des heures, Apple a fini par renouer avec l’équilibre à une heure de la clôture, permettant aux principaux indices US de réduire leur perte de 0,30 points.

APPLE, première capitalisation planétaire, a clairement servi de levier afin de préserver des seuils techniques majeurs comme les 4 900 pts sur le Nasdaq composite, les 2 000 sur le S&P, sans oublier le Dow Jones, tombé un moment sous les 17 000 mais qui termine à 17 150 pts. Je vous renvoie à ce sujet à l’analyse que Gilles Leclerc a faite hier des principaux indices US : vous y verrez les supports qui sont à préserver absolument en vue long terme.

Pour résumer : il n’y avait plus d’acheteurs sur le marché lundi mais le repli indiciel est resté sous contrôle car les sherpas de Wall Street sont bel et bien là, déterminés à empêcher le marché de fixer librement la valeur des actifs.

Ils disposent des moyens techniques et financiers de garder le contrôle des prix et c’est tout ce qui importe : les robots algorithmiques ne connaissent justement que le prix ; la notion de valeur leur est complètement indifférente… comme pour les subprime en 2007. Allez, c’est parti pour une bonne année… !

Mots clé : - - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Laissez un commentaire