Une poussée de fièvre inflationniste en décembre en Europe ?

Rédigé le 4 janvier 2017 par | Europe Imprimer

Une poussée de fièvre inflationniste en décembre en Europe ? Ça dépend où on place le thermomètre !

La poussée inflationniste observée en Allemagne hier (elle passe en 1 mois de +0,7 à +1,7% comme nous l’évoquions ce matin) se confirme, quoique de manière très atténuée dans l’Eurozone où elle repasse de +0,6% à +1,1% en rythme annuel.

Bien sûr, on pourrait nous objecter qu’il s’agit d’un quasi doublement et nous n’aurions pas manqué de « faire image » si la réalité était aussi brutale que ce qui ressort en 1re lecture.

Parce que de nombreux bémols doivent être apportés et le 1er d’entre eux concerne « l’inflation sous-jacente » (hors énergie, tabac et alimentation): la dérive des prix (+0,9% en « core ») n’atteint même pas +1% sur 1 an.

De fait, l’inflation reste même inférieure à celle de janvier 2016 !

D’autre part, l’envol de +2,5% des prix de l’énergie est aggravé par une hausse parallèle et tout à fait inhabituelle de +7% du dollar (rallye post-Trump) et ce chiffre résulte d’un « effet rebond », partant d’une baisse de -1,1% des prix du pétrole/gaz/électricité en novembre.

Une hausse que les groupes industriels semblent bien en peine de répercuter vers leurs clients puisque les prix pratiqués ressortent en hausse que de seulement +0,3 % en décembre, au plus bas depuis septembre 2015 : la faiblesse de la demande, sauf secteur automobile en hausse de +5,8% en 2016, les contraint à sacrifier leurs marges.

Dans le même temps, le prix des « services » (secteur tertiaire au sens large) affiche +1,2% sur 1 an: c’est plus significatif, mais nous sommes encore loin de la surchauffe !

Et pour finir de relativiser la « poussée de fièvre » du mois de décembre dans l’eurozone, sachez que l’Italie a connu de la désinflation (ou déflation pour être plus crus) sur l’ensemble de l’année 2016.

En revanche, les consommateurs/épargnants allemands ont de quoi se faire des cheveux blancs avec une hausse du coût de la vie de +1,7 % quand la rémunération de leur épargne longue (taux 8 à 10 ans) s’affiche à… 0,17% en moyenne.

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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